L'urgence d'une nouvelle lecture de la parole de Dieu adossée à une meilleure connaissance et à un meilleur vécu de la mystique chrétienne. Personnel. (lire d'abord le premier texte "sité" ce même jour.)

Aujourd'hui Benoit 16 nous redit l'exigence de l'annonce de la Parole de Dieu. Je crois que la fréquentation régulière de la pensée mystique de M. Zundel est une façon très heureuse de répondre à cet appel. Si Zundel, du moins dans les textes qu'on a gardé, en cite un peu toujours les mêmes passages, cela ne veut pas dire qu'il n'en connaisse pas beaucoup d'autres, de très nombreuses références, par exemple dans les essais de catéchisation qu'il a écrit, en sont la preuve.
Tous les développements zundéliens viennent certainement d'une longue et profonde pénétration des textes saints, qui reste inhabituelle chez l'ensemble des chrétiens.
On peut lire dans « la Croix » du 6 octobre dernier « Il y a aujourd'hui une soif de la parole de Dieu, nous dit sœur Elisabeth, moniale dominicaine, ... le synode serait un échec s'il restait au niveau des petites recettes, j'ai envie d'un souffle adressé à tous, non seulement aux évêques ou au monde ecclésiastique ! qu'on s'élève un peu, qu'on approfondisse, que le synode transmette un message fort : que la parole est fondamentale et qu'elle est source de vie.
... Il faut le dire et le redire, insiste sœur Elisabeth, trop souvent la parole de Dieu reste celle de la Messe, découpée par petites tranches dans des lectures que beaucoup ne comprennent pas. ... »
... Benoît 16 redit l'urgence de l'annonce de la parole : « Dans une homélie aux accents sévères, ... le pape a repris ce cri de saint Paul : « Malheur à moi si je n'annonçais pas l'évangile ! » Annoncer l'Evangile et la parole de Dieu est plus que jamais urgent, a-t-il martelé. »
Oui, mais concrètement, que devons-nous faire de nouveau ? je pense de plus en plus que l'étude et l'annonce de la parole de Dieu doivent s'adosser à une connaissance et à un vécu de la mystique chrétienne, de son histoire, de la façon de la vivre aujourd'hui, et qu'il est tout autant urgent de faire connaître cette mystique.
Vous savez que très longtemps, et pour des raisons, quelques-unes tout à fait raisonnables, l'Eglise s'est méfié de la lecture de la Bible, allant même à certaine époque jusqu'à en interdire la lecture aux chrétiens ! Eh bien il y a encore dans l'Eglise une méfiance semblable, peut-être plus grande encore, quant à la mystique chrétienne, et il est urgent aujourd'hui qu'elle s'en défasse en s'en expliquant clairement, sans quoi la lecture de la Bible peut garder quelques-uns des inconvénients repérés jadis.
Pour bien nous comprendre il faut nous rappeler de la lamentable, encore récente, condamnation de Zundel, proclamé comme hérétique ! par des « docteurs » au Portugal et en Espagne : ils s'étaient arrêtés à quelques expressions peut-être malheureuses dans mon livre « un autre regard sur l'Eucharistie », sans être capables de les expliquer et comprendre par tout le reste du livre. Les deux thèses condamnant Zundel ont certainement eu un effet désastreux à Rome, et ont pu facilement entretenir la méfiance vis-à-vis des mystiques et particulièrement de Zundel.
Une lecture de la parole de Dieu adossée à l'intelligence profonde de la mystique chrétienne ne se base et ne se fonde que sur la parole de Dieu lue et comprise de façon à la fois toujours nouvelle et ancienne, et susceptible d'un développement de sens jusqu'à la fin des temps.
Savez-vous, ce qu'ignorent totalement, entre autres les témoins de Jéhovah et tous les fondamentlistes qui se disent chrétiens, savez-vous qu'aucun verset de la Bible ne peut être connu et bien saisi que si on connaît la Bible toute entière ? ce qui ne peut être le cas que de l'Eglise. D'où l'importance de la lire dans l'Eglise et de se référer à cette intelligence plénière qu'elle seule peut avoir. Ce qui ne veut pas dire, soit dit encore une fois, que cette intelligence profonde des livres saints ne soit pas susceptible, jusqu'à la fin des temps, de développements nouveaux.
Il faut le redire ici : si j'apprécie toujours davantage l'enseignement de M. Zundel, c'est pour deux raisons : la première, c'est parce qu'on peut le situer en amont de toutes les divisions qui ont marqué tristement l'histoire de l'Eglise, et qu'en fait cet enseignement est reçu aussi bien par les protestants que par les catholiques. La deuxième, c'est que c'est Zundel seul, du moins à ma connaissance, qui apporte un enseignement capable d'ébranler au moins les croyances de nombreux philosophes contemporains, je pense à Comte-Sponville et à Luc Ferry mais il y en a bien d'autres : ils ont distillé dans l'intelligentia contemporaine, une sorte de doute généralisé quant au contenu de la foi chrétienne, et leur renom donne grand poids à leurs développements ! Ajoutez à cela les bétises répandues à tout vent par un journaliste, que d'aucuns considèrent presque comme un père de l'Eglise ! Jacques Duquesne, lui véritablement hérétique puisqu'il rejette catégoriquement la virginité de Marie déclarée dans son livre sur elle « mère de famille nombreuse ! » ... (à suivre)

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