Suite 5 de la conférence de retraite donnée à Ghazir aux franciscaines de Lons-le-Saunier le 6 août 1959.

 

Notre Seigneur est le sacrement des sacrements. Son Humanité est le sacrement des sacrements, le premier sacrement. Il est le signe par excellence à nous donné pour commencer à connaître qui est Dieu, dans l'infini mystère de son épreuve lors de son passage au Père. Il est en même temps le sacrement de l'infinie pauvreté de Dieu.

 

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte :

Le Père Schwalm a le premier, je crois, forgé cette expression dans son Commentaire, justement, de la troisième partie de la Somme Théologique ( Le Christ d'a­près Saint Thomas d'Aquin, Lethielleux, Paris 1910, 7° édition, p.124) où saint Thomas traite de l'Incarnation, et il dit admirablement : " L'humanité de notre Seigneur est le premier des Sacrements, c'est le Sacrement des sacrements "

Et je crois, en effet, que c'est le terme le plus pur, le meilleur, celui que l'on retrouvera d'ailleurs rayonnant à travers toute la vie chrétienne. C'est une humanité-hostie, une humanité-sacrement, une humanité qui, dans tout ce qu'elle fait, dans tout ce qu'elle est, dans tout ce qu'elle fait, dans tout ce qu'elle dit, témoigne toujours de la divinité en qui elle subsiste et jamais d'elle-même.

C'est pourquoi aucune humanité ne peut être plus pauvre que celle de notre Seigneur. En lui, Notre Seigneur ce n'est pas l'humanité qui possède la divinité, qui l'enferme en elle-même. L'humanité de notre Seigneur est dépassée par la divinité, comme toute créature, elle est dépassée par la divinité et saint Thomas affirme - et c'est précieux - il affirme que l'intelligence humaine de notre Seigneur ne peut pas pénétrer, pénétrer à fond, à fond, à fond tous les mystères de la divinité, à laquelle elle est unie dans l'unité d'une seule Personne.

Donc, l'humanité de notre Seigneur n'absorbe pas la divinité : c'est la divinité qui absorbe l'humanité, qui en fait le sacrement inséparable d'une révélation unique définitive insurpassable, justement parce que on ne peut jamais, on ne pourra jamais être plus pauvre, ni aussi pauvre que l'humanité de Jésus.

Comme elle ne peut rien s'approprier, rien ramener à soi, elle ne peut rien limiter, elle est tout élan, tout don, toute transparence, et donc la Divinité qui est en nous, mais que nous limitons, que nous bloquons dans nos propres ténèbres, la divinité, dans l'humanité sainte de notre Seigneur, transparaît comme le soleil en plein midi.

Si nous ne sommes pas les disciples de Bouddha qui est un très grand contemplatif ou de Mohammad qui peut-être un prophète authentique pour les gens auxquels il était envoyé, si nous ne sommes pas les disciples des grands philosophes de la Grèce, ce n'est pas que nous méprisions la Sagesse des uns ou des autres, nullement.

On peut vénérer le Bouddha, on peut trouver dans le Coran des choses admirables, mais là n'est pas la question ! Si nous sommes disciples ou, du moins si nous voulons essayer de devenir les disciples de Jésus Christ, c'est parce que jamais la divinité n'a pu transparaître avec une telle plénitude, parce que jamais il n'y avait eu une humanité si pauvre, si dépouillée, si incapable de rien posséder et donc de rien limiter.

Car la Révélation ne se fait pas avec des mots. Ce ne sont pas les mots qui convertissent. On peut construire les plus merveilleux systèmes, ça ne sert absolument à rien. La conversion c'est toujours une lumière qui passe par une vie, qui passe par une personne qui, pour un moment, s'efface en Dieu et qui laisse passer sa Présence.

Et les Prophètes ne nous ont pas conduits à Dieu, n'ont pas acheminé Israël vers Dieu parce qu'ils disaient des choses sublimes, mais parce que, à un moment donné, la lumière de Dieu passait à travers leur vie. Mais, ils n'étaient qu'eux-mêmes, aussi grands qu'ils fussent, ils n'étaient pas assez dépouillés d'eux-mêmes pour offrir à Dieu cette transparence absolue qui, seule, pouvait nous révéler la divine Pauvreté. C'est cela : le mystère divin, qui est un mystère de dépouillement, un mystère de Pauvreté, ne pouvait se révéler qu'à travers la Pauvreté infinie de notre Seigneur. (à suivre)

 

Prière : Sainte humanité de Jésus-Christ ! Sacrement de la pauvreté translucide de Dieu ! Créature noble entre toutes ! Jamais n'était apparu sur notre terre une humanité aussi pauvre, aussi dépouillée, incapable de rien posséder et donc de rien limiter ! C'est ainsi qu'à travers Toi la divinité transparaît comme le soleil en plein midi !

A nous qui ne pouvons Le connaître et laisser transparaître qu'en et par cette sainte Humanité, apprends-nous la transparence de Dieu !

Nous te le demandons, Père, par le même Jésus-Christ, sauveur de la véritable image de Dieu dans nos cœurs !

 

... Le sacrement de l'Eucharistie est le sacrement de l'humanité de Jésus-Christ, plus précisément le sacrement de l'offrande parfaite au Père du Fils de Dieu fait homme. Il « contient » le corps, l'humanité, de Jésus-Christ inséparablement unie au Verbe de Dieu, Fils de Dieu, Dieu Lui-même.

Voir Jésus, même pour les apôtres, ne signifie pas voir Dieu. Ils n'ont vu que l'humanité de Jésus-Christ qui est pas Dieu mais la plus noble de toutes les créatures. La foi seule a pu leur faire reconnaître en Jésus la divinité, cette foi , porteuse du bonheur, que justement Jésus ressuscité demande à Thomas.

« Personne n'a jamais vu Dieu ! le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous l'a fait connaître. »

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication. Les contributions doivent porter sur le sujet traité, respecter les lois et règlements en vigueurs, et permettre un échange constructif et courtois. A cause des robots qui inondent de commentaires publicitaires, nous devons imposer la saisie d'un code de sécurité.

Code de sécurité
Rafraîchir