Balbutiements.

Je lis et relis le long texte « sité » hier et vous invite à faire de même. Quel est celui parmi nous qui ne se demande pas parfois si vraiment tout ça, tout ce qu'on nous a appris, même avec Zundel, est bien vrai, est bien réel. D'abord parce qu'en saint Jean, dès le début de son évangile, nous apprenons que « Dieu, personne ne l'a jamais vu ! », personne n'a jamais pu même l'expérimenter, tellement il est d'un ordre différent du nôtre (cf. la conférence qui sera « sitée » demain). Si personne n'a jamais vu Dieu, personne ne peut même seulement être assuré qu'Il existe.
Ajoutez à cela le développement inouï de la science ces dernières décennies, même depuis seulement la mort de Zundel : la lecture d'un seul numéro de « Science et avenir » nous en convainc facilement, même si comme moi vous n'en comprenez qu'une partie minime. On peut être séduit, fasciné ! on n'a plus besoin de Dieu, on peut être pris tout entier et tout le temps par ce qu'on y découvre.
E., une très grosse tête, E., plus de 70 ans maintenant, avec un fils qui n'en a que huit, un enfant doué d'une mémoire prodigieuse et qui a l'art de faire perdre patience à son père tellement il lui pose de questions, E. faisait avant hier devant moi le constat de l'indifférence généralisée de la jeunesse actuelle quant au christianisme, il voulait y voir au moins un ébranlement de tout ce que le christianisme nous a appris, peut-être bientôt cela, du moins pour lui, n'aura-t-il plus guère de sens ! Zundel serait-il écouté aujourd'hui s'il redonnait dans une université les conférences qu'il a données il y a 75 ans à la catho de Lille ?
« Dieu, personne ne l'a jamais vu ! » Saint Jean ajoute immédiatement : « le Fils qui est dans le sein du Père nous l'a fait connaître ! ». Oui, mais aujourd'hui on met en doute la résurrection de ce Fils, et donc tout son message, preuves à l'appui ! Je ne parle pas ici de Jacques Duquesne, finalement journaliste assez simple d'esprit, mais de scientifiques, du moins prétendus tels ..
Les développements de Zundel dans la conférence d'hier sont inhabituels aujourd'hui. Il ne s'y agit plus de ce qu'on voit mais de ce qu'on ré-fléchit. Newman n'est pas un auteur à la mode.
Si personne n'a jamais vu Dieu, tout le monde peut voir l'homme, et, si l'homme est créé (et racheté) à l'image et selon la ressemblance de Ce Dieu inconnaissable, on peut donc tout de même connaître quelque chose de Lui en apprenant à connaître quelque chose de l'homme. D'où l'importance de connaître ... l'homme, d'avoir un nouveau, un autre regard sur l'homme que nous n'avons pas si nous ne cultivons pas notre « pensoir ». Ce que beaucoup de jeunes d'aujourd'hui semblent ne plus pouvoir faire.
A partir de la contemplation de l'Univers l'homme peut déjà avoir connaissance au moins de ce que Dieu existe, mais il est appelé à aller beaucoup plus loin dans sa pensée à partir de ce que Jésus-Christ nous a fait connaître de Dieu.
La plupart des hommes, même chrétiens, n'ont peut-être jamais eu qu'une connaissance notionnelle de Dieu ! la connaissance qui vient de l'assentiment à ce que nous révèle Jésus-Christ n'est pas le fait du plus grand nombre. On en reste facilement à cette connaissance notionnelle que nous ont donné les catéchismes. Si les enfants, et les adultes ! sont catéchisés par une personne qui vit de sa foi, il en restera certainement beaucoup plus que cette connaissance notionnelle. Au catéchisme il faudrait apprendre au moins quelque chose de la « grammaire de l'assentiment ».
Dieu existe-t-il réellement ? La conviction dans ce sens ne peut provenir que de ce qu'on a développé notre pensoir sur l'homme ET de ce qu'on s'est engagé vis-à-vis de Dieu.
On tentera de mieux développer, de reprendre ce qui précède, lorsqu'on aura « sité » toute la série, assez brève dans la transcription qu'on en a, de la retraite donnée par M. Zundel aux étudiants de la catho de Lille il y a 75 ans. (à suivre, à reprendre)

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