Le ciel, c'est ici maintenant.

Suite 7 et fin de la 3ème conférence donnée à Londres le 16 février 1964.

Nous ne pouvons pas être chrétiens sans croire en l'homme.

« Il y a dans le Christ, comme vous le voyez, un humanisme admirable, personne n'a, comme le Christ, le sens de la grandeur humaine, personne, comme le Christ, ne croit en l'homme. Vous vous souvenez de ce mot du Père Pio lorsqu'un jeune italien, au cours de ces pèlerinages innombrables, lui dit : « Eh bien ! mon Père, je dois vous avouer que je suis venu ici entraîné par des camarades, je ne le regrette pas, mais il faut que je vous dise que je ne crois pas en Dieu !" A quoi le Père Pio a répondu : " Qu'importe, Dieu croit en vous !"

Dieu croit en vous, Dieu vous fait crédit, et c'est pourquoi il s'est donné totalement, il se donne totalement pour vous. C'est vrai : personne plus que le Christ ne croit en la grandeur de l'homme. Et c'est pourquoi nous ne pouvons pas être chrétiens sans croire en l'homme, sans vouloir passionnément la grandeur de l'homme, et il s'agit d'y travailler de tout notre pouvoir.

Quand nous aurons rendu la vie plus belle et les hommes plus heureux, alors oui, ce sera le Royaume de Dieu, parce que le ciel, c'est ici, maintenant, parce que le temps s'éternise, parce que le visible laisse transparaître l'invisible, parce que l'homme révèle Dieu ou que Dieu, c'est la même chose, se révèle à travers l'homme. Voilà la révolution que nous avons à accomplir et c'est cela que la mystique chrétienne veut opérer en nous.

Il ne s'agit pas du tout de s'envoler dans les nuages, avec les yeux révulsés, comme dans les tableaux de canonisation qui sont de la mauvaise peinture, mais il s'agit, au contraire, par la foi, de voir dans l'homme, au-delà de l'enveloppe charnelle, le sanctuaire de Dieu, le visage éternel.

Et c'est Jésus qui nous le dit : « Il ne s'agit pas de dire Seigneur, Seigneur ! » mais d'accomplir la volonté de Dieu, d'accomplir la volonté de l'amour, qui nous confie toute cette humanité et nous demande de faire naître en chacun la lumière, la paix, la grâce, la jeunesse et la joie en lui révélant Dieu à travers nous, comme un visage d'amour, en faisant apparaître à chacun ce que la liturgie appelle le visage de fête du Christ Jésus.

C'est cela que nous voulons garder de cette journée : nous sommes tous appelés à apporter la Présence divine, à susciter la joie, à être un serviteur de Dieu comme le disait saint François, une espèce de jongleur qui élève le cœur des hommes. C'est cela que nous devons retenir : nous sommes appelés à faire paraître à chacun, au prix du don de nous-même, la douceur du visage de fête du Christ Jésus. » (fin de la 3ème conférence)

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