Suite et fin de la 2ème conférence donnée au couvent des dominicaines de Beyrouth en juin 1965

« Jésus va nous délivrer du faux dieu qui nous asphyxie. Dans la lumière de Sa Croix, nous allons être délivrés dans le Dieu du lavement des pieds, dans le Dieu de la Samaritaine, dans ce Dieu qui est liberté infinie parce qu'il a décollé de Lui-même. Ce Moi Divin, ce "Je est un Autre", c'est la condition de notre liberté, un pouvoir de générosité illimitée. Alors toute la vie va être recréée. La liberté, ce n'est pas de posséder, c'est d'élargir, c'est d'immensifier en ramenant tout à la source divine.

La réponse est dans l'Evangile vécu par le petit pauvre qui a eu le courage d'affirmer que Dieu est pauvreté. Et c'est la seule manière de sortir du moyen âge. Il faut atteindre en nous-mêmes cette pauvreté divine. Cela suppose une réforme radicale de l'éducation axée sur la contemplation. Ne pas vivre dans le bruit que l'on fait avec soi-même.

L'école doit faire apprendre aux élèves à écouter pour qu'on arrive au coeur du silence, alors on entend la voix divine. Il faut donc réformer l'enseignement et d'abord les enseignants. Et, dans la république du travail, il s'agit de savoir si le travail produit des choses ou des hommes. Il s'agit de rendre le travail un instrument d'humanisation avant d'être un instrument de production. La cité du travail serait changée puisqu'on veut faire des hommes.

Il faut que l'Etat soit un instrument d'arbitrage de communautés autonomes mais toutes orientées vers un idéal de liberté et de grandeur humaine. Comme la République des Guaranis où chacun travaillait selon sa capacité (Villes construites dans un Etat confié aux Pères Jésuites entre le Paraguay et l'Uruguay) Il y avait de grandes basiliques, de grandes constructions guaranies, il y avait une Cité guaranie où on vivait le bonheur incontesté puisqu'il n'y avait pas d'argent. Les Jésuites ont joué le rôle de Conseillers d'Etat au sein d'une peuplade qui ne deman­dait que cela.

La société était basée sur l'amour, sur un accord fraternel qui n'a cessé que lorsque la jalousie des colons environnants s'est mêlée de faire disparaître le petit Etat, car lorsqu'on a voulu faire sortir les Jésuites et donner à ces peuplades des propriétés privées dont ils ne connaissaient pas le sens au début, elles sont retombées dans la ruine et maintenant les guaranis sont tombés à l'état barbare. On n'en parle plus et même leur Etat a été englobé par les Etats environnants. La propriété privée les a ruinés.

Si nous voulons sortir du moyen âge, si nous ne voulons pas d'une collision entre le sacré et l'interdit, nous n'avons qu'un moyen : devenir des hommes libres ! et être des hommes libres, c'est entrer dans cette générosité qui est Pauvreté Divine.

Ce sont des hommes libres qui feront des nations libres sur une terre enfin pacifiée » (fin de la 2ème conférence)

Oraison : Dieu Père, infiniment libre de toi ! Dieu Fils, infiniment libre de toi ! Dieu Esprit, infiniment libre de Toi ! Trinité infiniment sainte en laquelle la parfaite liberté est éternellement vécue, et construit éternellement ton être-Trinité !

Apprends-nous comment entrer dans Ta pauvreté, parfaite libératrice de ton être Trinité et du bonheur infinie dont elle te comble ! Apprends-nous cette générosité qui, seule, peut faire de nous des pauvres comblés éternellement de ton parfait bonheur.

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