La Trinité, mystère de la pauvreté de Dieu. 4ème paragraphe.

L'immense différence entre les deux testaments.

Tout est changé, c'est un autre monde, c'est un autre univers, c'est un autre Dieu !

 

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte :

 

« Il faut donc tout repenser, tout revivre dans cette adorable lumière qui s'inscrit d'ailleurs dans le cœur des saints puisque, nous l'avons vu, il n'y a jamais de rencontre authentique avec Dieu qui ne s'atteste, qui ne s'éprouve, qui ne s'affirme dans cette démission, dans cette transparence, dans cette humilité, dans cette pauvreté.

Tout est changé, et on comprend que Pasternak ait ajouté, au texte que nous lisions hier, ait ajouté cette admirable antienne de la Liturgie Byzantine: Dans un cantique pour l'annonciation, "Comme il est dit dans un Cantique pour l'Annonciation, Adam a voulu se faire dieu et il s'est trompé, il ne l'est pas devenu. Et maintenant, Dieu se fait homme pour faire d'Adam un dieu".

On ne peut mieux que ce Cantique pour l'Annonciation nous faire sentir l'immense différence entre les deux Testaments, l'immense différence entre la vision pyramidale d'un Dieu qui est là-haut, là-haut, là-haut, et qui nous écrase de Sa Majesté, ET le Dieu du Nouveau Testament qui est à genoux au Lavement des pieds ! que dans ce rapprochement : Adam a voulu se faire dieu et il ne l'est pas devenu, il s'est trompé, c'était ça pour l'Auteur de la Genèse, le péché originel : il a voulu se faire dieu, il a voulu se faire Dieu. Et c'est ça le crime des crimes, et, dans le Nouveau Testament, c'est ça l'intention fondamentale de Dieu : Il se fait homme pour nous faire Dieu. Ce qui était le péché suprême dans l'Ancien Testament, devient, dans le Nouveau Testament la seule vertu ! "Soyez parfaits comme votre Père est parfait!"

Et pourquoi ? Parce que, justement, dans l'Ancien Testament, l'Auteur de la Genèse imaginait Dieu en hauteur, en hauteur, en hauteur ! et qu'il ne pouvait pas concevoir le péché autrement que comme une usurpation de la majesté divine ! Dans le Nouveau Testament, la grandeur, ce n'est pas la hauteur, c'est la générosité, c'est la générosité. Le plus grand, c'est celui qui se communique le plus, celui qui se communique infiniment, c'est Celui-là qui est la Grandeur infinie, Celui qui donne tout, celui qui se donne toujours et totalement, c'est Celui-là qui est le vrai Dieu et il n'y en a pas d'autre.

On ne connaissait pas dans l'Ancien Testament cette dimension de générosité absolue, et c'est pourquoi on construisait toujours la grandeur dans l'espace, en hauteur. Il faut la construire maintenant en profondeur, en humilité, en charité, en dépouillement, en pauvreté, en don de soi.

C'est un autre monde, c'est un autre univers, c'est un autre Dieu. Et c'est pourquoi, dans le Nouveau Testament, le péché originel, ce n'est pas d'avoir voulu se faire Dieu, mais c'est d'avoir fait de Dieu une caricature, c'est d'avoir imaginé que Dieu était jaloux, qu'il était un propriétaire, qu'il manquait d'amour et de générosité ! C'est cela le péché originel, c'est justement d'en avoir fait ce despote qui défend, qui est jaloux des biens qu'il possède et qui refuse de les communiquer.

A partir de là, oui, l'homme s'était détaché de Dieu puisqu'il avait suspecté Son Amour, puisqu'il ne faisait pas crédit à Sa générosité, alors tout devait suivre : il s'était détaché déjà du Cœur de Dieu et déjà il s'était enfoncé dans ses propres ténèbres.

François, justement parce que il n'était pas théologien, parce qu'il ne construisait pas avec des mots, Dieu merci, ne nous a pas dit toutes ces choses. Il aurait été bien incapable de les dire et, s'il les avait dites, on l'aurait tout de suite condamné, mais il les a vécues, il les a vécues jusqu'au bout, il les a vécues passionnément, il les a vécues jusqu'au martyre des stigmates, après avoir cherché en vain le martyre sanglant. (A revoir après)

Et c'est parce qu'il l'a vécu dans toutes les fibres de son être que l'Eglise, en le canonisant deux ans après sa mort, l'Eglise en le canonisant a canonisé la révélation qu'il est, elle a canonisé cette Pauvreté avec laquelle il s'est identifié et qui est le Dieu Vivant. On pleurerait de joie à méditer ces choses, parce qu'elles sont vraiment inépuisables, inépuisables ...

 

Prière : Dieu, notre Dieu, Dieu qui se fait homme pour nous faire Dieu ! Puissions-nous, comme François, en pleurer de joie ! Dieu, notre Dieu, François a épousé Ta pauvreté ! Rends-nous sensible à son dépouillement ! Apprends-nous comment le vivre dans le monde d'aujourd'hui ! Apprends-nous comment nous servir des innombrables merveilles de notre siècle pour toujours mieux te connaître et faire connaître, pour toujours mieux t'aimer et faire aimer, pour faire découvrir au plus grand nombre les merveilles de ton amour dans le mystère de la Trinité sainte !

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