Suite 4 de la conférence sur le miracle.

Le dernier fruit de la grâce, c'est l'équilibre ... Le rythme des autres est transformé au contact d'un saint.

Reprise du texte : « Jung d'ailleurs remarque ceci qui est extrêmement sugges­tif : il remarque que chacun de nous projette ce qu'il est lui-même. Il projette ses rêves, il projette ses haines, il pro­jette ses ressentiments. Il voit le monde à travers ses pro­pres yeux et son regard est fait de ses impulsions, de ses pas­sions, de ses refus, comme, heureusement, il peut être fait de sa générosité, de son innocence et de sa pureté.

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte :

Suite du texte : Or, il pense que justement l'état de l'humanité, l'état de la société est fait ou résulte en grande partie de ces projections que chacun de nous émet dans l'atmosphère. " Un homme qui est devenu conscient de cet état, un tel homme sait que tout ce qui va de travers dans le monde agit aussi en lui-même. Si seulement il apprend à traiter comme il convient avec sa propre onde, il aura accompli quelque chose de réel pour le monde. Il aura alors réussi à résoudre au moins une partie, ne fût-elle qu'infinitésimale, du gigantesque problème irrésolu à notre époque.

Ces problèmes sont pour une bonne part si difficiles parce qu'ils sont envenimés par des projections réciproques. Chacun se dit que l'autre est son ennemi, que l'autre lui en veut, que l'autre va l'attaquer et, comme chacun projette sur l'autre la même crainte, le même ressentiment, la même défiance, les relations humaines sont empoisonnées et finalement la guerre éclate et la bombe atomique est lancée. Comment aussi pourrait-on y voir clair sans se voir soi-même ni ces ténèbres qu'on introduit inconsciemment dans toutes ses actions ? "

Donc, il y aurait en nous comme un foyer émetteur d'ondes qui environnent les autres. D'ailleurs le langage courant parle très justement " d'atmosphère ". Chacun de nous crée une atmosphère par sa présence et le mot est parfaitement juste.

Et, si la physique moderne peut répondre à une certaine réalité - remarquez bien que la physique de demain probablement changera, changera considérablement ce tableau - mais enfin il y a certainement quelque chose de vrai, puisque ça réussit. Alors nous pouvons, en tout cas, avoir du corps une vision beaucoup plus subtile, beaucoup plus délicate, et voir dans le corps, avant tout, une sorte de rayonnement qui peut être harmonieux ou dissonant. Ah, Il est bien possible que la grâce divine, certain, à priori, que la grâce divine, si, finalement, elle dynamise, c'est-à-dire si elle vivifie l'être tout entier, il est infiniment probable qu'elle mette en ordre tout cela.

S'il y a des saints déséquilibrés - on peut être saint et déséquilibré, évidemment, m'enfin ce n'est pas l'idéal -, les saints qui sont le plus sympathiques et qui ont le plus d'action sont évidemment les saints parfaitement équilibrés. Et le dernier fruit de la grâce, c'est précisément l'équilibre.

On a dit d'une très grande sainte, sainte Hildegarde, ce mot qui est magnifique pour ce qu'il veut dire, on a dit d'elle qu'elle était " au-dessus de la faiblesse de l'extase ". C'est magnifique, parce que l'extase c'est justement une espèce de dislocation, temporaire, où le corps ne supporte pas le poids de la grâce qui envahit, qui envahit l'être et est mis dans une espèce d'état cataleptique, dans un état de mort parce que justement le choc est trop violent.

Si une âme est assez souple, sous l'influx de la grâce, comme l'était la très Sainte Vierge, elle échappe à l'extase parce que tout son être, justement, tout son être est ouvert au courant de la grâce et y répond spontanément en se laissant pénétrer des pieds à la tête par la lumière et la Présence divine.

On peut bien penser que un saint, parce que son corps est pacifié comme l'était le corps de saint François - rappelez-vous que ce corps était nu, nu au moment de sa mort, mais cette nudité était transfigurée : tout le monde y voyait l'image du crucifié, tout le monde sentait dans ce corps le visage de l'éternité qui l'envahissait et qui faisait de cette mort une apothéose - donc, il est certain qu'un saint qui a réalisé jusqu'au bout le règne de la grâce en lui, où la grâce s'affirme jusque dans les dernières fibres de l'être, est un être prodigieusement équilibré qui porte autour de lui le rayonnement de cette harmonie, et il déclenche une atmosphère, une atmosphère qui ordonne, qui pacifie, c'est-à-dire que le rythme des autres est transformé à son contact, alors il est facile de prolonger cette image et de concevoir que précisément c'est à travers des rythmes qui sont eux-mêmes ordonnés par la grâce, où le passage de Dieu s'inscrit d'une manière éclatante, mais c'est à partir des rythmes semblables que s'accomplit une guérison, si vous le voulez ou tout autre événement visible. (à suivre)

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