Conférence XIX de Maurice Zundel lors de la retraite au Vatican en février 1972. L'ensemble de ces conférences, retravaillées, constituèrent le livre "Quel homme et quel Dieu" publié chez St Augustin. (*)

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Très Saint-Père, et vous mes Pères dans le Seigneur,

Ce n'est pas seulement par la parabole du bon Samaritain que Notre Seigneur nous invite à devenir une présence réelle aux autres, c'est aussi par tout le dynamisme, par tout l'organisme sacramentel. En effet, si nous étions seuls en face de Dieu, si notre religion était une religion solitaire, sans communication avec les autres, on n'aurait pas besoin de sacrements, ou bien chacun aurait les siens. Le dynamisme, ou plutôt l'organisme sacramental est institué précisément pour établir une universelle communication, pour nous rendre présents les uns aux autres : "ordinatio ad alterum". Si bien qu'on peut dire en forçant un peu les choses, on peut dire qu'on reçoit les sacrements pour les autres, avec les autres, mais aussi et d'abord pour les autres. Et ceci est capital.

Je le dis souvent aux gens : « Vous vous ennuyez à la messe, mais cela ne fait rien. Vous n'y venez pas pour vous, vous êtes venu pour les autres, pour établir la communion, pour être des témoins avec eux de présence du Seigneur au monde. » Le baptême d'un petit enfant est un événement qui concerne le monde entier : il est baptisé, c'est-à-dire qu'il est inséré dans la Communion des Saints, il devient le temple du Saint-Esprit, sa présence à elle seule est une cathédrale : il suffit qu'il existe dans cet état de baptisé, inséré dans le corps mystique du Seigneur, pour qu'il rayonne sur le monde entier. Son baptême ne le concerne pas lui seul, il concerne toute l'humanité et tout l'univers.

De même le confirmé, pour qui la confirmation est une Pentecôte : il reçoit la mission d'être un témoin, un évangile vivant. Cette confirmation, de la manière la plus explicite l'oriente vers les autres, lui confie la charge de toute l'humanité et de tout l'univers.

De même le sacrement de la réparation. Quand je me confesse, ma confession ne concerne pas seulement mon âme et sa restitution à l'état de grâce ou en état de grâce supérieure. Ma confession concerne l'humanité. Si j'étais seul, je pourrais me confesser à Dieu. Mais je ne suis pas seul : j'ai péché contre mes frères, j'ai péché contre l'humanité, j'ai péché contre toute la création et il faut que j'en reçoive l'absolution, il faut que je me déclare pécheur devant cette humanité et le prêtre qui entend ma confession représente cette humanité, comme il représente non seulement la divinité de Notre Seigneur mais son Humanité. Il va m'absoudre non seulement au nom de la Divinité, il va m'absoudre à travers la Sainte Humanité de Notre Seigneur, au nom de l'humanité. Car toute âme qui s'élève élève le monde, mais toute âme qui s'abaisse abaisse le monde. Mes infidélités, hélas, entraînent une chute de l'humanité et de toute la création, mes fautes enténèbrent l'univers.

Quand je me ferme à Dieu, quand je me ferme aux autres, quand mon amour est en diminution, je suis un, témoin récusable de la Présence de Dieu. J'ai donc à offrir à cette humanité une réparation, j'ai à me présenter devant elle en état de sincérité pour rétablir l'équilibre que j'ai rompu et pour être en équation de lumière avec elle. C'est ce qui fait d'ailleurs toute la beauté, toute l'importance du sacrement de pénitence.

Comme le sacrement des malades, l'onction des malades fera de ma maladie un événement fraternel, fera de ma mort un acte de vie qui concerne toute l'humanité. Celui qui peut faire de sa maladie un bon usage comme le demandait Pascal de faire un bon usage de sa maladie, celui qui peut faire de sa souffrance une offrande et de sa mort une dernière oblation, il fait de sa mort elle-même un apostolat, il fait de sa mort une communion qui peut éclairer toute l'humanité.

Et le mariage lui-même est sacrement précisément dans ce dessein de l'universaliser, d'empêcher qu'il soit une fermeture à Dieu car, si deux êtres arrivent à se donner à fond l'un à l'autre, s'ils arrivent à échanger l'infini, s'ils arrivent à créer entre eux un lien d'éternité, ils sont aptes à accueillir le monde entier. Leur cœur est assez grand pour être ouvert à tous et à tout ; et leur paternité et leur maternité, s'ils y sont appelés, concernent finalement toute l'humanité. C'est pourquoi leur mariage peut être et doit être par sa vocation le symbole qui représente et réalise le mariage mystique du Seigneur avec l'Église.

Et l'ordre, bien sûr, cela saute aux yeux, le sacrement de l'ordre est ordonné au corps mystique, puisque le prêtre est ordonné à enfanter, à engendrer le Christ dans toutes les âmes, à Le communiquer en personne. Le sacrement de l'ordre comporte au maximum, avec l'Eucharistie bien sûr au maximum, cette ordination à l'autre, cet appel à être une présence réelle.

Et l'Eucharistie, qui est le sacrement des sacrements, autour duquel tous les sacrements s'ordonnent car, comme dit Saint Thomas d'Aquin, « il y a dans le baptême déjà un désir d'Eucharistie », c'est comme la présence même du Seigneur. C'est cette présence qui féconde tout, qui vivifie tout, qui donne à tous les signes leur efficacité en faisant circuler à travers eux la lumière et la grâce. L'Eucharistie, c'est le grand "vinculum communitatis" et il a signifié dans l'Église primitive, il a signifié précisément la communion entre les Églises. On échangeait l'eucharistie comme le symbole de la communion et le mot "communio sanctorum" dans le Credo, dans le Symbole dit des Apôtres, comme Ratzinger le rappelle bien à propos, la "communio sanctorum" voulait dire d'abord communion dans les choses sacrées et communion dans l'Eucharistie qui naturellement produit et engendre la Communion des Saints. On a transféré un nom sans raison, l'un n'excluant pas l'autre, on a transféré ce mot de Communion des Saints à cette circulation de la vie divine à travers toutes les âmes qui vivent de Dieu.

L'Eucharistie est au maximum l'expression et la source de cet altruisme divin qui vise à faire que tous les hommes soient "un" et deviennent effectivement le Corps du Christ. Notre Seigneur a d'ailleurs institué ce sacrement dans un contexte qui l'éclaire admirablement puisque nous avons, le soir de la Cène, la promulgation de la suprême consigne du suprême commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » (Jean 15:12)

Nous avons la leçon de choses qui met immédiatement en pratique le suprême commandement qui est le lavement des pieds et nous avons la dernière Cène qui va perpétuer à jamais, à travers la Présence réelle du Seigneur, cet accomplissement du suprême commandement.

En nous donnant l'Eucharistie, Jésus nous demande de faire de nous-mêmes un seul pain et le Dieu Vivant qui témoigne partout de Sa Présence et de son amour. Quand je parle aux enfants, je leur raconte cette parabole :

Il y avait un ingénieur parisien aux environs de 1900 qui avait une grande famille, une dizaine d'enfants, et ses ressources lui paraissaient insuffisantes. Bien qu'il fût extrêmement attaché à ses enfants, il accepta un appel pour le Brésil. Il était question, du moins c'était l'offre qui lui était faite, de construire un immense barrage sur l'Amazone. Il quitta donc sa famille non sans déchirement, il entreprit la construction de ce barrage et, à ce moment-là, comme on n'avait pas encore d'avion, comme les transports étaient très coûteux, comme ils étaient aussi très longs, cet ingénieur demeura absent de ses enfants et de sa femme une dizaine d'années ou davantage. Dans l'intervalle, il eut l'immense chagrin d'apprendre la mort de sa femme. La mort de sa femme entraîna la dispersion de ses enfants. Quand il revint, ayant achevé son travail, il les trouva séparés les uns des autres et en état d'inimitié les uns à l'égard des autres. Comme il avait perdu le contact depuis longtemps avec eux, il n'arriva pas, à son grand chagrin, à les rassembler et finalement il mourût. Les enfants, naturellement, se précipitèrent, comme il est d'usage, sur le testament : ils étaient tous là pour l'ouverture du testament.

Et ils lurent ces mots : « Vous trouverez toute ma fortune dans un coffre. Mais vous ne pourrez ouvrir ce coffre que si vous trouvez le mot-clé. La serrure ne jouera que si vous trouvez le mot-clé. » Alors ils s'ingénièrent à trouver le mot-clé en se rappelant tous les prénoms de la famille jusqu'aux grands-pères et arrière-grands-pères, jusqu'aux grands-oncles et grandes-tantes et la serrure ne joua pas, car ils n'avaient pas trouvé le mot-clé. Et finalement, ils relurent le testament et ils virent que le père avait souligné « vous chercherez ensemble », il avait souligné le mot "ensemble". Ils firent jouer la serrure sur le mot "ensemble" et le coffre s'ouvrit. Alors ils comprirent le testament du père, qu'il avait voulu, n'ayant pu le faire de son vivant, les rassembler après sa mort et ils se réconcilièrent dans la lumière de sa mémoire, qui leur avait été transmise par ce mot "ensemble".

Eh bien, c'est le mot-clé de l'Eucharistie : "ensemble". Notre Seigneur qui est toujours présent puisqu'il est chez Lui à l'intérieur des autres, Notre Seigneur qui nous communique sa grâce par son humanité, qui est donc, d'une certaine manière, toujours déjà là, Notre Seigneur nous a donné rendez-vous en l'Eucharistie pour que nous venions ensemble, car s'il est toujours là, nous ne sommes pas là. Nous retrouvons dans l'Eucharistie proportionnellement ce que nous avons déjà rencontré dans l'Incarnation : Dieu est toujours déjà là. Ce n'est pas à lui de descendre et de venir à nous, puisqu'il attendait toute l'humanité et chaque homme au fond de son cœur. C'était à l'humanité à être assumée, comme dit le Symbole de Saint Athanase, à être assumée pour devenir présente à Dieu, comme elle l'est devenue souverainement dans la sainte humanité de Notre Seigneur.

Dans l'Eucharistie, il y a un mouvement semblable. L'Eucharistie qui va nous donner la présence réelle du Seigneur a pour but aussi et peut-être d'abord de nous rendre présents au Seigneur, de nous ouvrir à tous les trésors de grâce et d'amour dont son cœur est gonflé pour nous. Car nous sommes toujours tentés de limiter Dieu, de le ramener à notre mesure et d'en faire une idole. Et c'est ce que Jésus a voulu prévenir. Il nous a donné rendez-vous à sa table, ensemble, parce qu'il est le second Adam, parce qu'il est l’œcuménisme vivant, parce qu'il est le grand rassembleur, parce qu'aucune créature n'est exclue de son amour. Nous ne pouvons le joindre comme il est qu'en essayant de nous rendre semblables à ce qu'il est. Il nous appelle donc à le rencontrer en prenant en charge toute l'humanité et tout l'univers.

Dans cette perspective, l'Eucharistie suppose le rassemblement de tout le Corps Mystique en chacun de ses membres et la sainte liturgie implique l'appel de toute l'Église qui comprend virtuellement toute l'humanité et tout l'univers, implique l'appel de toute l'Église à son chef. Et à sa tête est Jésus. Car c'est le Corps Mystique tout entier qui est seul en prise efficace sur son chef et sur sa tête et qui est seul habilité à l'invoquer tel qu'il est comme le libérateur de tout le genre humain et de tout l'univers. C'est cette universalité dans l'amour qui constituerait la condition sine qua non de la parousie eucharistique, de l'avènement de Jésus sous les espèces du pain et du vin.

Autrement dit, la présence eucharistique est une présence communautaire, une présence pour l'Église, une présence par l'Église et avec l'Église. Elle est suscitée invinciblement par son amour et par le nôtre et peut-être pourrait-on dire que toute consécration sera invalide s'il n'y avait plus dans l'Église universelle au moins une âme qui portât le monde dans son amour. Il n'y aurait d'ailleurs plus d'Église, s'il n'y avait plus une âme en état de charité, plus une âme qui portât le monde dans son amour. C'est là la condition de cet échange car l'Eucharistie n'est pas un rite magique. Il s'agit d'un événement, d'une relation interpersonnelle entre le Seigneur et nous.

Quand dans le film Le Défroqué, joué d'ailleurs si admirablement par Pierre Fresnay, le défroqué veut dans un bar consacrer un seau de champagne, cette consécration est évidemment invalide, puisque la consécration ne peut ni se concevoir ni s'opérer sans la présence de l'Église.

Il n'y a pas, comme disait Saint Ignace d'Antioche, d'Eucharistie valable en dehors de la présence de l'Évêque, c'est-à-dire que l'Eucharistie, au cœur de la vie ecclésiale, comporte l'appel du corps mystique à son chef qui va répondre, précisément, à cet appel par les mots qu'il a lui-même institués, qui va répondre à cet appel parce que l'universalité qu'il est est virtuellement réalisée dans son corps mystique et dans chacun de ses membres qui porte l'humanité dans son cœur et qui prend en charge tout l'univers.

En raison de cette universalité qu'elle suppose et qu'elle entretient, l'Eucharistie ne peut jamais devenir une dévotion privée à la mesure de chacun. Elle est toujours un acte public, un acte universel, comme la présence réelle et durable dans le Saint Sacrement suppose toujours la présence de l'Église unie à celle du Christ. On ne peut vivre l'Eucharistie, on ne peut entrer en contact avec elle qu'en se faisant Église. Il faut se faire Église, il faut communier aussi avec tout l'univers et pour tout l'univers car, à travers la transsubstantiation, à travers les espèces qui véhiculent la présence du Seigneur, c'est tout l'univers qui est consacré, tout l'univers est consacré...

La personnalisation des éléments est la vocation dernière de l'univers ; puisque Dieu est esprit et vérité, il faut que cette vérité pénètre jusqu'aux derniers atomes, il faut que cette vérité illumine jusqu'au dernier grain de la matière. Communier sous les espèces eucharistiques, c'est aussi communier à l'univers, c'est participer à cette consécration de la matière, c'est concourir à cette personnalisation de toute la création. Ensemble, ensemble : ce mot donc retentit à travers tout le mystère eucharistique en actualisant l'acte rédempteur dans cet acte parfait, dans cette charité qui est, dans la langue de Saint Ignace d'Antioche, la définition même de l'Église

Jésus, l'Épître aux Colossiens nous le rappelle, a une primauté cosmique. (Col. 1:15-20) Tout a été créé pour lui et par lui. Il est avant toute chose et tout subsiste en lui. Il n'y a donc aucun doute qu'il veut, lui aussi, il veut, lui au premier chef puisque tout subsiste en lui, il veut étendre à tout l'univers cette bénédiction qu'il répand en nous, qui n'est d'ailleurs que le don ineffable de sa présence personnelle. Il y a donc une transfiguration du monde qui s'accomplit à travers notre communion. Il y a une présence qui s'étend à travers toute l'humanité et à tout l'univers.

J'ai souvent ce sentiment lorsque, je suis au cœur de la messe que toute l'Histoire vient au cœur de cette table, que tous ces personnages de l'Histoire, Platon, Aristote, César, Alexandre le Grand, que tous les savants de l'Antiquité, Archimède, Galien, tous les artistes, tous les poètes sont rassemblés et qu'il y en a qui n'attendaient que ce moment pour rentrer dans la plénitude de la vie. Tous sont contemporains, tous sont là, tous constituent ce Corps du Christ, du moins sont appelés à le constituer et vont précisément y entrer au cours de cette messe célébrée aujourd'hui.

« En répandant mille grâces,

il a passé par ces bocages,

et parcourant du regard, par son seul visage,

il les laissa vêtus de beauté ».

 

« Mil gracias derramando,

paso por estos sotos con presura

y yéndolos mirando,

con sola su figura

véstidos los des de su hermosura. »

St Jean de la Croix. "Cantique Spirituel", strophe V.

Oui, c'est cela : Jésus veut transfigurer cet univers et veut restituer au visage humain toute sa beauté, à l'amour toute sa grandeur et à l'univers toute sa transparence.

Comment tout cela s'accomplit-il ? Que signifie la transsubstantiation ? Ce que nous avons suggéré de la matière, peut-être les données les plus actuelles de la matière, qui ne sont pas les derniers mots tant s'en faut puisque jusqu'à la fin du monde on sera en quête de ce secret de la matière, mais peut-être la manière la plus subtile dont nous puissions concevoir aujourd'hui la matière nous aidera à repenser cette transsubstantiation en l'affirmant, bien entendu, avec toute notre foi et tout notre amour, mais peut-être y a-t-il dans cette vision de la matière, une matière intériorisée en partant du corps transfiguré, du moins glorieux de Notre Seigneur, peut-être que ces rapports entre la matière et le corps glorieux qui sont symbolisés, déjà suggérés par le miracle, comme je l'évoquais tout à l'heure, peut-être que tout cela deviendra encore plus souple, si je peux dire, et plus intérieur. L'essentiel, d'ailleurs, c'est bien sûr de vivre ce mystère qui rassemble toute l'Église et qui est le germe essentiel de notre libération.

Quand on s'agenouille à Saint Pierre devant le Saint Sacrement, on ne peut pas ne pas penser que cette immense basilique a pour germe précisément cette miette de pain. C'est cette miette de pain qui, finalement, a suscité toutes les cathédrales. C'est cette miette de pain qui a maintenu la vie divine à travers toute l'Histoire. C'est cette miette de pain qui nous rassemble, c'est cette miette de pain qui nous révèle l'immensité du silence. C'est cette miette de pain qui, finalement, nous révèle le mieux la Gloire de Dieu. La gloire de Dieu, c'est cela, c'est ce don prodigieux, ce don qui nous invite à travers la foi qui est la lumière de la flamme d'amour, comme dit Coventry Patmore, « the light of the flame of love », à travers la foi qui est la lumière de la flamme d'amour. C'est cette miette de pain qui, tout d'un coup, nous rend sensible la vraie grandeur. Mais c'est ce don total, absolu qui fait que notre Dieu est disponible. Il nous attend et nous ne sommes pas là.

Combien de fois et combien de temps solitaire ? Mais il est là et il nous attend, il nous attend dans cette donation même que Dieu nous fait de soi, se livrant à nous par son esprit et sa volonté comme s'il nous apportait son cœur, ainsi que dit Jean de Saint Thomas : « Voilà, il nous apporte son cœur et il nous invite, par-là même, à la véritable humilité qui n'est pas une humiliation. » Il ne s'agit pas de s'aplatir devant Dieu, de se faire petit pour ne pas être vu de lui. Il s'agit d'entrer dans le rythme de sa vie, dans le dépouillement trinitaire. Il s'agit de devenir comme lui un simple regard d'amour vers l'autre, cet Autre majuscule qui est lui-même au plus intime de nous.

Il est donc certain que l'organisme sacramental dont l'Eucharistie est le centre et la source, nous appelle à être une présence de plus en plus totale aux autres et que toute la richesse de ce dynamisme sacramentel qui scande toutes les étapes de la vie, à chaque étape nous demande, nous appelle à nous ouvrir aux autres, à les accueillir dans notre amitié et à leur rendre sensible cette présence qui est le seul cadeau dont ils aient vraiment besoin.

« Je ne peux pas donner ma tendresse à un mur », me disait une femme esseulée et qui n'avait jamais eu de famille. Pour donner son cœur, il faut trouver un cœur et c'est justement cela que Notre Seigneur nous demande d'être pour toute l'humanité. Il nous demande d'être son cœur. Et c'est cela qui est merveilleux. Notre vocation est d'être dans le monde les hérauts de l'amour, d'apporter le sourire de Dieu et de faire entrer chaque créature dans le Cantique du Soleil.

(*) TRCUSLivre « Quel homme et quel Dieu ? Retraite au Vatican »

Publié par les Editions Saint-Augustin – Saint-Maurice (Suisse). Collection "spiritualité".

Préface R.P. Carré.

Parution : avril 2008.

359 pages.

ISBN : 978-2-88011-444-2