Suite du texte " sité " ce même jour, avec reprise de quelques lignes " sitées " hier. Maurice Zundel lui-même les a souvent reprises tellement elles sont importantes.

La foi nous éclaire le jour de l'intimité divine pour qu'il devienne le jour de notre intimité.

La révélation est cette confidence que l'intimité divine nous fait de Soi.

Le mystère est l'inexprimable et l'insondable que l'on épuisera jamais.

" L'essentiel est de montrer Dieu non pas comme une solitude égoïste et repliée sur elle-même, mais comme une générosité en perpétuelle expansion, la divinité n'ayant prise sur Son Etre qu'en le communiquant.

Il y a là un dépouillement infini qui est l'exemplaire éternel de la pauvreté selon l'esprit, c'est la suprême confidence de l'amour quand il n'est qu'amour. L'intimité divine est pur altruisme, pur élan vers l'Autre, elle ne pourra donc jaillir de cette intimité que par un débordement d'amour pour susciter tin amour qui ramènera de quelque manière tout le créé à cette intimité.

Il faudrait recourir à l'admirable formule johannique qui interprète et dépasse les évangiles des synoptiques: "La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie." Dieu est le soleil qui ne cesse de luire, l'homme est la maison toujours baignée de soleil mais dont les volets peuvent être fermés, et s'ils sont fermés, la lumière n'entre pas ! Mais ce n'est pas la faute du soleil !

Il y a dans ce prologue de Jean l'esquisse d'une tragédie divine qui se joue dans notre conscience et dont la Croix est la parabole sanglante : " II était dans le monde et le monde ne l'a pas connu, il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reçu. "

L'enfant comprendra ainsi qu'il doit devenir transparent à Dieu pour laisser passer Sa lumière, qu'il doit de charbon devenir diamant, il pressentira que le péché voile (le péché véniel) ou éteint (le péché mortel) cette lumière divine: le péché éteint l'esprit. L'enfant devinera que le bien, c'est l'épanouissement de la lumière et de la vie divine dans une vie humaine soucieuse de laisser Dieu vivre en soi. Dieu, enfin ! Lui apparaîtra comme une générosité infinie qui fait appel à sa générosité qu'il suscite par le don qu'il est.

La foi dans cette direction ne devrait pas être conçue comme une défaite de l'intelligence humaine obligée de capituler devant l'intelligence divine, mais comme le jour de l'intimité divine devenant le jour de notre intimité pour nous ouvrir à la confidence que l'intimité divine fait de soi, confidence qui est justement la Révélation.

Nous sommes donc ici dans une lumière inexprimable, et c'est ça le mystère, car le mystère, ce n'est pas l'incompréhensible qui se dresse comme un mur contre notre intelligence, le mystère, c'est l'inexprimable et l'insondable que l'on n'épuisera jamais, qui fait craquer les mots et les idées mais qui comble l'esprit par son infinité et qui l'illumine merveilleusement, bien que le regard de l'esprit ne puisse se fixer à cause de l'éblouissement qui en résulte dans notre condition présente.

... " Maman, ça parle là-dedans ! " Le petit garçon qui disait cela avait découvert la pensée. La pensée qu'on ne peut pas voir avec nos yeux, on ne peut la voir qu'avec les yeux de l'âme, avec les yeux de l'esprit, avec les yeux du cœur. Et Dieu, on le voit avec les mêmes yeux avec lesquels on voit la pensée, on le voit avec les yeux de l'âme, de l'esprit, du cœur. Et on a du cœur quand on est bon.

Je crois qu'il serait de la plus haute importance de ne pas initier les enfants d'abord à la connaissance d'un Dieu créateur, mais d'abord à la connaissance d'un Dieu libérateur, d'un Dieu qui fait appel à leur générosité, d'un Dieu qui est un trésor confié à leur amour, d'un Dieu qui est un soleil caché au plus intime de leur conscience, d'un Dieu qui a besoin d'eux pour s'exprimer et se révéler, d'un Dieu dont ils ont à être le berceau.

Je crois que les enfants sont absolument capables d'entrer dans cette perspective. Et s'ils sont initiés d'abord à l'expérience libératrice, s'ils entrevoient Dieu comme le secret le plus profond de leur vie intérieure, comme la source qui jaillit en vie éternelle, ils comprendront que toutes les souffrances, toutes les monstruosités, toutes les douleurs, toutes les larmes, toutes les guerres, toutes les morts, ne sont pas voulues de Dieu, qu'elles sont contraires à Sa volonté, qu'il les subit, qu'il en est victime, et qu'il ne peut pas faire autrement parce qu'il n'a pas d'autre puissance que Son amour et que l'amour ne peut rien là où nous ne fermons pas l'anneau d'or des fiançailles éternelles : si nous ne consentons pas, l'amour échoue inévitablement. Car dans l'ordre de la réciprocité, qui est le seul ordre spirituel concevable, la plénitude d'un côté ne suffit pas si de l'autre côté la réponse n'est pas aussi entière : il faut que le cercle se ferme pour que la vie jaillisse. "

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