Suite 2 de la 3ème conférence donnée au Cénacle de Paris le 2 février 1975.

L'art a trouvé comment exprimer l'Infini, l'artiste arrive à traduire cet Infini... L'Univers disloqué par le péché attend la révélation de la gloire des fils de Dieu.

« L'art, bien sûr aussi, avant même la science, l'art a trouvé dans un matériau sensible, dans la couleur, dans le trait, dans la figure, dans la forme, dans la disposition des volumes, l'art a trouvé dans l'harmonie des sons, à exprimer l'Infini, et nous savons avec quelle plénitude il peut le faire.

Il y a des musiques qui nous atteignent jusqu'au fond de l'être, qui nous mettent immédiatement en état de silence et d'émerveillement, qui nous guérissent en quelque sorte instantanément de nous-mêmes en tournant notre regard vers cette 'beauté si antique et si nouvelle' qui ravissait le cœur de Saint Augustin.

L'artiste donc, dans ce contact avec l'univers, ne s'enlise pas dans ses limites, mais au contraire arrive à traduire, grâce à la disposition même de son matériau, cet Infini qu'il pressent et auquel il voue toute sa vie.

Vous ne pouvez pas vous mettre en face de Notre-Dame de Paris sans ressentir immédiatement cet équilibre prodigieux de la verticale et de l'horizontale, cette cathédrale qui est plantée dans le sol mais qui jaillit vers le ciel. Il suffit de cet équilibre de l'horizontale et de la verticale pour suggérer d'une part cet enracinement terrestre et d'autre part cette élévation vers le ciel.

Enfin, toute ligne architecturale, toute ligne picturale ou sculpturale, porte la vie, comme disait un poète, porte la vraie vie, celle que nous reconnaissons au-dedans de nous comme jaillissant en Vie éternelle.

Quand Keats écrit ce vers:

"Alors glissa parmi les feuilles sans bruit un faible bruit né du soupir même que le silence exhale..."

Nous sentons immédiatement comment ce murmure des feuilles a été pour lui la révélation d'une présence, d'une musique silencieuse, comme dit Saint Jean de la Croix, qui est un autre nom de Dieu.

Il n'y a pas de doute que l'homme en face de l'univers, quand il n'est pas volontairement une brute, s'éveille à l'admiration, à la connaissance qui est une sorte de nouvelle naissance de l'univers en lui et de lui dans l'univers.

Saint Paul ira plus loin en montrant que cet univers disloqué par le péché attend la révélation de la gloire des fils de Dieu, gémit précisément dans cet espoir d'une résurrection, il l'accomplira dans la ligne de Dieu à travers une humanité réconciliée avec Dieu. »

(À suivre)

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