Dieu est impassible et passible. Ne vous croyez pas obligé de lire ce qui suit.

L'impassiblité de Dieu a été définie par un concile de Constantinople, a objecté un visiteur du site à l'un de mes commentaires. Je ne la conteste pas et y croit de tout mon cœur. Simplement je pense qu'il ne faut pas en rester là, parce que l'Eglise a toujours cru que, lorsque Jésus souffre et meurt, c'est Dieu qui souffre et meurt, ce que je ne conteste bien sûr pas non plus. Si ces deux vérités et réalités semblent s'opposer, je pense que cette opposition n'est telle que dans la pensée des hommes et non au niveau de la pensée du Dieu qui transcende la nôtre, niveau auquel elles sont certainement compatibles. Il faut sans doute en rester là.
Il n'en est pas moins conforme à la vérité de Dieu, du moins pour moi, que Son éternité ne dure qu'un instant et que, dans cet unique instant, qui est éternel, Dieu a une très, très longue histoire. Je pense qu'il est héroïque pour Dieu d'être Dieu, en un sens de le devenir tout au long de cette histoire, et que dans cet unique instant Il devient parfaitement ce qu'Il est éternellement, et que, dans ce devenir et en son intérieur, il y a toute l'histoire de larmes et de sang, de morts et de résurrections, de l'homme qui est d'abord histoire de Dieu avant d'être celle de l'homme, et en même temps qu'elle l'est.
Du côté de Dieu toutes les étapes de cette histoire sont contemporaines dans cet unique instant de l'éternité divine, de notre côté elles ont besoin d'une durée très, très longue pour s'accomplir l'une après l'autre. Dieu en est l'opérateur invisible, le premier opérateur, mais il ne peut rien faire sans l'homme.
Au centre de cette histoire, mais aussi dès son commencement et jusqu'à sa fin, Jésus-Christ advient, et au centre de ce centre il y a Sa passion-mort-résurrection-Ascension, session à la droite du Père et don de l'Esprit.
Je crois qu'il faut en rester là, et donc pas seulement à un concile de Constantinople déclarant l'impassibilité divine comme faisant partie de notre foi. Les développements des mystiques chrétiens ont tenu, tiennent et continuent de prendre une place capitale, toujours plus importante, dans notre histoire. La vérité du christianisme ne peut être assimilée authentiquement que mystiquement.
Je pense qu'il n'y a pour nous aucun moment où Dieu pourrait être situé indépendamment et infiniment avant la création de l'Univers et de l'homme. Dans ce sens saint Paul parle de Dieu qui nous a choisis avant même la création.
Je pense aussi, et surtout, qu'il ne faut pas en rester longtemps à ce genre de développements qui n'a rien à voir avec l'essai de M. Zundel de pénétration en la mystique trinitaire chrétienne, et m'excuse donc de le présenter ici.

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