Développements inédits : ont-ils vraiment un sens et sont-ils utiles ?

On n'exagérera jamais l'infinie petitesse de l'homme de même qu'on n'exagérera jamais l'infinie grandeur de l'Univers. Un atome dans le microscope le plus performant pourra sembler couvrir un immense espace... et les observations les plus puissantes ne découvriront jamais qu'une infime partie de l'Univers. Pascal avait déjà l'intuition des deux infinis. La science moderne n'a apporté aucun démenti à cette intuition. Bien au contraire puisqu'elle arrive maintenant à les représenter de sorte que l'infinité de ces deux infinis apparaisse plus infini encore, infiniment au-delà de l'inimaginable.

Mais l'on ne devrait se complaire en de pareilles réalités que si l'on a commencé à pénétrer en le mystère trinitaire, que si l'on a commencé à voir comment On ne dira pas que Dieu se crée Lui-même parce que cela laisserait supposer qu'Il existe avant d'être, on parlera d'un vide créateur de toutes choses avec quelque " chose " qui lui ressemble dans la façon de l'éternel surgissement-jaillissement du Dieu Trinité.(Car Dieu n'est éternellement que surgissant, le Fils naissant du Père, ET jaillissant, l'Esprit jaillissant de l'Un et de l'Autre)

Eternellement Dieu aime agrandir infiniment l'infiniment petit, ce qui vaut excellemment pour l'homme. Et il en est ainsi parce qu'en la Trinité, chaque Personne divine se fait, se voit et se vit d'abord elle-même comme infiniment petite. Eternellement le Fils s'anéantit devant le Père, le Père devant le Fils ! Et l'Esprit n'est Lui-même qu'en opérant l'éternel engendrement du Fils par le Père en même temps qu'Il procède de l'Un et de l'Autre. C'est comme si, dans l'unique instant de l'éternité divine, chaque Personne divine passait d'un néant absolu à une grandeur infinie. Et il n'y a pas de moment où Dieu ne soit pas, et ne soit pas Trinité, parce que ce passage du néant à l'étant est éternellement accompli en même temps que s'accomplissant. ET c'est en ce devenir éternellement s'effaçant que surgit et jaillit éternellement le Dieu Amour, le Dieu Père, Fils et Esprit. Et bien sûr la création toute entière, avec ses innombrables créatures créées à l'image et selon la ressemblance du Dieu Trinité, surgit et jaillir elle-même à l'intérieur de cet élan éternel de chaque Personne divine vers l'Autre, et voulant en imiter l'élancement, à l'intérieur de cet élan d'anéantissement-surgissement-jaillissement qui constitue Son être propre et qui fait que Dieu est Dieu.

Nous savons que les étoiles dans le ciel sont animées d'un mouvement vertigineux, mais l'espace en lequel elles gravitent, l'espace contenant l'Univers, est tel, et tellement vaste, que leur position dans le ciel apparaît à l'homme exactement la même durant des siècles et des millénaires. Le mouvement dans le ciel est davantage deviné ou déduit que perçu, et nous ne pouvons contempler qu'une infime partie, infiniment infime, de l'Univers. On commence alors, si peu que ce soit, à mesurer l'infinie grandeur de Dieu avec la perception de son incommensurabilité. Qui donc est notre Dieu ? Le vertige nous saisit dans la mesure où nous avons commencé à tenter de mesurer la grandeur de l'Univers ! Qui donc peut-Il être Celui qui crée un tel Univers ?

Il ne s'agit pas de nous confondre dans notre néant, nous devons n'en avoir conscience que pour prendre appui sur lui, sur cette conscience que nous en avons ! Nous devons commencer à le comprendre, et ici nous sortons des banalités pour arriver à ce qui n'est jamais dit : si nous sommes néant d'être, c'est pour pouvoir, de par l'Amour infini de Dieu, avoir infiniment plus d'être avec infiniment plus de ressemblance avec Dieu, avec ce qui fait qu'Il est Dieu.

Et ressembler à Dieu, quand on a commencé à voir qu'Il est Trinité, va consister à entrer dans le mouvement même de l'être-Dieu, dans cet élan trinitaire éternel de chaque Personne divine vers l'Autre jusqu'à s'identifier parfaitement à cet Autre. Dans cet élan qui fait que l'Autre est Dieu éternellement. Dieu est un seul, Dieu est trois, Il est un seul appelé à devenir innombrable et désire cette innombrabilité parce qu'Il est Amour. On ne peut aimer, on ne peut créer, on ne peut re-créer, et cela vaut pour Dieu le premier, qu'en se vidant de soi jusqu'à disparaître dans une parfaite insignifiance pour surgir et jaillir dans l' " étant " le plus parfait. C'est alors qu'Il peut être absolument Amour.

Dieu n'est infiniment grand que parce qu'éternellement Il le devient. Ce nous est proprement inimaginable, mais c'est ce que le Christ nous révèle en mourant sur la Croix dans l'anéantissement total de Son être, dans le don même de Sa vie. C'est, nous dit Saint Jean, l'heure de sa glorification, ce qui signifie l'heure où Il se fait connaître le plus authentiquement comme ce qu'éternellement Il est.

Zundel n'a jamais parlé comme ça ! On peut se demander si ça a un sens. Ca ne peut en avoir un que dans la mesure où une infime lumière est alors apportée sur les questions essentielles que se pose tout homme : Pourquoi Dieu est-Il Dieu et pas moi ? Il ne l'est finalement que pour que moi aussi je le sois. Pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien ? Pourquoi suis-je là, ici-maintenant, le temps d'un éclair, qui peut-être n'éclaire rien, au milieu d'une histoire infiniment longue, et en un lieu de l'Univers infiniment réduit ? Ce peut n'être qu'une illusion d'être puisque je vais disparaître bientôt, il ne restera plus rien de moi, alors à quoi bon ce souci ? Et puis aussi : la vie éternelle ? Qu'en sais-je finalement ? Ce peut être aussi une illusion !

Jésus-Christ s'est identifié à la lumière, la lumière des hommes, Celui qui éclaire leurs questions fondamentales. Il est manifeste que personne n'a tenté de le faire comme Lui.

Dans mon désarroi je me souviens d'un moment particulier, celui où, juste derrière eux, j'ai vu en extase les voyants de Medjugorje. Finalement aucun scientifique, de quelque science que ce soit, n'a pu expliquer ce qui se passe au moment de leur extase. Tous ceux qui les ont vus ont été frappés par ce fait que ce n'était aucunement du cinéma !

Il en avait été de même à Lourdes il y a un siècle et demi. On se trouve là comme aujourd'hui devant l'inattendu, l'imprévisible, l'étrange ! Pourquoi cette intrusion subite et visible d'un autre monde, non plus là-bas, au-delà, mais ici maintenant tout près. On s'y est trouvé, et retrouvé, un instant mais il n'est pas nécessaire qu'il soit long.

Tout cela a tout de même, peut-être, quelque rapport avec les questions fondamentales que se pose tout homme. Peut-on dire que nous vivons ici-bas le plus souvent dans l'illusion et que, eux, pour un instant, se sont trouvés dans le réel ?

Mais pourquoi Marie apparaît-elle à Medjugorje et pas Jésus Lui-même ? A y regarder de plus près, ce n'est peut-être pas tant la Vierge Marie, mais davantage la Croix, ici celle plantée sur le mont Sipovac qui s'appellera désormais Krizevac (le mont de la Croix), qui tient la place centrale dans ces apparitions.

Car la Croix est bien pour le chrétien le lieu par excellence d'où jaillit toute lumière... sur toute réalité, et elle projette cette lumière sur l'anéantissement du Fils de Dieu lorsqu'Il se fait l'un de nous et meurt sur la Croix. Elle éclaire ce mystérieux éternel anéantissement de Dieu, " reproduit " en quelque sorte quand il se fait homme, et, ce faisant, nous apprend comment et pourquoi Dieu est Dieu, et comment l'homme peut être divinisé pour devenir aussi grand que Dieu quand il aura appris à devenir ce qu'il est dans le projet créateur, à devenir à l'image et selon la ressemblance du Dieu Trinité.

Être aussi grand que Dieu, quelle prétention ! En réalité nous n'avons pas d'autre prétention que de n'être rien, que de notre néant d'être, et c'est alors que Dieu fait tout le reste, nous n'y sommes plus pour rien ! Nous ne sommes plus rien !

Et ce que Dieu fait, et peut faire parce que nous avons commencé à Lui ressembler authentiquement, ce n'est pas tant de nous agrandir et élever jusqu'à Sa grandeur, que de S'identifier à chacun de nous selon toute Sa grandeur, de s'identifier éternellement à l'homme qu'Il crée et sauve dans ce dessein, le seul dessein possible à un Dieu Amour.

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