Maurice Zundel

Entre le 31 aoüt et le 4 septembre 1935, Maurice Zundel donne une retraite à Bourdigny, près de Genève. En voici un  extrait:

 

" Toutes les nations m'appelleront bienheureuse " (Magnificat). Quelle audace, cette petite fille, cette petite Sainte Vierge ! Marie, c'est la femme Esprit, la femme qui se suffit parce qu'elle est esprit, parce qu'elle aime Dieu, parce que c'est la femme par qui va se réaliser dans le monde entier le Règne de Dieu. C'est elle qui a délivré la femme de cette sujétion : la femme n'est pas pour l'homme, mais pour Dieu. C'est Dieu qui est sa fin. Elle est entièrement identique à l'homme sur ce plan absolu.

Les femmes acceptent trop facilement cet esclavage. Elles arrivent même à accepter cette mentalité mineure et à regarder la femme avec ce même dédain.

L'enfant de la Vierge est l'enfant de l'Esprit de pauvreté. Son élan maternel ne va pas vers un enfant qui sera sa chose, mais c'est un pur don, l'ostensoir de Jésus pour nous le donner. La fécondité de la Vierge est intimement liée à son vœu de virginité. Tout le dogme de l'Eglise se rapportant à la Sainte Vierge est christocentrique. C'est une affirma­tion de Jésus dans Marie. On s'imagine exactement le contraire lorsqu'on regarde l’Eglise du dehors.

L'Immaculée Conception signifie que Marie est à Jésus dès le premier instant de sa vie. L'Assomption, que la chair même de Marie est à Jésus. C'est toujours lui en elle, et à quel prix ! Alors ils ne compri­rent pas ce qu'il leur disait (recouvrement de Jésus). Toutes ces ténèbres ont dû aussi envelopper le cœur de la Vierge. Si Marie était la mère de Jésus, elle ne le savait pas, elle le croyait. Il y avait place pour cette agonie et ces ténèbres.

                Lorsque le Christ meurt, au pied de la Croix, qu'a dû être cette agonie ? Nous avons tous des dettes à l'égard de la Vierge, vous surtout, parce que vous êtes femmes et que vous devez l'aimer, nous les hommes, parce que nous avons découvert, en elle, la femme intacte. Elle ne nous a pas aimés d'un amour anonyme, parce que cela n'existe pas dans le plan de Dieu. Il n’y a pas d'amour anonyme. Elle a été pour chacun la mère unique. Elle a pour nous une tendresse infinie. Avec quelle confiance nous pouvons l'aborder !

En Marie, c'est Jésus que nous aimons, au-delà de cette tendresse illimitée, plus qu'elle-même, nous aimons en elle le resplendissement de Jésus. Comment ne pas reconnaître la maternité de Dieu dans celle qui est la mère de Dieu et qui nous est donnée comme le chemin de lumière et de tendresse qui conduit à lui ? Il est notre Mère, il n'est pas autre chose.

Nous ne savons pas ce qu'il nous sera demandé. Dieu ne peut pas être autre chose que l'Amour. " Regarde-moi : y trouves-tu quelque chose qui ne soit pas Amour ? " (Notre Seigneur à Angèle de Foligno). Si Dieu est une mère, cela ne peut que finir dans la beauté. Nous voulons demeurer tout près du cœur de la Vierge pour demeurer tout près du cœur de Jésus. " Alors, qui peut se flatter de ne pas se sauver ? " (Péguy)

Notre Dame de l’Impossible, priez pour nous!

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