Ramon Martinez de Pison est espagnol, oblat de Marie-Immaculée (OMI), professeur de théologie à la Faculté de théologie, Université Saint Paul au Canada. C'est un excellent connaisseur de Maurice Zundel. Il a présenté une thèse de doctorat en théologie sur la liberté humaine et l'expérience de Dieu chez Maurice Zundel, à Ottawa. Une autre étude sur la fragilité de Dieu selon Maurice Zundel. Ramon Martinez de Pison a donné de nombreuses conférences sur Zundel, essentiellement au Canada, mais aussi à Genève au moment du centenaire de la naissance de Maurice Zundel, en 1997. La conférence que nous vous rapportons ci-dessous aurait été donnée à Madrid en 1990. La première partie de cette conférence traite de la jeunesse et de la formation de Maurice Zundel, évoque ce qui l'a fait "vibrer". Elle sera particulièrement appréciée par ceux qui le connaissent encore peu. 

 

Introduction

Il se peut que le nom de Maurice Zundel ne dise pas grand chose au lecteur de langue espagnole ; (1) il représente cependant l'une des personnalités spirituelles de la plus grande importance aujourd'hui, dont la pensée profonde nous aide à comprendre l'une des plus grandes crises religieuses de notre histoire et nous éclaire pour pouvoir répondre, à partir de notre foi, au défi que représente la culture contemporaine à cette même foi : l'aspiration à la liberté.

 

Malgré sa grande production littéraire, son œuvre n'a commencé à avoir une grande diffusion – y compris dans les pays de langue française – que depuis peu. (2)

 

Né à Neuchâtel (Suisse) le 21 janvier 1897 et ordonné prêtre en 1919, il va mourir le 10 août 1975 à Lausanne (Suisse). Ses soixante-douze ans de vie vont être marqués par une grande activité. De fait, comme nous le verrons plus tard, Zundel fut un itinérant qui sema sa parole dans différents pays en tant que conférencier, prédicateur, essayiste... Paul VI, qui l'admirait depuis longtemps, l'invita à prêcher les Exercices spirituels au Vatican en 1972. De ces Exercices naquit sa dernière publication, qui vit la lumière quelques mois après sa mort et qui représente l'une des meilleures synthèses de sa pensée d'alors : sa préoccupation pour l'homme et pour Dieu dans une inséparable solidarité: « Quel homme et quel Dieu » (3)

 

Mon intention n'est pas de présenter au lecteur une "mini" biographie de cet homme de grande foi; je veux seulement montrer ce qui l'a fait vibrer et ce qu'a été sa passion tout au long de sa vie : sa foi en l'homme et en Dieu. Une foi profonde dans le Dieu que Jésus-Christ nous révèle et qui constitue une expérience décisive dès son plus jeune âge. Foi dans un Dieu Vivant qui le porte à être à l'écoute de l'expérience humaine, plus particulièrement l'aspiration à la liberté : l'élément le plus caractéristique que cette même expérience manifeste dans notre culture. Mais il ne pouvait vivre une foi dans un Dieu Vivant, qui se manifeste à travers l'homme, sans se rendre compte que pour que l'on puisse découvrir toute la nouveauté que l'Evangile nous révèle, il est également nécessaire de parler de Dieu d'une manière différente à travers un langage "sacramentel", c'est à dire un langage qui soit l'expression d'un témoignage profond et inséparable de la Foi en Dieu et en l'homme.

 

I. La découverte d’un Evangile vivant.

 

Maurice Zundel vécut dans un contexte familial et scolaire qui le prédisposa à attacher plus d'importance à l'engagement personnel qu'à la parole.

 

Né dans un pays protestant, éduqué dans un milieu où catholiques et protestants se critiquaient mutuellement, Zundel comprit très tôt la nécessité du dialogue. Il se rendit compte que le catholicisme de son milieu était trop formaliste, incapable d'engendrer un compromis et réduit à « une pratique religieuse sans aucune expérience de Dieu ». (4) Cette tiédeur dans laquelle vivaient la plupart des catholiques va susciter en lui une attitude critique envers le catholicisme ambiant :

 

« Evidemment, je ne pouvais baigner dans le protestantisme local sans aussitôt éprouver un sentiment de désapprobation envers le catholicisme quand iI n'était pas le reflet authentique de l'Evangile. » (5)

 

Les deux personnes qui vont jouer un grand rôle dans son enfance et son adolescence sont protestantes : Tout d'abord sa grand-mère maternelle, Suzanne Gauthier-Turin, qui était une anti-catholique féroce mais d'une grande compassion pour les pauvres et pour son petit-fils Maurice. De la relation avec sa grand-mère va naître en Zundel, dès son plus jeune âge, un grand intérêt pour les autres et, plus particulièrement les pauvres.

 

« Elle était très généreuse envers les pauvres et vivait constamment la présence de Dieu. De tous les membres de ma famille, elle était la plus chrétienne [...] Les pauvres ont beaucoup marqué les années de ma jeunesse. Encore petit, je voyais comment ma grand-mère les aimait. » (6)

 

Ce sens critique envers un catholicisme trop formaliste va coïncider avec la naissance, chez Zundel, d'une grande aspiration œcuménique, favorisée par le milieu scolaire qu'il rencontre au Collège classique de Neuchâtel. (7) Son père préféra l'envoyer là plutôt qu'à l'Ecole des Frères des Ecoles chrétiennes où Zundel avait un oncle enseignant, membre de cet Institut religieux.

 

« Mon père décida de m'envoyer à l'école municipale. Nous vivions loin de l'Ecole des Frères. Cependant l'éloignement n'en était pas le motif. Mon père avait observé que les élèves des Frères, à la sortie de l'école, n'étaient pas pratiquants. C'était le cas de deux de mes oncles. » (8)

 

Etant presque le seul catholique de l'école, ce furent des années importantes dans sa vie puisqu'il trouva un grand respect de la part de ses professeurs et de ses camarades.

 

De fait, deux évènements décisifs vont se produire dans sa vie en 1911, alors qu'il avait 14 ans, et qui vont l'inciter à préférer le témoignage d'autrui à une doctrine bien structurée.

 

Le premier fut la découverte d'un Evangile vivant à travers un ami protestant qui vivait dans la même maison que lui. Ce fut, selon son propre témoignage, une expérience inoubliable.

 

« En seconde, je rencontrai un ami qui n'était pas catholique et abordait l'Evangile avec un respect nouveau ; intelligent et passionné, il s'enthousiasma pour l'Evangile et et pour les pensées de Pascal. Il fut cet instrument admirable qui me fit sentir que l'Evangile n'était pas une suite de discours et de formules, mais une Présence que je percevais uniquement en lisant le "Sermon sur la Montagne" [...] Nous l'écrivîmes à l'encre rouge […] J'avais rencontré Quelqu'un. Les mots que j'avais écoutés des centaines de fois devenaient étonnamment vivants... J’avais un ami qui avait le secret de la vie ; c'était l'époque des découvertes, de la nouveauté de l'enthousiasme, période inoubliable car une flamme s'allumait à ce moment-là ; Ce fut l'impulsion originelle qui fit naître et alimenter ma vocation... Aurore d'une vie religieuse qui ressemblait à un mouvement de l’esprit. » (9)

 

Une seconde expérience va s'ajouter à la découverte d'un Evangile vivant : la présence de Marie dans sa vie. Evénement qui eut lieu le 8 décembre 1911, fête de l'Immaculée Conception, alors qu'il se trouvait dans l'Eglise de Neuchâtel, près de la statue de Notre Dame de Lourdes.

 

« J'étais dans l'Eglise quand, soudain, je sentis la présence de la Vierge Marie. C’était quelque chose de mystérieux. Je reçus de la part de la Sainte Vierge, une sorte d'appel urgent, instantané, bouleversant et irrésistible qui changea toute ma vie. Il ne s'agissait, en aucun cas, d'une vision, bien entendu, rien de visible, mais de quelque chose d'intérieur qui ne supportait aucune résistance. Dès lors, ma vie a été entre les mains de la Sainte Vierge et je n'ai rien fait sans Elle, rien de bon, naturellement, et j'ai conservé pour l'Immaculée Conception une sorte de profonde tendresse. » (10)

 

A ces expériences, il faut ajouter la découverte de la liturgie et du silence durant ses études au Collège de l'Abbaye bénédictine de Einsiedeln. (11) La célébration liturgique va être le lieu privilégié pour éprouver la transparence de Dieu à travers les réalités visibles et la réalisation de l’harmonie dans l’existence. (12)

 

Cet itinéraire personnel du jeune Zundel va l'amener à rompre avec le "système" de la scolastique néo-thomiste pour faire une nouvelle découverte en la personne de Saint François d'Assise. Cet itinéraire, cependant, ne fut pas sans souffrances. Il vécut de façon très vive la crise d'un système théologique qui ne correspondait pas aux défis de son temps. Divers courants de pensée, tant dans le domaine moral, religieux que social et scientifique, bouleversaient la plupart des principes qui, bien qu'établis et reconnus, n'étaient déjà plus en accord avec les aspirations les plus profondes de ses contemporains.

 

Cette situation l'affligea beaucoup. D'une part, il ne pouvait rester inactif face aux problèmes de son temps qu'il voulait résoudre à partir de sa foi. D'autre part, il devait affronter les accusations de l’autorité religieuse qui, à cause de ses idées jugées trop dangereuses, l’empêcha pratiquement d'exercer le ministère ordinaire de curé ou coadjuteur. Son évêque, Monseigneur Besson, voyait en lui quelqu'un d'avant-garde, ce qui n'était pas très bien vu des hautes sphères ecclésiastiques de son temps :

« C'est un franc-tireur, et l'Eglise n'aime pas beaucoup les francs-tireurs, fussent-ils des saints ». ( 13)

 

Séminariste à Fribourg (Suisse) (14) il va vivre pour la première fois cette situation d'affliction en se heurtant à un système théologique – la scolastique néo-thomiste – qui représentait une situation ecclésiale en harmonie ni avec ses expériences personnelles, ni avec les aspirations du monde telles que lui-même les·ressentait. Ce système sclérosé et sans vie dans lequel il s'agissait de montrer et de démontrer l'existence de Dieu à travers des preuves, des formules et des raisonnements, plus qu'à travers une expérience personnelle de Dieu, produisit en lui un grand mal-être. (15)

 

Mal-être qui perdura durant les premières années de son ministère, au cœur d'une grande activité parmi les pauvres, les collégiales, les étudiants de l'Université... Ce fut l'époque où, cherchant encore à être fidèle au thomisme enseigné au Séminaire, il se rendit compte que quelque chose ne fonctionnait pas.

 

« Parallèlement à mon ministère écrasant, je continuais à approfondir le thomisme ; mon orthodoxie, cependant, devait avoir certaines failles, cela finissait pas être insuffisant, le monde évoluait, le freudisme apparaissait ainsi que la physique moderne ; un ensemble de préoccupations qui n'étaient pas présentes à l'époque de St Thomas surgissait. Le contact avec les pauvres m'empêchait d'être à l'aise avec les étudiants; je me souviens d’avoir voulu faire une démonstration (de l'existence de Dieu) et j'eus l'impression d'une catastrophe [...] Cela ne signifiait rien de vivant, de vivifiant, qui put convaincre ceux qui n'étaient déjà convaincus. » (16)

 

Il va se produire cependant un fait inopiné et très douloureux, qui va changer l'orientation de toute sa vie. Il doit abandonner sa paroisse et s'en aller à Rome ; il y fera un doctorat de philosophie. (17) Malgré toute la douleur que cette situation a causé en lui, cette dernière doit être considérée comme providentielle. (18) C'est à partir de ce moment-la que toute sa créativité commence à se manifester.

 

« En réalité, c'est cette mise à l'épreuve qui a marqué la direction de tout le reste de ma vie. Elle me fit reprendre mes études, me donna le temps de penser, me fit découvrir ma vocation d'écrivain, me fit entreprendre quantités de voyages dans quantités de pays, et me permit de connaître les anglicans et les musulmans. » (19)

 

Cette rupture avec le système de la scolastique néo-thomiste va s’amplifier durant le temps de son doctorat à Rome. Bien qu'il fasse de son mieux pour approfondir le thomisme, il va cependant en découvrir les faiblesses.

 

« Saint Thomas, qui était un mystique, savait que ce qu'il avait écrit n'était que fumée et ne répondait pas, provisoirement, au christianisme du treizième siècle. (20)

 

A partir de ce moment-là, l'époque de la découverte et de la créativité commença. Comme le jugement de son évêque continuait de lui être défavorable, son doctorat terminé à Rome, il ne put reprendre son ministère en Suisse; alors Zundel s'en fut à Paris où, après un court séjour de six mois dans une paroisse bourgeoise, il devint chapelain des "Bénédictines" de la rue Monsieur. (21) Ce lieu de rencontres, de silence, va devenir l'endroit idéal où se manifestera tout le pouvoir créateur de Zundel. En même temps, c'est l'époque où il rompt définitivement avec le "système". Les années de 1927 à 1929 furent réellement une étape décisive dans sa vie.

 

« Alors le système se rompit parce que je n'étais plus disposé à le maintenir ; personne ne me demandait une réponse immédiate, je courais le risque de tout lire, cela n'engageait que moi. Je lus tous les travaux de l'époque sur la Bible; les choses s'apaisèrent et il est impossible qu'une recherche se convertisse en une catastrophe. Le fait d'être libéré d'un ministère paroissial, de vivre dans une communauté, laissât de grands espaces à mes pensées ; j'affrontais les difficultés ; ces dernières pouvaient mûrir selon leurs exigences. » (22)

 

Ce fut l'époque où Zundel se laissa envahir par toutes les questions, et qu'il commença à trouver sa pensée propre. « C'est alors, confessa-t-il aux Carmélites de Matarieh, en 1967, que je rompis avec le thomisme et que j’essayai d’écouter la Vérité telle qu’elle m’apparaissait. » (23)

 

La rupture avec le système fut probablement accentuée par la grande découverte de sa vie : Saint François d'Assise. Bien que Zundel ne nous dit pas quand elle eût lieu. (24) Il s'agit d'un événement qui le marqua profondément et qui inspira le développement de sa pensée. La personne de Saint François d'Assise en vient à être l'une des clefs pour comprendre l'œuvre de Zundel. Le Pôverello lui fit comprendre quelque chose qui va être omniprésent dans sa pensée: La pauvreté de Dieu en tant que désappropriation.

 

De cette découverte, il se dégage la nécessité chez Zundel de passer du système à la mystique: « l'union avec Dieu. » (25) Il vit dans cet événement « la grâce des grâces. »

 

« Je ne pouvais imaginer l'influence que cela devait avoir en moi et qui correspondait avec ce que la théologie m'avait apporté de meilleur. L'incendie s'empara de moi ; je percevais que la mystique trinitaire était l'expérience d'une générosité, l'esprit pouvait aller plus loin. Saint François m'apparut comme celui qui a reçu la mission unique de chanter la pauvreté en tant que personne et d'y voir en elle Dieu Lui-même. Ce que les théologiens disaient admirablement mais sèchement, devenait vivant […] La connaissance de Dieu s'identifiant avec la pauvreté prouvait la fin du système. » (26)

 

A partir de ce moment-là, la pauvreté en arriva à être le critère interprétatif de sa théologie. « C'est à la lumière de la pauvreté qu'il faut lire l'Incarnation, le mystère de Jésus et le mystère de l'Eglise. » C'est la pauvreté qui nous rend transparents parce qu'elle consiste en une désappropriation, en un détachement de toute référence égoïste à soi-même, désintérêt par lequel on aboutit à la seule manière authentique de pouvoir témoigner de Dieu dans notre monde.

 

Ceci a été l'itinéraire qui a conduit Maurice Zundel à abandonner le "système" pour s'ouvrir à un nouveau souffle, pour discerner le souffle de l'Esprit à travers les expériences des autres. S'appuyant constamment sur ses expériences de jeunesse, il a essayé de libérer la Vérité de tout ce qui est caduque et limité. Mais comme celle-ci se manifeste toujours dans une transparence humaine, il faut être libéré de soi pour la laisser apparaître. Telle fut son œuvre. Pour y parvenir, Maurice Zundel maintint une attitude de dialogue avec les événements du monde, un dialogue qui se fit libérateur.

 

II. Etre à l’écoute de l’expérience humaine.

 

L'itinéraire qui a conduit Zundel à se libérer d'un "système" qu'il trouvait trop étroit laissa en lui, en plus de la découverte décisive de Saint François, une attitude d'écoute et de dialogue silencieux. C'est d'abord au plus profond de son être que Zundel se laisse interpeller et interroger par les événements du monde. En faisant cela, il s'est ouvert au dialogue avec les autres, il s'est mis à l'écoute de leurs expériences, de leur recherche silencieuse de la vérité. Zundel a été particulièrement impressionné par l'exemple concret de certaines personnes qu'il admirait. Ce qui en elles attirait son attention était leur capacité à ne pas se refermer sur elles-mêmes, leur admiration devant les événements de l'univers. Des personnes qui sont allées au-delà des "vérités-briques", c'est-à-dire au-delà de la découverte concrète, limitée, partielle, jusqu'au centre où toute chose trouve son unification : jusqu'à la rencontre de la Vérité. Ce sont des personnes dont le témoignage nous interroge et qui nous conduisent au contact avec cet au-delà dont elles sont la transparence, même si parfois c'est d'une façon inconsciente. Des personnes qui ont joué un rôle important dans les sciences, les arts, la philosophie, ou bien des hommes et des femmes simples qui, par leur vie, ont porté un témoignage de grandeur humaine.

 

Comme nous l'avons vu plus haut, ce fut pendant les années qu'il passa à Paris, avec les Bénédictines de la rue Monsieur, que Zundel s'est laissé interpeller plus fortement par les hommes et les événements de son temps. Cette attitude l'a accompagné toute sa vie. Mais alors, quel fut le moyen dont se servit Zundel pour ce dialogue libérateur ? Nous pouvons trouver la réponse à l'intérieur de son livre "Hymne à la joie" : ce sont les livres. (30)

 

Son dialogue intérieur, à travers les livres, eut un effet purificateur : il apprit à "disparaître", à interroger tout ce qu'on lui avait enseigné comme venant de soi. Ce doute eut une conséquence très positive : l'obligation, comme il nous le dit lui-même, de « recourir continuellement aux sources, quand elles nous sont accessibles. Ceci n'est pas inutile et produit parfois même d'agréables surprises. » (31) Les livres furent le moyen par lequel Zundel, sans blesser personne, sans être obligé d'arriver à une conclusion, et en allant au-delà de la banalité occasionnelle de certains dialogues, a satisfait son besoin de conversation. (32) Ce fut un dialogue enrichissant et pas du tout narcissiste, étant donné que cela l'a conduit à la rencontre des autres.

 

« Ils (les livres) nous rendent en effet contemporains de tous les âges et de tous les esprits, ils nous libèrent de notre insularité en nous initiant à des problématiques inhabituelles, qui complètent et relativisent la nôtre et nous confrontent à d'autres mentalités, d'autres hiérarchies de valeur, nous invitant à une saine autocritique. Ils ne forcent jamais notre attention, ils nous laissent libres de leur accorder audience ou de les renvoyer : ils nous conduisent au silence, qui est le maître des maîtres, puisqu'ils nous enseignent sans parler. » (33)

 

Par le moyen des livres, Zundel est entré en contact avec la pensée de ses contemporains dont il admirait la recherche de plus en plus profonde et le désir d'atteindre « le Centre d'où resplendit pour tous la même joie de connaître. » (34)

 

Parmi les personnes qui ont eu un rôle important dans le monde des sciences et que Zundel admira, on peut citer Jean Rostand (35), Einstein (36), Bachelard (37), Pierre Termier (38). En eux, il admire surtout la façon de s'émerveiller devant les événements qui les faisaient sortir d'eux-mêmes pour aller au-delà des limites dans lesquelles nous nous croyons enfermés. Il y a des gens qui, grâce à l'art et à la science, atteignent une dimension qui les transcende. Pour eux, l'art et la science constituent une religion.

 

« Nous ne pouvons méconnaître tout ce que l'art et la science peuvent impliquer de spiritualité pour ceux qui s'y consacrent ainsi que pour ceux qui sont capables de les comprendre. Pour Einstein et Rostand, semble-t-il, toute la religion est là. Nombre de nos contemporains ne demandent rien d'autre, satisfaits comme eux d'éprouver, face au cosmos, l'émotion "mystique" dont parle le grand physicien et qui peut, d'autre part, n'être rien d'autre qu'un préambule naturel de la foi. » (39)

 

C'est cette attitude de contemplation du savant, si différente de celle du technicien qui exploite l'univers, que Zundel admirait, parce qu'elle « découvre, dans le réel, une dimension qui échappe à la majorité des hommes et qui l'empêche de se l'approprier, de le réduire à ses appétits en l'enfermant dans ses limites. » (40). Attitude qui conduit le savant à un engagement, à un effort personnel qui prend toute la vie et qui est créatrice de solidarité entre tous les domaines de la connaissance et toutes les époques.

 

L'ouverture de Zundel à l'expérience des autres, contemporains ou non, s'est nourrie aussi de la lecture ou de la connaissance d'écrivains représentatifs de différents secteurs de la culture. Flaubert, Pascal, Claudel, Coventry Patmore, Graham Green, Rimbaud, Marx, Nietsche, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, etc., apparaissent souvent dans les pages de ses livres, articles et conférences. De Camus, dont Zundel avait exposé avec sympathie la lutte avec le mystère du mal, il reçut une lettre de remerciement. (41) Il faut mentionner aussi les rencontres qu'il eut avec les intellectuels durant le temps où il fut aumônier des Bénédictines de la rue Monsieur à Paris. C'est là qu'il a rencontré Edouard Le Roy, qui lui fit connaître Bergson, et où commença son amitié avec Charles Du Bos, écrivain et critique littéraire. (42) C'est aussi à Paris qu'il connut Monseigneur Montini, le futur Pape Paul VI, qui invita Zundel à prêcher les Exercices Spirituels au Vatican en 1972, comme nous l'avons dit plus haut.

 

Du point de vue religieux, Zundel fut ouvert au dialogue œcuménique avec l'anglicanisme lors de son séjour à Londres, (43) et avec l'islam, durant le temps qu'il passa au Caire (44) et lors des voyages qu'il fit ensuite en Égypte et au Liban. Zundel admirait le profond sentiment religieux des musulmans. Le dialogue avec l'islam le conduit à développer sa réflexion sur la Trinité et à insister sur l'idée d'un Dieu unique mais non solitaire.

 

Cependant, ce ne fut pas uniquement l'expérience des savants, des philosophes et des écrivains qu'écouta Zundel. Le témoignage des pauvres, leur cri pour leur dignité, alimenta aussi son œuvre. Il voyait souvent, dans les vies les plus ignorées, les plus simples, le témoignage vivant et rayonnant d'une Présence infinie.

 

Nous venons de voir l'attitude de dialogue et d'écoute suivie par Zundel tout le long de sa vie. Au-delà de toute polémique, il a essayé de regarder à l'intérieur de chaque personne, plus loin que les mots, car Zundel a appris « à ne pas contester ce que les autres disent, mais à essayer de les atteindre en ce qu'ils sont, ou au moins, en ce qu'ils peuvent être. » (45) C'est pourquoi il put pénétrer dans cette recherche silencieuse de la Vérité cachée dans le travail du savant et de l'artiste comme dans celui du philosophe et dans le cri du pauvre.

 

Cette ouverture à l'expérience de ses contemporains a été capitale pour Zundel, pour le développement de ses idées. Ce qu'il appelle l'attention est l'attitude proprement "zundellienne" ; c'est-à-dire, sa prise de contact positive face aux aspirations des hommes de son temps et des événements du monde pour discerner un appel de l'Esprit et essayer de donner, comme nous l'avons dit, une réponse à partir de sa foi. Une foi qui n'est pas en contradiction avec le fond de ces aspirations, avec le désir de vie et de liberté présent en nos contemporains. Il a essayé la recherche, au-delà de tout désaccord entre croyants et non-croyants, d'une expérience assez universelle pour que tous ceux qui vivent en accord avec les aspirations de l'esprit puissent se reconnaître.

 

« Vivant dans le même temps qu'eux, nous ne pouvons pas, sans les écouter, nous situer en comparaison avec eux, ni attendre, si notre jugement diffère du leur, qu'ils respectent notre position, sans que nous ayons essayé d'exprimer, dans leur langage, les motifs qui peuvent la justifier. Dans leur langage: c'est-à-dire en nous référant à une expérience assez universelle pour qu'ils puissent se reconnaître en elle. (46)

 

Ce que Zundel découvre comme aspiration profonde, qui se manifeste dans les différents courants de pensée et dans les événements du monde, c'est toujours le même désir, le même cri : celui de la liberté. Au milieu de la bourrasque des revendications qui secouent les discours et les institutions, percevoir la recherche humaine de liberté, et reconnaître en elle une sorte d'appel adressé aux chrétiens pour qu'ils démontrent par leur vie que l'Évangile, loin d'imposer des limites au désir d'être libre, offre au contraire une source inépuisable de libération, voilà quelle fut la tâche que Zundel s'est imposée comme conférencier et comme écrivain. Cependant, ce chemin présentait aussi un défi auquel il fallait répondre. Bien que la foi ne soit pas en contradiction avec le désir le plus profond de ses contemporains, Zundel estime qu'il n'est pas nécessaire, pour communiquer tout ce que la foi apporte de vrai, de la présenter d'une manière particulière. Il faut utiliser le langage du témoignage plutôt que celui de la démonstration. Si l'on parle, il faut que les paroles soient un "sacrement", un signe de ce que l'on vit.

 

III. Une manière différente de parler de Dieu : un langage « sacramentel ».

 

L'itinéraire suivi par Zundel durant sa jeunesse a conditionné sa vision postérieure de Dieu et de la religion. Dieu n'est pas une vérité abstraite dont on peut démontrer l'existence par un raisonnement, mais une personne. C'est pourquoi « il faut faire la rencontre personnelle de Dieu. » (47) ; c'est-à-dire qu'il faut avoir une expérience de Dieu avant d'essayer de parler de Lui. Le Dieu dont nous parle Zundel n'est pas le "bouche-trous" (48) de toutes nos ignorances, le lointain, mais le Dieu présent dans la vie, qui ne se laisse pas enfermer dans les mots, parce que « Dieu est au-delà des mots. Si nous croyons pouvoir l'enfermer dans nos mots, c'est que nous avons perdu la vraie notion de Dieu. » (49)

 

En parcourant ses écrits, nous ne nous trouvons pas devant une démonstration théorique de Dieu, mais face à une pensée fondée sur une expérience personnelle de libération continuellement réfléchie par la médiation des expériences des hommes de son temps. Zundel n'a pas essayé de construire un système théologique ; son but a été de parler de ce qu'il a vécu. « Moi, je ne conçois rien, n'ayant pas la moindre inclination à construire un système. Simplement, je témoigne de l'expérience que je vis. » (50) L'unique possibilité de parler de Dieu se trouve dans l'exemple de notre vie, quand celle-ci devient témoignage de Lui : « C'est pourquoi on parle efficacement de Dieu dans la mesure où l'on vit : en se faisant parole, plutôt qu'en proférant des paroles. » (51)

 

Zundel était très conscient d'un certain discrédit des mots, du langage, surtout du langage religieux et de son utilisation au bénéfice d'intérêts particuliers et sans référence au vécu.

 

« Le langage religieux est si discrédité dans certains milieux, pour avoir trop servi à couvrir des projets qui n'avaient rien à voir avec la vie intérieure, que parfois des esprits sincères n'y ont vu que l'étiquette d'un parti ou la marque d'un commerce, ou bien encore la devise d'un ordre social dans lequel ses frères agonisent. » (52)

 

Cependant il savait bien que « au-delà de ce que nous disons, il y a ce que nous sommes » (53), et il est important que notre langage soit une manifestation de notre vécu, parce que l'élément décisif de notre discours est sa correspondance avec le vécu.

 

Ainsi donc, Zundel ne conçoit pas une dissertation intellectuelle sur Dieu à la manière d'un objet qui est devant nous, parce que son expérience a été totalement différente. Pour lui, l'action de parler de Dieu n'est pas un acte d'information ; il ne s'agit pas de donner des informations sur Dieu, mais de témoigner de Lui. Le langage explicite, extériorise, sert de structure à cette adhésion, à cette expérience. C'est pourquoi Zundel nous parle et nous invite à parler de Dieu avec des mots qui manifestent une Présence ; c'est-à-dire « des mots sacramentels, qui portent la vie divine et qui la suscitent en toute âme accordée à ses exigences. » (54) Pour Zundel, en cela consiste l'unique manière de pouvoir parler efficacement de Dieu dans notre monde : devenir, dans notre vie, transparence de la Présence divine, témoins de Dieu par un engagement créateur de liberté et de justice ; c'est là l'unique manière de pouvoir faire l'expérience de Dieu.

 

« Mais comme il n'y a pas de parole plus efficace que celle qui conduit à être, ce langage ne sera écouté que dans la mesure où les chrétiens, prêtres ou laïcs, engagent résolument toute leur vie dans un témoignage créateur de justice et de respect qui révèle Dieu comme le fondement, en chacun, de la dimension infinie que l'humanité moderne, éveillée par le retour au sens de sa grandeur, et par la science au sens de son pouvoir, espère donner à son effort et à son avenir. Il n'y a pas d'autre méthode concevable pour obtenir son attention que de combler son attente. » (55)

 

Conclusion.

 

La tentative de Zundel, qui durera toute sa vie, consista à repenser la foi dans l'Évangile, et à en témoigner de manière à approcher ce qui a le plus de valeur dans l'expérience de ses contemporains. Dans cette recherche, ce qui lui importait surtout était de montrer que dans l'expérience que l'homme fait de lui-même se trouve l'unique chemin véritable d'accès à Dieu. L'essentiel de l'expérience libératrice, à laquelle l'œuvre de Zundel se réfère constamment et dans laquelle il voit ce que le christianisme doit communiquer, consiste finalement dans la découverte de l'identité entre le chemin de l'homme et celui de Dieu. Le chemin de l'homme vers sa liberté est le chemin par lequel il lui est possible de rencontrer Dieu et c'est, en même temps l'unique chemin par lequel Dieu peut manifester sa présence et apparaître dans l'histoire. En définitive, l'avènement du règne de Dieu est indissociable de l'avènement de la personne humaine.

 

C'est une tentative qui nous montre que Zundel vécut en avance sur son temps, et que sa pensée reste d'une grande actualité pour nous. Ce que Zundel nous propose, entre autres choses, c'est la nécessité d'une intériorisation de Dieu qui coïncide avec le chemin de libération de l'homme. La foi en Dieu ne peut être que le fruit d'une vie spirituelle authentique, que la religion a pour mission d'éveiller et d'éduquer. Sans cette spiritualité, il est presque impossible d'échapper au piège d'un Dieu extérieur à l'homme et d'un homme qui, pour arriver à être homme, doit se libérer de Dieu.

 

Une autre des propositions de Zundel, de grande actualité de nos jours, se trouve dans l'appel à veiller à ce que le langage de la foi, quelle que soit la forme qu'il acquière, soit autant que possible le sacrement de cette expérience libératrice de l'homme et de Dieu. Dans la mesure où il n'est pas enraciné dans cette expérience, il court le risque d'enfoncer Dieu et de perdre l'homme.

 

Sur ce chemin, il faut le rappeler, son expérience religieuse de jeune adolescent, ainsi que l'épreuve que représenta pour lui le système théologique, qu'il avait assimilé au début et dont il s'est dépouillé ensuite, l'avaient d'une certaine manière préparé. (56)

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Notes.

 

(1) De fait, (à la date de publication de cette la conférence), seuls 2 de sa vingtaine de livres ont été traduits en espagnol : "Le poème de la sainte liturgie", son premier livre, publié en 1934, qui a eu sept éditions, et "L'Évangile intérieur" qui fut publié en 1936, avec aussi sept éditions.

En plus des livres, son œuvre littéraire comprend un grand nombre d'articles, de conférences, des retraites, des homélies, etc.

 

(2) Ainsi ma Thèse de Doctorat qui a été présentée à l'Université Saint-Paul de Ottawa, Canada, et dont le titre est "La liberté humaine et l'expérience de Dieu chez Maurice Zundel." Editions Bellarmin Montréal ; Desclé Paris 1990.

 

(3) "Quel homme et quel Dieu" (Retraite au Vatican) Editions Saint-Augustin, 2008.

(4) "La clé du Royaume" en Choisir, 200-201 (1976), p. 3

(5) "Retraite aux Carmélites de Matarieh" en 1967.

(6) "Retraite aux Carmélites de Matarieh" en 1967. Voir Gilbert VINCENT, "La liberté d'un chrétien : Maurice Zundel" Cerf Paris, 1999 ; France du Guérand, "A l'écoute du silence" Téqui Paris, 1979 p.41

 

(7) De 1907 à 1912. Là, il aura pour compagnon, entre autres, le célèbre psychologue Jean Piaget.

(8) "Retraite aux Carmélites de Matarieh" en 1969. Voir Lucques, "Maurice ZUNDEL", p. 14-15.

(9) "La clé", p. 3. Voir Lucques, "Maurice ZUNDEL" p. 33-34, 152 ; Vincent, "La liberté d'un chrétien", p. 19-20.

 

(10) "Retraite aux Carmélites de Matarieh" en 1967. Voir Lucques, "Maurice ZUNDEL", p. 29-30; VINCENT, "La liberté d'un chrétien", p. 18-19.

(11) De 1913 à 1915.

(12) Voir "La clé", p. 3-4.

(13) Lettre de Monseigneur Besson au Curé Ramuz le 10/08/1939. Voir Vincent, "La liberté d'un chrétien", p. 9

(14) Durant les années 1915 à 1919.

(15) Voir "La clé", p. 4.

(16) "La clé", p. 4.

(17) Les années passées à Rome furent de 1925 à 1927, où il étudia avec les Dominicains à l'Angelicum.

 

(18) Ce fut un fait providentiel parce qu'il marque ce qui sera une caractéristique essentielle de Zundel : sa vie itinérante. Itinéraire qui commença en 1925 et qui lui permit le plein développement de ses intuitions au contact d'un public très hétérogène : Rome (1925-1927) ; Paris (1927-1929) ; Londres (1929-1930) ; Suisse (1930-1937) ; École biblique de Jérusalem (1937-1938) ; Suisse (1938-1939) ; Le Caire (1939-1945) ; Suisse (1946-1975). On peut trouver l'itinéraire plus détaillé dans le livre de Donzé, "La pensée théologique de Maurice ZUNDEL" Le Cerf et Le Tricorne, p. 319-322.

Le fait lui-même fut une fausse accusation de son directeur spirituel qui le dénonça à l'Évêque pour qu'on l'éloigne. En réalité, Zundel avait surpris son directeur en faute et celui-ci, par peur d'être découvert, accusa Zundel d'être un homme à la doctrine ambiguë et hétérodoxe. Voir Lucques, "Maurice Zundel", p. 83.

 

(19) "Retraite aux Carmélites de Matarieh" en 1969.

(20) "La clé", p. 5.

(21) De 1927 à 1929.

(22) "La clé", p. 5.

(23) "Retraite aux Carmélites de Matarieh" en 1967.

(24) Voir Lucques, "Maurice Zundel", p. 40-41

(25) "La clé", p. 6.

(26) "La clé", p. 5.

(27) "La clé", p. 6

(28) Voir Vincent, "La liberté d'un chrétien", p. 122-123 ; Marc DONZÉ, "L'humble présence. Inédits de Maurice Zundel", tome I (Genève), Ed. du Tricorne (1985), p. 64-66.

(29) De 1927 à 1929.

(30) "Hymne à la joie", (Paris) Ed. Ouvrières (1965), p. 65-68.

(31) "Hymne à la joie", p. 65.

(32) "Hymne à la joie", p. 67.

(33) "Hymne à la joie", p. 67.

(34) "Hymne à la joie", p. 68.

(35) Zundel cite surtout le livre de Jean Rostand, "Peut-on modifier l'homme ? " (Paris) Gallimard (1957), p. 146.

(36) Il connut Einstein par le livre de Lincoln Barnett, "Einstein et l'univers". Préface d'Albert Einstein (Paris) Gallimard 1951, 187 p.

(37) Surtout le livre de Gaston Bachelard, "Le matérialisme rationnel", (Paris) Presses universitaires de France 1953,224 p.

(38) "La joie de connaître" Desclée de Brouwer Paris, 1925, 333 p.

(39) "Quel homme et quel Dieu", p. 57

(40) La liberté de la foi, (Paris) Plon 1960, p. 20

(41) Voir Quel homme et quel Dieu, p. 103-104 ; Je est un Autre (Paris) Desclée de Brouwer 1971, p. 39 ; LUCQUES, Maurice Zundel, p.195-196. Surtout Marc DONZE, "L'humble présence. Inédits de Maurice Zundel", tome 1 (Genève), Ed. du Tricorne (1985), p.181.

(42) Voir Lucques, "Maurice Zundel", p. 103-107.

(43) De 1929 à 1930.

(44) De 1939 à 1945.

(45) "Vérité et liberté" dans "Le lien" 1 1965, p. 15.

(46) "Quête de l'homme, expérience de Dieu", dans "Choisir" 87,1967 p. 22.

(47) "Rencontre du Christ" Ed. Ouvrières Paris, 1951, p. 17.

(48) Voir "L'homme existe-t-il ? " Ed. Ouvrières Paris 1967, p. 38 ; "Le vrai visage de Dieu", dans "Foi vivante" 5, 1960, p. 203.

(49) "Rencontre du Christ" Ed. Ouvrières Paris 1951, p. 18.

(50) "L'homme existe-t-il ? " p. 31.

(51) "L'homme existe-t-il ?" p. 50.

(52) "L'évangile intérieur" Desclée de Brouwer Paris 1977, p. 37.

(53) "Le poème de la sainte liturgie", Œuvre Saint Augustin - Saint Maurice Suisse et Desclée de Brouwer Paris1954, p. 399.

(54) "Le personnalisme de la foi", dans "Les Mardis de Dar-el-Salam" Vrain Paris, 1956, p. 141.

(55) "Croyez-vous en l'homme ?" Fayard Paris 1956, p. 61-62.

(56) Le lieu de publication des revues utilisées est le suivant :

            Choisir              Fribourg (Suisse)

            Foi vivante       Sion - Suisse

            Le Lien             Le Caire

 

La traduction des textes du français à l'espagnol a été réalisée par l'auteur de l'article.

 

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