Dimanche 18 mai, dimanche de la sainte Trinité. Il n'y a de vie éternelle qu'en participation à ce qui fait que Dieu est Trinité, qu'en entrée dans ce mystère, il n'y a pour aucun vivant d'autre mode de vie éternelle.

En ce dimanche on ne peut que redire notre espérance que ce mystère, fondateur du christianisme en même temps que la résurrection du Seigneur, soit davantage connu, vécu et expérimenté, et célébré solennellement, par le plus grand nombre des chrétiens. Il l'est déjà chaque fois qu'un chrétien se signe au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il va devenir de plus en plus nécessaire que cette « signation » soit faite par la plupart dans une grande conscience, jusqu'au fond de nous-même, de ce qu'entraîne pour chacun de nous cette réalité d'un Dieu Père, Fils et Esprit, d'un Dieu éternellement vivant parce qu'Il est Père, Fils et Esprit.

C'est un point central de la mystique zundélienne que la façon des relations entre les personnes divines devant devenir celle de notre relation à Dieu et aux hommes. Notre façon d'entrer dans le mystère de la sainte Trinité sera d'abord et surtout la pratique d'une relation avec Dieu et avec les autres semblable à celle des Personnes divines en la sainte Trinité. De même que chaque personne divine n'est elle-même que dans le vécu de sa relation aux deux Autres, de même l'homme ne devient et n'est lui-même que dans l'imitation de cette façon. Parce que nous ne sommes authentiquement nous-même, parce que nous n'existons véritablement que dans le vécu de notre relation à Dieu et à l'homme en ressemblance de l'éternelle relation de chaque Personne divine à l'Autre divin. L'homme est créé à l'image et selon la ressemblance du Dieu Trinité, il ne peut vivre cette ressemblance que dans le vécu de cette relation.

C'est une relation de désappropriation de soi, alors que, de par notre nature marquée par un mystérieux péché de notre origine, nous n'aimons d'abord que nous différencier des autres en affirmant et vivant un moi que nous n'avons aucunement choisi, un faux moi d'être. Nous ne sommes différents des autres, chaque homme n'est unique que dans le vécu de sa relation à Dieu découvert en tout autre humain.

On dit souvent que la désappropriation de soi entraîne l'oubli de soi, ce n'est sans doute pas tout à fait juste puisque, en se désappropriant de soi, en réalité on commence à devenir soi selon le soi éternel de chaque personne divine.

Les trois vœux de consécration religieuse dans l'Eglise constituent trois façons de cette désappropriation, de même que le critère selon lequel l'Eglise déclarera la sainteté d'une personne sera aussi celui de sa désappropriation de soi.

On aime voir dans le mystère de la Trinité celui d'un surgissement éternel et d'un jaillissement éternel : éternellement le Fils surgit du Père dans l'être, et l'Esprit jaillit lui même dans l'être de l'Un et de l'Autre, plus précisément jaillit de la génération, de la naissance éternelle du Fils qui naît du Père. Comme la flamme il ne peut être qu'en se communiquant.

On n'aura jamais fini en éternité de vivre et comprendre ce mystère, mais il ne s'y agit nullement de le comprendre avec son intellect, on ne le comprend qu'en le vivant, qu'en étant introduit à l'intérieur de ce mystère (d'un Dieu qui n'a pas d'extérieur) pour vivre ce qui éternellement le constitue et construit. Cela doit être possible à chaque instant de notre vie...

(À suivre, à reprendre)

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