Personnel. (balbutiements)

« Ce qui nous est demandé en premier, c'est cet acte de démission totale. Ceci est tellement important. Tant que nous aurons de la défiance, nous ne serons pas face à Dieu mais face à une idole. » (texte « sité » hier).
On en vient à se demander si l'immense majorité des hommes ne « cultivent » pas Dieu comme une idole ! Plus encore, si tous les hommes ne commencent pas nécessairement leur première approche de Dieu par un culte idolâtrique, de même d'ailleurs qu'il se peut que la dévotion à l'Eucharistie soit elle-même, le plus souvent ?, idolâtre. Ce qui ne veut pas dire que ce culte n'ait pas de sens ni ne soit salvateur.
Mais alors qu'est-ce qui caractérise un culte non idolâtrique de Dieu ? Notre culte n'est plus idolâtrique dans la mesure où nous ne voyons plus notre Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, comme extérieur à nous : « Dieu est un pur dedans », dira Zundel, « Dieu est esprit », dira Jésus à la samaritaine, ce sont deux affirmations équivalentes, et essentielles.

La conception de Dieu comme extérieur à l'homme nous est tellement naturelle, parce que nous sommes notre corps , et notre âme, tout autant que notre esprit, que l'on trouve même dans les prières eucharistiques très anciennes des expressions qui tendent à nous faire penser l'offrande parfaite de Jésus comme extérieure à la nôtre : «Nous t'offrons ce sacrifice pur et saint » (1ère prière eucharistique)
Bien sûr notre Dieu quand Il s'incarne semble bien devoir être lui-même extérieur à nous, mais en réalité c'est seulement l'humanité qu'Il prend en Jésus-Christ qui est d'abord extérieure à nous, une Humanité qui est une créature, qui a commencé d'exister dans le sein de Marie, c'est seulement cette Humanité, qui n'est pas Dieu, qui apparaît d'abord extérieure à nous ! mais même cette Humanité lorsqu'elle sera ressuscitée et montée au cieux peut être vue, doit être vue comme intérieure à nous, et désormais incapable d'aucune extériorité. Son Corps est devenu purement spirituel, purement esprit, ce qui permet sa session à la droite du Père. Et si nous croyons à la pure intériorité du corps ressuscité de Jésus, nous croyons en même temps à la pure intériorité de sa présence, tout à fait réelle, en l'Eucharistie : l'Eucharistie est adaptée, si l'on peut dire, à notre intériorité, ce pourquoi sa présence est attachée à une nourriture, déjà signe elle-même de cette intériorité puisque la nourriture n'est telle que comme devant entrer à l'intérieur de notre corps même pour qu'il l'assimile. Jésus ne s'incarne pas par exemple dans une pierre précieuse !

Un culte idolâtrique de Dieu, de l'Eucharistie ? Zundel parlera souvent de ce culte idolâtrique. Au sujet duquel on peut dire même que Jésus s'incarne pour le faire disparaître du coeur de l'homme, comme il veut le faire dans le coeur de la samaritaine.
Cela ne met nullement en question l'adoration du Saint Sacrement mais cela la situe dans son vrai sens : il ne s'agit pas d'adorer Jésus comme extérieur à nous, mais bien Jésus s'offrant à nous comme notre nourriture essentielle, comme nourriture de notre « spiritualisation », de notre intériorisation, sans laquelle il n'y a pas de vie éternelle.
Certains seront déçus, ils auraient mille fois préféré que le bonheur du ciel soit le même, en infiniment plus et mieux, que celui que nous apportent toutes les petites ou grandes joie liées à notre corps (l'Islam le promet). Cette déception provient de ce qu'on n'a pas encore vraiment fait l'expérience de la joie spirituelle, voire de l'extase qui dépasse infiniment tout plaisir charnel, celle par exemple de Saint Paul s'exclamant (en la 2ème lecture du dimanche dernier 24 août) devant la profondeur de la pensée de Dieu.

(à suivre ? à reprendre ?)

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication. Les contributions doivent porter sur le sujet traité, respecter les lois et règlements en vigueurs, et permettre un échange constructif et courtois. A cause des robots qui inondent de commentaires publicitaires, nous devons imposer la saisie d'un code de sécurité.

Code de sécurité
Rafraîchir