Suite 5 de la conférence donnée à Ghazir le 7 août 1959.

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte :

"Et ce que je dis de la confession, du Sacrement de Pénitence vaut évidemment, evidemment de l'Extrême-Onction qui en est le complément.

Car vous savez que les sacrements vont par couples : le Baptême et la Confirmation, qui constituent les sacrements de l'initiation et qie étaient donnés primitivement d'ailleurs immédiatement l'un après l'autre ; la Pénitence et l'Extrême- Onction, qui sont les sacrements de la restitution de la grâce perdue ou diminuée par notre faute ; et l'Ordre et le Mariage qui concernent la sanctification de l'organisme social. L'Eucharistie est hors pair, parce que l'eucharistie étant le foyer, la source de tous les sacrements et, au fond, l'unique sacrement dont tous les autres préparent l'accès ou bien attestent la fécondité, attestent et communiquent la fécondité.

L'Extrême-Onction doit être aussi envisagée dans cette lumière, et ceci est d'une immense importance parce que il ne s'agit pas de faire le siège d'une âme jusqu'à ce que, de guerre lasse, elle accepte l'Extrême-Onction, il s'agit qu'elle y voie, dans l'extrême-onction un don qui est fait à toute la communauté. Justement, c'est cela le miracle de l'Amour.

Comme le tout petit enfant, avant l'âge de raison, bien avant l'âge de raison, pouvait être une source de grâce pour toute la communauté, le mourant - et dans sa mort même, et par sa mort même s'il en fait un acte d'amour - peut devenir une source de vie pour toute la communauté.

Et c'est, n'en doutons pas, le sens de l'Extrême-Onction, c'est de faire des derniers moments de la vie et de faire de la mort même un acte de vie, un acte universel, un acte catholique, un acte apostolique, une offrande d'amour accomplie pour le monde entier.

C'est tout autre chose que de terroriser le mourant ou, comme on dit vulgairement, de " lui cirer les bottes " pour qu'il soit en état de paraître devant Dieu. Mais non, mais non ! C'est tellement plus beau, et c'est tellement plus grand. C'est toujours, dans la lumière du mystère de la Rédemption que nous avons à assimiler pour le monde entier, c'est toujours, dans la mort comme dans la naissance, rencontrer Jésus, se dévêtir de soi, revêtir le Christ, non pas en le ramenant à soi et à ses dimensions, mais au contraire pour le donner et le communiquer au monde entier.

Il est évident que à quelqu'un qui hésite à communier, qui hésite à recevoir le sacrement des malades, il sera plus facile de le persuader si on l'invite à communier non pas pour lui mais pour les autres, et à recevoir le sacrement des malades pour les autres malades, non pas pour lui, mais pour tous ses frères dont il a la charge et à travers lesquels, il va rencontrer, comme François dans son frère le lépreux, il va rencontrer personnellement Jésus-Christ.

D'ailleurs, n'insistez pas, n'insistez jamais auprès des malades. N'insistez jamais. Insistez, insistez ,avec votre amour, insistez par votre amour silencieux, insistez, oui, à être toujours davantage le sacrement de la Présence et de la tendresse divine, mais n'insistez pas pour obtenir un geste. Vous risquez de durcir le malade et de l'amener à un refus formel, d'ailleurs de quelque chose qu'il ne connaît pas. Dès que vous sentez que il y a une réticence, retirez-vous. Redoublez d'amour, de charité et de bonté et le geste mûrira s'il doit mûrir. S'il ne mûrit pas, ça ne fait rien... ça ne fait rien. L'intention, l'intention, votre intention sera un Baptême pour ceux qui ne sont pas baptisés, sera une communion pour ceux qui ne communient pas, sera une Extrême-Onction pour ceux qui ne la reçoivent pas, parce que, finalement, c'est ce rayonnement personnel du Christ à travers vous qui sera la plus profonde et la plus décisive révélation. Et si une âme commence à s'ouvrir à travers vous, elle aura virtuellement le désir de tous les sacrements et, si elle les connaissait, si elle les connaissait, elle les recevrait tous dans l'ordre où ils sont proposés à toute âme vivante.Si elle ne les demande pas, c'est qu'elle ne les connaît pas. Comme disait la malade : " Je te pardonne parce que tu ne sais pas... parce que tu ne sais pas. "

C'est ça, l'immense majorité des hommes ne savent pas. Il suffit que nous sachions pour eux et, si nous sommes un viatique d'amour auprès d'eux, soyez sûrs que la grâce sacramentelle qui passe par vous les atteindra même si ils n'accomplissent pas le geste par ignorance et par manque de maturité". (à suivre)

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