Prière de Saint Augustin, extraite des Confessions (aux environs de 397) Livre X/XXVII

O mon Dieu,
tu as ébloui mon faible regard de ton puissant rayonnement,
et je frissonnais d'amour et d'effroi.
J'ai découvert combien loin j'étais de toi
dans le pays de l'exil et de la dissemblance.

Et j'entendais ta voix :
Je suis la nourriture des forts, grandis et tu me mangeras.
Tu ne me changeras pas en toi, c'est toi qui seras changé en moi.

Mais où trouver force pour vivre un avec toi ?
J'ai embrassé le médiateur entre Dieu et les hommes,
Jésus-Christ au-dessus de tout Dieu éternellement béni.

Tous, il appelle !
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »
Incapable, ma chair, de s'unir à toi, tu t'es donc fait notre chair et notre
nourriture.

Bien tard je t'ai aimée,
Beauté tout ancienne et toute nouvelle,
Tu étais au dedans de moi et je te cherchais au dehors.
Tu étais avec moi, mais moi, je n'étais pas avec toi.
Tu as répandu ton parfum je l'ai respiré et soupire maintenant vers toi.
Sagesse, je t'ai goûtée.
Faim et soif de toi me consument !
Tu m'as touché, j'ai brûlé, envahi par la paix qui est en toi.