Ebauche d'homélie pour le 30ème dimanche. Personnel.

Il se peut qu'une précision, essentielle, ne soit pas toujours donnée dans l'Eglise quand on lit cette page d'Evangile. Les deux commandements sont présentés par Jésus comme dépendants l'un de l'autre puisqu'il précise bien que le second est semblable au premier, cela veut dire qu'aimer le prochain est une façon d'aimer Dieu, sans doute la plus importante.
On s'imagine trop facilement et rapidement qu'aimer Dieu va consister à le prier, à le louer, à le bénir, ce qui bien sûr est une excellente chose mais qui ne l'est plus du tout si l'amour du prochain et dans la mesure où le véritable amour du prochain n'est plus vécu.
La prière des moines, qui, apparemment, du fait de leur clôture, ne peuvent plus guère s'occuper effectivement du prochain, la prière des moines est leur façon d'aimer leur prochain (avec l'accueil, si important, au monastère), leur prochain est l'humanité entière au nom de laquelle et pour laquelle ils offrent au Seigneur la louange et la prière de l'Eglise, et cette prière constante est capitale dans l'Eglise.


Jésus ne nous dit pas simplement : il y a deux commandements, celui de l'amour de Dieu et puis celui de l'amour du prochain, il nous enseigne en même temps la similitude entre ces deux commandements, à tel point qu'il est impossible de pratiquer l'un sans pratiquer l'autre. Il n'y a pas d'amour véritable de Dieu qui n'inclue tous nos prochains, et il n'y a pas d'amour véritable du prochain qui n'inclue l'amour de Dieu.
La sœur Emmanuelle, qui s'est faite le prochain d'innombrables malheureux de par le monde entier, en a nourri sa prière. Un moine fervent et fidèle à sa vocation fait la même chose mais d'une autre façon.
On a pu s'étonner que dans la prière de l'Eglise, plus précisément dans les oraisons liturgiques, cette double dimension de la prière ne soit pas suffisamment exprimée, qu'elle soit trop lisiblement la demande de la jouissance des biens éternels pour celui qu en fait la demande, peut-être un jour réformera-t-on, osera-t-on réformer, cette prière pour y exprimer plus visiblement et lisiblement la réponse à l'appel de l'humanité entière dont chacun de nous est un membre en relation avec tous les autres comme dans un corps tous les organes sont reliés vitalement les uns aux autres.
Et Jésus ajoute : tout ce qui est dans la loi et les prophètes, tout ce qu'il y a dans l'Ecriture dépend de ces deux commandements. Ils ne sont pas dits pour illustrer l'Ecriture et en être la conclusion, mais c'est d'eux, de leur pratique, que dépend toute connaissance de l'Ecriture, toute connaissance de la parole de Dieu dans l'approfondissement de laquelle notre Pape veut nous conduire. L'Ecriture entière, Nouveau comme Ancien testament, dépend de ces deux commandements, ce qui veut dire que, si notre connaissance de l'Ecriture ne conduit pas à la pratique des deux, elle n'est pas vraiment

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication. Les contributions doivent porter sur le sujet traité, respecter les lois et règlements en vigueurs, et permettre un échange constructif et courtois. A cause des robots qui inondent de commentaires publicitaires, nous devons imposer la saisie d'un code de sécurité.

Code de sécurité
Rafraîchir