Maurice Zundel, Retraite aux Franciscaines de Lons-le-Saulnier, donnée à Ghazir au Liban du 3 au 10 Août 1959. Suite n°4 de la conférence donnée le samedi 8 Août 1959 à 6 h.30

 

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte :

 

"Ne nous attardons pas à notre passé, ne ressassons pas les péchés que nous avons commis. Ne nous perdons pas dans d'inépuisables examens de conscience. C'est vraiment du temps perdu. C'est maintenant, aujourd'hui, que tout commence et c'est ce qu'il y a de merveilleux, justement, dans l'Évangile : tout commence. Le péché originel, non, c'est le passé. "Heureuse faute qui nous a valu un tel et si grand Rédempteur." Dans le présent, dans le cadeau, dans le don infini que Dieu nous fait en Jésus-Christ, le péché originel devient le thème d'une louange et se change en cri de jubilation. Et la Magdeleine fera de ses fautes la cathédrale de son action de grâces et de son amour.

Il s'agit de commencer.

Et puisque c'est aujourd'hui la fête du Curé d'Ars, nous n'oublierons pas, justement, que dans cet homme si pauvre de moyens humains, si dépourvu de toutes facilités pour apprendre et pour enseigner, dont on a prouvé récemment que ses sermons étaient puisés de droite et de gauche dans des sermonnaires, qu'il mettait bout à bout des phrases et qu'il empruntait de droite et de gauche - et Dieu sait avec quel travail et quelles sueurs, il devait faire cette espèce de rhapsodie - mais ce pauvre texte qu'il avait emprunté dans le misérable sermonnaire, quand il le disait, ça devenait du feu, le feu de la Pentecôte. Il y avait en lui une telle flamme, une telle présence, un tel amour, que tous ces mots étaient consumés par laPrésence qui les animait.

Et on venait du fond de l'Amérique, et on venait des Universités, et on venait de l'Académie et de l'Institut, on venait pour écouter ce pauvre homme parce que ce n'était plus des mots qu'on écoutait, c'était une Présence qu'on recevait, c'était un sacrement vivant qui transmettait le Verbe de Dieu, et tous ceux qui l'ont entendu, tous ceux qui l'ont vu, en ont reçu le ferment d'une liberté qui les a accom­pagnés jusqu'à leur mort ! Et c'est cela qui nous est proposé.

C'est nous que Dieu cherche, et non pas nos dons. Il ne faut donc pas avoir la superstition des oeuvres, la superstition du rôle que nous pouvons jouer. Tout cela littéralement n'existe pas. Il suffit d'exister réellement, il suffit d'aimer et tout est accompli. Et c'est pourquoi sainte Thérèse, lorsque sa santé l'oblige à renoncer aux dures mortifications auxquelles elle s'était d'abord joyeusement soumise, comprend que sa vocation c'est uniquement d'aimer, et elle finit par comprendre qu'elle n'a rien d'autre à être dans l'Église que le cœur de l'Église: " Dans l'Église, je serai le cœur. " Que pouvons-nous désirer davantage nous-même, dans le rayonnement de cette sainteté de cette petite fille et de ce pauvre prêtre de campagne, sinon d'accomplir cette oeuvre d'amour et de garder au fond de nous-même ce désir : " Dans l' Église, je serai le cœur."

(Fin)

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