Suite et fin de la dernière conférence donnée à Bourdigny en août 1937.

La vie chrétienne consiste à « dire » le Verbe de Dieu, à Le donner à toute créature, à donner Celui qui est né de nous.

Reprise du texte : « La vie ne peut être que maturation. Ce serait folie de vouloir moissonner avant que le grain n'ait germé. Il faut vivre en l'appel de cet instant même, dans la grâce de cet instant, c'est tout ce qui nous est demandé, tout ce que nous pouvons donner. »
Suite : « Je sais bien que des milliers de tentations vous attendent déjà sur le seuil de la chapelle ! nous aurons des défaillances encore, mais tant que nos fautes sont ce qu'elles sont, des fautes de fragilité, de découragement, qu'elles ne sont point des fautes de mauvaise volonté et que nous ne canonisons pas notre égoïsme, elles ne nous séparerons pas de Dieu.

Aussitôt que nous devenons conscients d'une faute, regardons vers Lui, pour retourner à Lui avec toutes nos puissances d'amour.
Nous savons bien qu'il nous attend comme une mère, et qu'un seul regard de notre esprit vers Lui suffira à nous rendre notre inno­cence. Il n'y a qu'une seule impureté, c'est ce regard sur nous-même, ce regard de possessivité, et il suffit que nous nous retournions vers Dieu, que nous adhérions à Lui, pour être purs fondamentalement, pour qu'il s'empare de nous et fasse irradier dans toutes les fibres de notre être cette Lumière qui est Sa Présence en nous.
Tout sera bien si nous tenons à Lui, si nous nous insérons chaque matin dans Sa Vie par la divine liturgie, et si, tout le long du jour, nous vivons ce "Dominus vobiscum" par lequel le prêtre, ouvrant ses bras et son coeur, donne mieux que lui-même : le Seigneur. »
Quelle merveille que nous puissions donner le Seigneur comme s'il naissait de nous, si vraiment Il est né de nous ! "Dominus vobiscum" Eh bien, gardez cette salutation de la divine liturgie comme la lumière de ces jours. Vous entrez, vous aussi dans votre Messe, vous entrez dans votre mission, dites : "Dominus vobiscum" à toute créature. Ouvrez votre coeur et vos bras, donnez ce qui est né de vous, le Sei­gneur qui veut Se donner par vous.
Quelle merveille ! Vous n'en pouvez plus, vous êtes écrasées par vos propres difficultés, par vos tentations, par vos inquiétudes, vous ouvrez les bras et le coeur et sur cette créature que vous rencon­trez, vous dites : "le Seigneur est avec vous". Parce que vous êtes dépassées infiniment, parce que tout ce qui vous concerne passe au second plan, vous comprenez qu'il n'y a pas autre chose à faire, en effet, que d'ouvrir les bras et le coeur, et de dire : "Dominus vobiscum"
Vous ne le direz pas avec des mots, mais avec tout le charme de votre sourire, toute la tendresse de votre regard. Vous le direz parce que vous croyez, parce que vous en êtes remplies et qu'au fond vous ne voulez qu'une chose, c'est qu'Il soit, qu'Il soit reçu, qu'Il règne.
Quand vous chanterez ce Cantique du Verbe, vous oublierez votre misère, vous oublierez dans ce don tout ce qui vous semble pénible, vous sentirez dans ce don que votre vie n'est pas stérile, mais féconde infiniment de cette fécondité virginale.
Eh bien, que ce soit votre seul propos maintenant, de garder en vous cette "diction" du Verbe, de chanter sur vos lèvres ce Cantique du Verbe, de chanter sur vos lèvres ce chant du Verbe :
" Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu et Il est venu chez les siens et les siens Le reçoivent."

Fin de la série de conférences données à Bourdigny.

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