Témoignage de Jules Bulliard, aumônier de cliniques, qui a effectué de précieux enregistrements de l’abbé Zundel, et les a ensuite confiés à son ami le père Bernard de Boissière, pour leur diffusion.

L'apport de la pensée de Maurice Zundel sur mon esprit et sur mon ministère fut comme un printemps théologique et spirituel, comme une bouffée d'air frais, une respiration hors du moule dogmatique dans lequel nous avions été quelque peu enfermés, au temps de notre formation. Ce printemps théologique a inauguré, en moi qui ai fréquenté ce maître, qui l'ai écouté, lu et médité, un véritable retournement de perspective, une libération.

La conception et la pratique du ministère pastoral sont, à l'évidence, fonction directe de l'image que l'on se fait de Dieu et de l'homme – ce couple indissoluble, dans la pensée de Jésus – que, trop souvent, nos discours et même nos liturgies séparent pour mieux, pense-t-on, glorifier Dieu.

Maurice Zundel, 1926, Rome.

Dieu et l'homme furent justement les deux thèmes majeurs de la réflexion et du message de M. Zundel. « Pour la plupart des hommes, affirmait-il, Dieu est plus une interrogation qu'une réponse. » Parmi les chrétiens, beaucoup en sont restés à la conception du Dieu de la Bible, du Dieu d'Israël. Ne serait-ce pas qu'ils aient été plus sacramentalisés qu'évangélisés ? Face à ce constat d'échec tragique, M. Zundel a livré un véritable combat pour nous délivrer des fausses images de Dieu, que les Eglises chrétiennes occidentales n'ont guère tenté d'éradiquer des esprits. Leur « pédagogie » ne fut d'ailleurs pas toujours innocente. Elle visait souvent à culpabiliser les fidèles pour mieux dominer leur conscience. Avant l'incarnation du Fils de Dieu, en Israël comme dans toutes les civilisations païennes, on ne savait pas envisager la grandeur autrement qu'en forme de domination. Les hommes se sont donc construit un Dieu à l'image de la pyramide. Tel un pharaon, un maître absolu, un potentat, Il surplombe tout, Il nous écrase de sa majesté et de sa puissance. Il règne sur une poussière innombrable de sujets, sans dialogue ni relation avec les hommes, sinon celle des rapports de dominant à dominés.

A la venue de Jésus, nous avons changé de religion, parce que nous avons changé de Dieu.

Inlassablement, Maurice Zundel nous a montré qu'à la venue de Jésus, nous avons changé de religion, parce que nous avons changé de Dieu. Il a eu ce mot audacieux : « Jésus a évangélisé Dieu. » En effet, Jésus nous a fait passer du Dieu tout-puissant, riche de tous les biens, qui se suffit à Lui- même, à qui rien ne résiste et que rien ne peut troubler dans sa félicité, au Dieu pauvre, qu'il révèle en Sa personne : un Dieu qui n'a rien, qui ne peut rien posséder ni prendre, un Dieu qui n'est plus le rival de l'homme, qui n'est jamais une menace, un interdit, une limite, un rouleau compresseur, mais un Dieu partenaire et complice de l'homme ; un Dieu fragile, vulnérable et désarmé que nous pouvons blesser ; un Dieu qui est à notre merci, qui s'est remis entre nos mains, nous est confié et nous demande de le protéger, de le défendre et de le sauver du mal en nous-mêmes et dans le cœur des autres ; un Dieu, enfin, dont la grandeur infinie est un amour total et sans frontières, une générosité où seuls comptent le don et l'oubli de soi, qui attend éternellement notre consentement à L'accueillir et à vivre en Lui, qui est la Vie de notre vie.

Une nouveauté radicale, là encore. Jésus nous fait passer du Dieu extérieur à l'univers et à l'humanité, au Dieu intérieur au cœur de l'homme, respectueux de sa liberté et de l'inviolabilité de sa conscience pour engager avec lui un dialogue d'amitié. M. Zundel n'aura de cesse d'évoquer la rencontre de Jésus et de la Samaritaine, où cette révélation majeure nous est donnée. Ou encore l'expérience mystique de saint Augustin, qui découvre qu'il est lui-même, dans toutes ses dimensions, à l'instant où il rencontre, aux tréfonds de son intimité, le Dieu qui était toujours là, alors que lui était dehors.

J'en tire deux conclusions. Le premier acte du culte de tout homme est de prendre conscience de la Présence intérieure à lui-même, dans laquelle s'enracinent sa dignité et sa valeur. Il me paraît aussi évident, qu'avant de déverser, à longueur de temps, des masses de lois, d'obligations et d'interdits sur les gens, pour les ramener au sein de l'Eglise et les inciter à mener une conduite morale plus haute, il est de nécessité urgente de leur révéler le vrai visage de Dieu qui les aime, les attend et ne les abandonnera jamais.

Avec l'abbé Zundel, on est aux antipodes du « Dieu-objet » de certains discours théologiques, du « Dieu que l'on met sur la table », qu'on soupèse et analyse, oubliant que le Dieu de Jésus, le Christ, est essentiellement une découverte à faire et une expérience à vivre amoureusement !

Le deuxième versant de la pensée de M. Zundel, c'est l'homme, sanctuaire de la Divinité qui fonde – à jamais – à un degré éminent, sa grandeur, sa dignité, son inviolabilité et son respect absolu. M. Zundel, qui a confessé qu'il croyait en Dieu parce qu'il croyait en l'homme, a dû, s'il la connaissait, faire sienne l'affirmation de Marcel Jouhandeau : « Dieu est grand, moi aussi ». Il nous demandait toujours d'aller au-devant de l'homme dans le visage même que Jésus a de lui. « Jésus, dira-t-il, a la passion de l'homme. Sa religion, c'est la religion de l'homme. »

Les pages de l'Evangile où Jésus nous révèle la vraie grandeur de l'homme, ce sont d'abord celles où Il s'identifie à l'homme qui est dans le besoin et qui souffre : celui qui a faim, c'est Moi; celui qui a soif, c'est Moi; celui qui est nu, c'est Moi; celui qui est en prison ou malade, c'est Moi (cf. Mt 25). Puis, c'est l'agenouillement de Jésus, lavant les pieds de ses disciples, geste qu'Il nous demande de réitérer nous- mêmes. C'est enfin la croix du calvaire qui est, dit M. Zundel, la mesure de la grandeur de l'homme. Aux yeux de Dieu, toute vie humaine, même abîmée par l'âge, les infirmités ou la maladie, a valeur infinie. Parce que Dieu, en son Fils crucifié, a pesé toute vie humaine au poids de sa propre vie divine. L'abbé Zundel aura cette affirmation étonnante et magnifique : « Dans l'émerveillement et l'action de grâce, je crois, mon Dieu, à l'équation sanglante du calvaire où, par le don total de ton Fils, tout homme devient l'égal de Dieu. »

L'homme est sensible au regard de Jésus sur l'homme, cette nouveauté de l'Evangile qui est la glorification de la vie. « La vie, Jésus l'a prise, Il l'a glorifiée, Il l'a transfigurée et lui a donné une dimension infinie, afin que nous puissions la vivre avec un émerveillement continuel et une passion infinie. »

Ainsi, « Jésus a glorifié le travaille plus humble : Il est un ouvrier qui a passé la plus grande partie de sa vie dans ces travaux communs, propres aux hommes les plus humbles, estimant qu'Il n'était pas indigne de Sa personne – à la fois pour glorifier Dieu et pour sauver les hommes – de mettre simplement la main à la pâte, de gagner son pain comme tout le monde et de consacrer la presque totalité de son existence au travail manuel, à ce labeur matériel qui donne au monde le visage de l'homme et qui permet à l'homme de s'incarner, en quelque façon, dans la matière. »

« C'est encore de la même manière que Jésus a pris l'amour humain et qu'Il en a fait un sacrement. Cet amour humain, si souvent instinctif et passionnel, cet amour fragile et vulnérable, Jésus n'a pas jugé, pour autant, qu'il fût méprisable et condamnable. Au contraire, en consacrant l'amour humain, Il a voulu révéler à l'homme et à la femme toute la splendeur du lien qu'ils sont appelés à contracter ; Il a voulu diviniser leurs échanges et leurs tendresses. En glorifiant l'amour humain, Il en a fait le signe qui représente et qui réalise le mystère de l'a1liance de Dieu avec l'humanité, le mystère du mariage du Christ et de son Eglise. »

Dans la religion de Jésus, il n'y a pas de possibilité pour un monde profane, parce que l'homme est le sanctuaire de Dieu, l'univers entier son royaume et parce que, partout, nous pouvons être avec le Seigneur.

M. Zundel aimait à citer cette réflexion d'un moine : « j'ai autant de dévotion à manger ma soupe qu'à célébrer la messe. » Il voulait dire qu'au réfectoire de sa communauté comme à l'autel, il se sentait et se trouvait à la table du Seigneur. « Ce mot est admirable, parce qu'il nous fait découvrir le côté sacré de la vie la plus humble, la plus commune, la plus quotidienne, la plus banale et le côté sacré de tous les gestes de l'existence. » Dans la religion de Jésus, il n'y a pas de possibilité pour un monde profane, parce que l'homme est le sanctuaire de Dieu, l'univers entier son royaume et parce que, partout, nous pouvons être avec le Seigneur. Dans la mesure où tout acte humain, tout geste, toute démarche sont revêtus et habités par cette Présence et la communiquent généreusement aux autres, toute la vie ordinaire est religieuse, toutes les activités humaines sont une liturgie.

L'abbé Zundel répétait sans trêve : « Dieu, on ne Le connaît pas, mais on Le reconnaît toujours. » Il signifiait que l'on reconnaît toujours Dieu en ceux et celles qui L'accueillent en leur intimité, qui en vivent, en témoignent et Le reflètent, parce que justement ils sont devenus transparents à Sa présence. Souvent, il donnait comme pénitence sacramentelle ou faisait répéter aux enfants, dans ses homélies, cette courte, mais essentielle prière : « Seigneur, rends-moi transparent à Ta présence et apprends-moi à être le sourire de Ta bonté. »

Il affirmait volontiers, par voie de conséquence, que la première démarche, auprès de ceux qui cherchent, qui doutent ou qui nous interrogent, n'est pas de leur donner la Bible ou l'Evangile, mais de les faire vivre auprès de quelqu'un, d'un groupe ou d'une communauté qui incarne véritablement l'esprit de l'Evangile. Alors seulement, en lisant la Parole inspirée, ils en vérifieront la vérité, parce qu'elle s'enracine concrètement dans une vie.

« Dieu, on ne Le connaît pas, mais on Le reconnaît toujours. » Cette vérité capitale, qui est la clef de tout apostolat, le seul moyen d'évangélisation acceptable et accepté, me semble souvent oubliée des technocrates de la mission, qui se fatiguent et nous fatiguent dans l'élaboration de plans successifs d'action et de nouvelles planifications ! Cette conception de l'apostolat, M. Zundel l'a maintes fois illustrée, en des pages émouvantes et éclairantes.

Voici un cas limite : celui d'une femme condamnée au silence absolu en matière d'éducation chrétienne de son fils, qui semble apparemment n'avoir rien transmis, mais qui, en réalité, dépossédée d'elle-même et habitée par Dieu, a livré l'essentiel.

« J'ai eu le privilège de rencontrer, dans mon enfance, une femme, morte octogénaire. Elle n'avait jamais connu ses parents qui étaient décédés peu après sa naissance. Elevée dans un orphelinat, où elle n'avait jamais reçu le moindre témoignage d'affection, elle atteignit l'âge du travail avec un cœur affamé d’amour. Elle crut l'avoir trouvé chez un camarade d'atelier qu'elle épousa. Elle ne tarda pas à découvrir qu'il était un ivrogne et elle subit la brutalité effrénée de ses colères. Tous ses rêves de bonheur s'écroulaient sous les coups qui blessaient son âme plus que son corps. C'est alors qu'elle rencontra Dieu, comme une présence cachée en elle, où elle puisa le courage de vivre. Son mari comprit que ce refuge intérieur la soustrayait, d'une certaine manière, à son pouvoir. Il résolut de se venger et, ne pouvant lui arracher sa foi, il lui interdit de la transmettre à l'enfant qu'elle mit au monde dans ce triste foyer. Il se réserva de l'élever selon ses principes, en contrecarrant jalousement l'influence de sa mère, et il en fit un être instable, que l'absence de discipline intérieure livra à tous les désordres.

Sa mère le gardait dans sa prière et ne pouvait l'atteindre autrement, car il ne la voyait guère que pour lui demander de payer ses dettes et de renouveler sa garde-robe. A trente-cinq ans, il avait brûlé sa vie et il lui revint, en proie à une tuberculose jugée si évidemment inguérissable qu'aucun sanatorium ne voulut l'accueillir. « Il a raté sa vie, me dit-elle alors, je ne voudrais pas qu'il rate sa mort. »

Et sa prière se fit plus insistante que jamais, pour lui obtenir cet éclair de grâce qui rendrait Dieu sensible à son cœur : cependant, elle ne laissa rien paraître de ce désir qu’il fit de sa mort un acte de vie. Elle sentait que toute intrusion dans son intimité ne pourrait que l'induire à un refus peut-être définitif, et qu'il fallait, comme le Seigneur au lavement des pieds, s'agenouiller devant le sanctuaire qu'il pouvait encore devenir.

« Je n'ai jamais eu de religion, mais maintenant je veux avoir la religion de ma mère » Ce fut ainsi qu'il livra, d'un coup, le fruit des réflexions dont il avait gardé le secret, au cours d'une conversation avec un ami auquel il confiait les déboires de sa vie. J'ai assisté à sa première communion quelques semaines avant la Toussaint. Il mourut le jour de cette fête, comme sa mère l'avait souhaité. Mais, dans l'inter valle, il avait pris soin de lui dire : « Maman, si tu m'en avais parlé, jamais je ne l'aurais fait. C'est parce que tu ne m'as rien dit qu'à travers toi j'ai tout découvert. »

Je n'ai jamais mieux compris la puissance d'une présence humaine, transparente à Dieu, que dans cette conversation d'un fils, dont le visage de sa mère a été son seul évangile » (Quel homme et quel Dieu, Fayard, Paris 1976 – Dernière édition : Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse) - Collection Spiritualité. Parution : avril 2008 - Préface du R.P. Carré.)

Dans la même perspective, l'abbé Zundel nous engageait à porter, avec le Christ, d'une façon continue, le poids de l'humanité à sauver. C'est-à-dire à prier, à participer à l'eucharistie, à communier non pas pour soi et pour son confort spirituel, mais « pour tous les hommes, avec tous les hommes et au nom de tous les hommes. » Il lui était inconcevable de séparer les actes religieux, comme la prière, les sacrements et la messe, de l'ouverture au monde, donc de l'esprit missionnaire. « Nous ne pouvons aller à Jésus qu'ensemble, disait-il. Nous ne pouvons L'atteindre qu'ensemble, nous ne pouvons entrer en contact avec la Personne de Jésus qu'en faisant de chacun de nous une présence universelle, qu'en assumant toute l'humanité et même toute la création. Il n’y a pas de liturgie privée, il n’y a pas de communion privée. Cela n'a aucun sens. L'Evangile est une mission : l’eucharistie, la prière, le jeûne, les pèlerinages, concrétisent cette mission. Nous sommes donc toujours et partout envoyés, à tous, à toute créature, parce que chargés du Seigneur dont le cœur est illimité et que nous ne pouvons atteindre que si nous nous faisons universels, à la mesure du Sien. »

S'il y a un retournement radical de perspective à opérer, c'est bien celui de nos attitudes et de nos réactions devant la souffrance humaine. Combien de chrétiens, d'évêques même, continuent d'affirmer – obèses de certitudes – que la maladie, du moins certaines d’entre elles, comme le sida, aujourd'hui, est une punition de Dieu. Dans un manuel catholique, en avant-propos des prières auprès des malades, on peut lire : « Nous ne connaissons jamais mieux les desseins de Dieu à notre égard que lorsque nous sommes malades... Nous devons accepter la maladie avec humilité comme un décret de Dieu, intimement persuadés qu'il agit pour le mieux. » Dans un livre de prières, édité par une Eglise-sœur, on retrouve ces phrases insupportables : « Ta main, Seigneur, s'est appesantie sur moi... Tu permets que je souffre... Aide-moi à voir dans mon état tes desseins paternels... Père céleste, rien ne peut m'arriver qui ne soit voulu de toi... Tu me châties, mais j'ai confiance, car tu ne châties que ceux que tu aimes. »

Une telle conception, à l'évidence, met gravement en jeu l'image évangélique du Dieu de Jésus, puisqu'elle donnerait à penser que Dieu est responsable du mal qui nous advient, donc coupable. Ici encore, M. Zundel a pris le contre-pied de telles assertions. Il l'a dit, un jour, en des termes violents, dans une conférence à Londres : « j'enrage quand on dit : « Dieu permet le mal. » Mais non ! Dieu ne permet jamais le mal ; Il en souffre, Il en meurt, Il en est le premier frappé et, s'il y a un mal, c'est parce que Dieu en est d'abord la victime. »

Zundel ne cesse de nous dire la compassion de Dieu et sa totale solidarité avec celui qui vit, qui souffre, qui agonise et qui meurt.

En des termes incomparables, M. Zundel ne cesse de nous dire la compassion de Dieu et sa totale solidarité avec celui qui vit, qui souffre, qui agonise et qui meurt. Avec un acharnement, qui n'a de justification que son amour de Dieu et de l'homme, il affirme que : « Dieu, en son Fils crucifié, assume toute la détresse humaine ; que la croix du Christ, c'est justement le cri poussé à la face du monde, pour dire aux hommes de tous les temps, que Dieu a partie liée avec tout homme, qu'Il est flagellé dans nos tortures, qu’Il saigne dans nos blessures, qu'Il transpire dans nos sueurs, qu'Il gémit dans nos solitudes, qu'Il pleure dans nos larmes. »

« L'amour de Dieu pour nous, ajoute-t-il, est semblable à l'amour d'une mère. C'est un amour d'identification qui prend la couleur de tous les états de son fils dévoyé. »

L'abbé Zundel, ce maître en spiritualité, demande à ceux qui accompagnent les malades en fin de vie, de les aider à faire de leur mort un acte de vie, c'est-à-dire, à l'exemple de Jésus, un acte de liberté, d'offrande et d'amour ; de les aider à entrer vivants dans la mort – la véritable question n'étant pas de savoir si nous serons vivants après la mort, mais avant la mort.

Un point sur lequel M. Zundel attirait l'attention, c'est le respect absolu de la conscience du malade ou du mourant, respect qui interdit toute intrusion forcée dans une âme, toute menace et tout harcèlement. La meilleure intention de faire le bien ne le justifiera jamais. Respecter l'inviolabilité d'une conscience exige que nous nous approchions de tout homme, de tout malade et de tout mourant avec une délicatesse infinie. Celui que nous accompagnons dans son ultime étape est unique : il a un passé, une histoire et une mémoire ; il a vécu mille expériences positives ou négatives qui l'ont marqué profondément, ont façonné son âme, son esprit et sa conception de la vie, ont établi son échelle de valeurs et déterminé la nature de ses rapports avec Dieu et avec l'Eglise. « Cela aussi est à respecter avec compréhension et indulgence, tant il est probable que sa liberté, souvent, n'a guère eu l'occasion de s'exercer pleinement. A l'instar de la plupart des êtres, il a peut-être subi son existence plus qu'il ne l’a prise en charge et ne l’a orientée.»

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication. Les contributions doivent porter sur le sujet traité, respecter les lois et règlements en vigueurs, et permettre un échange constructif et courtois. A cause des robots qui inondent de commentaires publicitaires, nous devons imposer la saisie d'un code de sécurité.

Code de sécurité
Rafraîchir