Suite 5 de la conférence sur le miracle.

Rien dans l'Evangile ne peut nourrir en nous la soif du merveilleux.

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte :

D'une manière ou d'une autre, n'est-ce pas, il faut éviter de penser, il faut éviter absolument de penser que Dieu met le doigt dans l'engrenage. Ce n'est pas possible, parce que Dieu n'a pas de doigt ! Dieu ne peut pas mettre le doigt dans l'engrenage. Il ne veut pas porter l'avion si l'avion capote. Ce qui pourra se passer, c'est que, s'il y a un état de prière, si tous les passagers dans l'avion sont en état de réceptivité, ce qui pourra se passer c'est que le pilote lui-même sera envahi par ces ondes, il sera éclairé par cette présence, il aura les réflexes qu'il faut dans un cas donné pour justement utiliser les dernières ressources de l'avion et éviter ainsi une catastrophe.

Mais il est évident que l'action divine, qui est l'action d'une intimité, qui est l'action d'un sourire, qui est l'action d'un amour, dynamise, met en mouvement d'abord, d'abord les énergies spirituelles, met en mouvement d'abord justement la fine pointe de l'âme, puis s'étend à l'imagination, puis descend dans la sensibilité, c'est-à-dire peu à peu ordonne tous ces rythmes et, finalement, gagne les rythmes de l'univers eux-mêmes qui sont, en quelque sorte, qui est notre corps.

Si nous sortons de la terre, si nous nous nourrissons de la terre, c'est que nous en sommes d'une certaine manière. Nous respirons justement une atmosphère qui se dégage des arbres, qui se dégage de cette prodigieuse chimie végétale qui purifie, qui purifie l'atmosphère en absorbant ‘acide carbonique et en restituant l'oxygène. Nous vivons dans l'univers, mais l'univers aussi vit en nous, vit en nous ! Il y a une réciprocité et il est tout naturel que, si l'univers nous porte à certains égards, nous nourrit, soit par les aliments, soit par les gaz atmosphériques par la respiration, il est naturel que nous puissions, nous aussi, ordonner les rythmes de l'univers et les transformer.

Mais, justement si le saint en est capable, le véritable thaumaturge, celui qui fait des miracles authentiques, s'il en est capable, c'est justement parce que d'abord le passage de Dieu s'est inscrit dans son esprit, dans son cœur, dans sa conscience, dans son amour, dans sa sensibilité, dans son être tout entier, et alors ce rythme, ce rythme divin qui le saisit tout entier va rayonner autour de lui, va pacifier, va remettre en mouvement justement cette circulation divine qui avait pu être interrompue, interceptée par le refus d'amour des autres hommes.

Tout cela est extrêmement important et je crois que ces images sont utiles, elles sont belles d'ailleurs. Elles nous introduisent dans un monde trop peu connu et qui est le monde de la physique contemporaine, comme il est le monde de la psychologie contemporaine. Pourquoi voudrions-nous vivre sur de vieilles notions qui sont périmées ? Ce qui est essentiel, c'est de garder justement cette certitude, cette certitude que le miracle est toujours, et d'abord, le passage de Dieu.

D'ailleurs, notre Seigneur nous a donné la plus grande leçon de sobriété qui soit. Rappelez-vous ce neuvième chapitre de saint Jean qui nous raconte tout au long la guérison de l'aveugle-né : notre Seigneur ne le guérit pas, il l'envoie se laver à la fontaine, il l'envoie se laver à la fontaine de Siloé. C'est là qu'il est guéri ! Jésus lui met de la boue sur les yeux, comme s'il prenait un remède de bonne femme : « Bof, ce n'est rien ce que je fais ! Va te laver à la fontaine de Siloé. " Et l'autre revient guéri.

Comme si notre Seigneur ne voulait pas que l'on fasse du bruit autour de cet événement et, en effet, Il ne le veut pas. Combien de fois revient dans l'Évangile cette consigne ! Notre Seigneur prend le malade à part, le sourd-muet à part ou l'aveugle à part et lui dit, lui interdit d'en parler à personne, comme il interdit à Jaïre d'ébruiter le miracle de la résurrection de sa fille, comme il interdit aux disciples de parler de la Transfiguration. Comme il le dit si souvent, en particulier à hémorroïsse, à la femme qui souffre d'un flux de sang : " C'est ta foi qui t'a sauvée, c'est ta foi . Ce n'est pas parce que tu m'as touché : c'est ta foi. " Et, quand l'officier de Capharnaüm vient le supplier avec la dernière insistance de guérir son fils qui est à la mort, Notre Seigneur dit ce mot qui exprime une telle lassitude : " Si vous ne voyez des signes, vous ne croirez donc pas ! "

Donc rien dans l'Évangile, rien dans l'Evangile ne peut nourrir en nous la soif du merveilleux. (à suivre)

Note (1) : « L'Univers entier est notre corps, et nous dépendons de tout l'Univers par la dépendance de notre terre à tout l'Univers. En un sens nous sommes tout l'Univers. Et tout ce que nous faisons, tout l'Univers en est informé, et en subit les conséquences.

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