Il y a un petit peu plus d'un an, les éditions du Carmel ont publié la traduction française due à Alain Sainte-Marie du livre de Martin Laird : « Voyage au pays du silence », sous titré «  La pratique de la contemplation ».   L’auteur est prêtre de l’ordre de Saint Augustin et enseigne la théologie. Dans la quatrième de couverture Rowan Williams, archevêque de Canterbury écrit : « Ce livre n'est pas comme les autres. De nombreux livres sur la contemplation sont assez rebattus, qu'il soit verbeux ou inutilement lisses et idéalistes. Mais celui-ci est incisif, profond, sans clichés, sans psychologisme et sans raccourci. Il est d’une honnêteté vivifiante et d'une absolue clarté de vue. Un trésor rare. »

Pour vous donner envie de le lire nous avons choisi de mettre en ligne l’épilogue qui sous forme d’un récit allégorique retrace un cheminement spirituel ou plus d'un ou d'une se retrouveront. Il leur suffira d’opérer quelques transpositions avec leurs expériences personnelles. Bien sûr le questionnement sur le « Qui suis-je ? » rappellera à certains des thèmes tout à fait identiques que l'on retrouve chez un des plus grands sages hindous du XXe siècle : « Ramana Maharshi ». Mais là où s'arrête la démarche du Maharshi commence celle du chrétien qui après s'être efforcé de répondre à la question « Qui suis-je « doit répondre à une autre question plus essentielle encore : « Qui est Jésus-Christ ? »

 

 

Épilogue : « Qui suis-je ? » : Histoire d'un itinéraire monastique.

Abba Joseph interrogea abba Poemen en disant : « Dis-moi comment devenir moine. » Le vieillard dit : « Si tu veux trouver le repos ici-bas et dans le monde à venir, dis en toute occasion : Moi, qui suis-je ? Et ne juge personne. » (Apophtegmes des Peres du désert.)

 

                                                                                                                                                                              Première partie

Il était une fois jeune homme qui n'avait pas la plus petite idée de ce qu'il voulait faire de sa vie. Un jour, il se dit en lui-même « Je sais ! Je vais entrer au monastère. Mais pas dans n'importe quel monastère. Je veux entrer dans un vrai monastère ». C'est ainsi qu'il se mit en route, bien décidé à trouver un vrai monastère. Il arriva devant le premier monastère en vue et frappa à la porte. Le portier ouvrit et dit au jeune homme :

- Bonjour, que puis-je pour vous ?

Le jeune homme dit :

-j'aimerais entrer au monastère, mais ce doit être un vrai monastère. Est-ce là un vrai monastère ?

Le portier se dressa au-dessus du visiteur et planta surs lui ses yeux sombres. Il dit au jeune homme :

- je ne doute pas que vous soyez plus que bienvenu ici, mais je crains de devoir vous dire que nous ne nous sommes pas un vrai monastère du tout. Nous sommes un faux monastère, voyez-vous ? Nous faisons seulement semblant. Aussi, si vous ambitionnez de trouver un vrai monastère, je crains qu'il ne vous faille continuer sur cette route encore un peu, jusqu'à ce que vous arriviez au vrai monastère. Vous y serez avant longtemps. Allez, au revoir maintenant !

Le jeune homme était ravi. Il fit ses adieux au portier et se mit en route pour trouver le vrai monastère. Il arriva bientôt devant un grand panneau indiquant la direction d’une petite route qui s'enfonçait dans les bois .Le panneau disait : « Vrai Monastère 100 m ». Se frottant les mains d’excitation, il suivit la petite route qui s'enfonçait dans les bois.

Il frappa à la porte et le portier du monastère répondit bientôt.

-Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

Le jeune homme en resta bouche bée d'étonnement. Il était sûr que c'était exactement le même moine qui était portier au faux monastère d’à côté .Le jeune homme dit :

-j'aimerais entrer dans un vrai monastère.

Le portier joignit les mains et fit :

-Bien, vous avez frappé à la bonne porte. Entrez donc, que je vous conduise au noviciat. Je suis sûr que l'on peut faire quelque chose pour vous.

Chemin faisant, le portier expliqua au jeune homme qu'il avait bien de la chance de ne pas s'être laissé séduire par le faux monastère d’à côté.

Le jeune homme s’adapta au noviciat relativement facilement. Il découvrit qu'il appréciait tous ses condisciples et quasiment tous les moines qu'il rencontrait. Il ne tarda pas à avoir la certitude de vouloir rester là pour le restant de ses jours. Ainsi, il alla voir le maître des novices et lui dit :

-je crois que je suis prêt à faire ma profession.

Le maître des novices répondit :

-Bien, l’abbé devra vous rencontrer pour en discuter.

Le moment venu, rendez vous fut pris avec l’abbé et le jeune homme s'entretient avec lui au sujet de sa vocation. L'abbé lui demanda pourquoi il se sentait prêt à faire sa profession. Le jeune homme dit :

-Eh bien je me suis beaucoup attaché à cet endroit. Tout le monde est gentil avec moi et j’aime bien les moines.

L’abbé dit :

-Parfait, je suis content d’entendre cela, et je dois dire que nous sommes très heureux de vous avoir parmi nous et nous espérons que vous resterez. Mais, malgré tout, je pense que vous devriez retourner au noviciat encore un peu. Cela ne pourra pas vous faire de mal.

Le jeune homme se retira dans un grand désarroi. Pourquoi l’abbé ne voulait-il pas qu'il fasse sa profession ? Avait–il dit quelque chose de mal ? Se faisait-il des illusions sur sa vocation ? Très déçu, le jeune homme retourna à sa vie de novice. Le refus discret de l'abbé s’avéra une source abondante d’enseignements sur ses propres fautes et défaillances, et sur sa présomption. Il commença à gagner en connaissance de soi et à s'appliquer avec un grand dévouement à l’étude de la longue histoire du monastère, de ses traditions et de ses divers usages et domina bientôt le sujet.

Un an et quelques mois plus tard, le jeune homme eut la certitude d'être capable, à présent, de répondre correctement à n'importe quelle question de l’abbé, et il avait conscience, en outre, que celui-ci avait été sage d’ajourner provisoirement sa profession. C'est ainsi que le jeune homme dit au maître des novices qu’il se sentait prêt maintenant et qu'il aimerait si possible voir l’abbé. Le maître des novices prit des dispositions et il fut conduit sans tarder chez l'abbé.

L'abbé dit :

-Je me réjouis que vous vouliez toujours faire votre profession et vivre votre vie monastique parmi nous. Mais dites-moi pourquoi vous sentez-vous prêt ?

Le jeune homme répondit :

-j'ai la conviction que Dieu me le demande. Je ne prétends pas comprendre. Je sais seulement que je dois le faire. En outre, j'ai étudié notre tradition et notre charisme. Je m’y identifie très profondément et pense qu’ils confirment le sentiment d'appel intérieur que je ressens.

L'abbé l’écoutait, manifestement avec beaucoup d'attention et de sérieux. Il dit au jeune homme :

-Ce que vous dites est très édifiant, en effet, et je me sens moi-même encouragé dans la voie rien qu’en vous entendant parler, comme vous le faites, de votre conviction d'être aimé de Dieu et de votre appel. Mais je pense que vous devriez retourner au noviciat jusqu'à ce que vous soyez réellement prêt.

L'homme était dans tous ses états quand il sortit du bureau de l'abbé. Il était, en fait, complètement anéanti. Il se demandait ce que l'abbé avait bien voulu entendre. Il savait qu'il était plus à sa place au monastère que la moitié de ces autres misérables moines. Toutefois, Il retourna au noviciat .Comme il avait déjà terminé sa formation initiale, il commença à aider au jardin en taillant la vigne et en éclaircissant les carottes, puis à travailler à l'infirmerie.

Il s'employa ainsi pendant ce qui lui sembla des années. Un jour, l’abbé demanda au maitre des novices:

-Qu'en est-il de l'homme qui était si résolu à faire sa profession dans notre monastère, il n'est plus intéressé ?

-Il n'en parle plus beaucoup, dit le maître des novices

-Est-il malheureux ?, s’enquit l’abbé

-Non, il semble assez satisfait, répondit le maître des novices, il ne dit pas grand-chose à qui que ce soit. Il s'occupe de ses tâches au jardin, il soulage les vieux moines dans l'infirmerie et encourage les nouveaux au noviciat.

-Amenez le moi dit l’abbé.

On fit venir l’homme chez l’abbé qui se mit à le questionner :

-Je me demandais si vous étiez toujours intéressé pour faire votre profession. Vous ne semblez pas y tenir autant qu'autrefois lorsque vous vous livriez à une étude si approfondie de notre tradition .Avez-vous entièrement écarté cette idée ?

L'homme regarda l'abbé. Les rides qui commençaient à poindre autour de ses yeux trahissaient le fait que cela faisait maintenant un certain nombre d'années qu'il était au monastère. Mais son visage avait la fraîcheur et la paix de ceux à qui la pauvreté a enseigné qu'ils n'ont rien à défendre. L’homme dit à l’abbé :

-Jésus-Christ est mon monastère.

L’abbé, se redressa sur sa chaise, se pencha en avant. il contempla l'homme comme s’il était à la recherche de quelque chose, l’examina comme s'il contemplait le cœur du mystère. Son regard se fixa sur lui, le scrutant, évaluant chaque tournant de sa vie négocié, chaque décision prise, afin de savoir si cet homme savait réellement ce qu'il venait de dire. L’abbé se leva lentement, se dressa devant lui et dit :

-Vous avez bien compris notre tradition. Puis-je avoir votre bénédiction ?

 

 

                                                                                                                                               Deuxième partie

Après que sa deuxième demande de profession ait été refusée et que l’abbé l’eut renvoyé au noviciat jusqu'à ce qu'il soit véritablement prêt, l'homme s'était retrouvé dans un complet désespoir. Ce dernier rejet avait déchaîné en lui un déluge d'anxiété bouillonnante. On le voyait travailler tranquillement ici et là, alors qu'en réalité, il ne faisait que sauver les apparences; derrière sa bure de novice, il était assailli par des accès de confusion semblables au martèlement des vagues. Une fois pris dans l'agitation de la confusion intérieure, sauver les apparences était tout ce qu'il pouvait faire pour parvenir à mettre un pied devant l'autre et, d’une manière ou d'une autre, arriver tant bien que mal à tenir. Quand les accès de confusion s’espaçaient, il se contentait d'essayer de reprendre haleine et d'espérer, contre tout espoir, qu'il venait de vivre le dernier raz-de-marée de peur et de panique. Mais ce n'était jamais le dernier .Les semaines devinrent des mois. Il prit conscience du fait qu'il avait besoin d’aide, mais vers qui pouvait-il se tourner ? Le maître des novices était allergique à la vie et son confesseur habituel était complètement éteint. Sur les cent cinquante moines que comptait le monastère, lequel d'entre eux pouvait-il l’aider ? Il se souvint finalement d’un certain frère Alypius.

Frère Alypius était du genre non-conformiste, mais il était considéré comme un sage. Il faisait office de cordonnier et vivait plus ou moins dans son petit atelier tout au fond du jardin. Il adressait rarement la parole à qui que ce soit. On disait qu’il savait lire dans le cœur des gens et ainsi chacun se tenait à l'écart. Le jeune homme se dit en lui-même : « il faut que j'aille le voir. » Le lendemain, durant la prière, il déposa un mot sur le siège que le Frère Alypius occupait à la chapelle. « Serait-il possible de vous entretenir de quelque chose ? » Dès le début de l'après-midi, il avait sa réponse : « Viens me voir ce soir après souper. » C'est ainsi qu'après souper, il se glissa au fond du jardin pour aller s'entretenir avec le Frère Alypius.

Ramassé sur un tabouret au-dessus de sa table, Frère Alypius était occupé à réparer les chaussures d'un moine. Il regarda par-dessus ses lunettes et dit:

-Assied-toi et dis-moi ce qui ne va pas.

Le jeune homme parla durant ce qui sembla une éternité. Il ne cacha rien de sa vie, de sa recherche d’un vrai monastère, du rejet de sa profession. Pendant tout ce temps, frère Alypius poursuivait son travail sur la même chaussure. Quand le jeune homme eut terminé, il dit :

-j'ai une seule et unique question pour toi : « Qui es-tu ? »

-Je viens de te le dire, fit le jeune homme.

-Non, tu m’as parlé des vêtements que tu portes. Tu m’as dit ton nom, d’où tu viens, ce que tu as fait, ce que tu as étudié.Ton problème c'est que tu ne sais pas qui tu es. Moi je vais te le dire. Tu es un rayon de la propre lumière de Dieu.

« Ça paraît un peu idiot », pensa l'homme mais il était intrigué, alors dit :

-Que veux-tu dire ?

-Tu dis que tu cherches Dieu, mais un rayon de lumière ne cherche pas le soleil : il vient du soleil. Tu es un sarment sur la vigne de Dieu. Un sarment ne cherche pas la vigne, il fait déjà parti de la vigne. Une vague ne cherche pas l’océan, elle est déjà remplie de l'océan. Parce que tu ne sais pas que : ce que tu es, EST UN avec Dieu, tu crois que toutes ces étiquettes te définissent : je suis pêcheur, je suis un Saint, je suis un pauvre bougre, je suis un lâche et non un homme, je suis moine, je suis infirmier. Tout cela n'est qu’étiquettes, apparences. Elles ont leur utilité, mais elles ne sont pas toi. Dans la mesure où tu adhères à ces étiquettes, tu adhères à un mensonge, et tu ajoutes à ton angoisse. C'est ce que la plupart d'entre nous font quasiment à longueur de vie. Dans le monde séculier, on appelle cela une « carrière ».Au monastère nous l’appelons une vocation.

Avant de savoir par expérience ce qu'a voulu dire le psalmiste quand il a écrit : « Arrêtez, connaissez que moi je suis Dieu », tu dois d'abord apprendre à être en paix et savoir qui tu es. Le reste suivra.

Puis frère Alypius dit :

- Parle-moi de ta prière.

-Eh bien, je ne manque jamais les prières communes, répondit le jeune homme.

-Je n'ai pas dit ta récitation des prières, j'ai dit la prière.

-Tu veux parler de la prière silencieuse ?

-Je t'écoute…

-Je n'arrive pas à faire silence, dit le jeune homme.

Mais tu es déjà silencieux. J'imagine quel tourbillon de bruit et de confusion il y a en toi. C'est vrai de nous tous. Mais toi, tu es silence. Tu es le silence qui a conscience de la confusion. Tu es le silence qui voit la confusion. Je te le répète, tu ne sais pas qui tu es.

-Qu'est-ce alors que toute cette confusion, demanda le jeune homme ?

-Ce sont seulement les conditions météorologiques. Dis-moi que se passe-t-il quand tu t'assois en silence ?

-J'essaie de me consacrer à la contemplation et puis je me perds dans des pensées.

-Mais le silence, dit frère Alypius, le silence et la contemplation s'adressent à ce qui est plus profond que la pensée, à cette vastitude où apparaît ce qui se passe dans notre tète. Lorsque cette vastitude emplie d’un vide débordant de vie, est vue comme étant le centre de toute apparence, y compris de la confusion, alors il devient évident que la contemplation, le silence, sont toujours présents.

-Je crois que j'en ai déjà eu un aperçu, mais habituellement je suis seulement perdu dans mes pensées…, avoua le jeune homme.

-Ah oui ? Je pensais que tu étais un rayon de la propre lumière de Dieu, un sarment sur la vigne. Maintenant tu dis être quelque chose d'autre. Tu dis que tu es quelqu'un perdu dans ses pensées. Mais « je suis perdu dans mes pensées » n'est-ce pas tout simplement une autre pensée, rien qu'une autre étiquette à laquelle tu adhères ? Nous partons du principe que nous sommes nos pensées, mais regarde donc : es tu perdu dans tes pensées ?

-Non, pas en ce moment. Mais si je rentrais et essayer de m'asseoir en silence, il y aurait seulement ce bavardage intérieur. Je sais que mon esprit devrait être en paix. Je ne devrai avoir aucune pensée.

-Frère Alypius poursuivit son enseignement :

-Ces nouvelles pensées : « mon esprit devrait être en paix», « je ne devrais pas avoir de pensées», sont plus bruyantes que les pensées précédentes. Sauf que tu crois que ces pensées là sont la vérité. Croire qu’elles sont la vérité te distrait de la réalité profonde. Le silence est naturellement présent. Le silence ne peut pas ne pas être présent. Quand tu penses : « je suis perdu dans mes pensées ; mon esprit devrait être silencieux », arrête toi ne serait-ce qu'une seconde pour te demander: « Qui est perdu ? Qui n'est pas en paix ? » Fait le dès à présent.

Il y eut un silence. Le jeune homme chercha sérieusement la réponse

Frère Alypius lui demanda :

-Quand tu regardes directement à l'intérieur de la pensée, vois-tu quelqu'un qui est perdu ?

-Non, il n’y a là personne. Personne qui soit perdu. À cet instant-là, il n'y a aucun bavard, mais très vite tout change et le bavardage revient.

-C'est exact, applaudit le frère Alypius. Les pensées reviennent toujours par ce que c'est exactement ce que font les pensées. Mais si tu regardes directement la pensée ou la sensation et demande qui est le bavard, qui souffre, tu ne trouveras personne, tu ne trouveras personne qui souffre. Il y aura bavardage c’est certain. De la souffrance, sûrement. Les pensées qui vont et viennent ne regardent pas la souffrance, l'angoisse, la peur. Celles-ci sont des objets de la conscience. Je te demande de regarder la conscience elle-même. Non les objets de la conscience. Ceux-ci dominent ton attention depuis des décennies. Laisse ton attention se reposer dans la conscience, non dans les objets de la conscience. Ceux ci dominent ton esprit depuis des décennies. Laisse ton attention se reposer dans la conscience, non dans les objets de la conscience. C’est ça, je le vois sur ton visage. L'esprit devient paisible. Dis-moi ce que tu vois.

-Rien dit le jeune homme. Juste un immense rien.

-Dis-moi, quelle est la substance de tout ce bavardage et de toute cette confusion qu’il y a dans ta tête ?

Le jeune homme répondit :

-ce n'est que du vent.

-C'est exact, dit frère Alypius. Tu vois comme tout est simple ? Cela n'a rien d'exceptionnel ou d'ésotérique et ne doit rien au fait que tu viennes de psalmodier pendant neuf heures consécutives ou de jeuner durant ces trois dernières semaines. Ces stratégies monastiques sont inutiles parce que le silence est déjà accompli. Quand tu t'apercevras que tu es prisonnier des assauts de la confusion, du bavardage intérieur et du commentaire mental, demande-toi : « Qui suis-je ? » Demande : « Qui fait l'expérience de la confusion ? Qui bavarde ? Qui est le commentateur ? » Tu ne trouveras là personne qui soit occupé à vérifier si tu es englué dans tes pensées. Quand tu détournes ton attention de l'objet de la conscience vers la conscience elle-même, tu ne trouves qu'une vaste et silencieuse ouverture qui n'a jamais reçu de blessure, n'a jamais eu mal, n'a jamais été en colère, effrayée, inachevée. C'est cela que tu es.

 

 

En de nombreuses veillées, le jeune homme se dirigeait jusqu'au fond du jardin pour des entretiens avec frère Alypius. Tous tournaient autour de la question « Qui suis-je ? ». Le jeune homme grandit en sagesse et approfondit sa compréhension de ce paradoxe de l'identité. Un grand calme émanait de lui. Le jour de leur dernière rencontre, frère Alypius lui dit :

-Tu as répondu à la question «Qui suis-je ? ». J'aimerais maintenant te poser une autre question : « Qui est Jésus-Christ ? » .Le jeune homme s'abîma dans une contemplation intérieure, silencieuse. Posant les yeux sur le jeune homme, le visage de frère Alypius s'illumina : il voyait que le jeune homme avait compris. Il se carra sur sa chaise et se remit à la réparation d’une chaussure en disant au jeune homme :

- Très bien ! Allez maintenant, je crois que l'abbé a un mot à te dire.

 

 

 

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