Dieu souffre d'une souffrance de compassion, d'une souffrance incapable d'apporter une perturbation à Son être.

Aujourd'hui la fête des sept douleurs de la Vierge Marie. La fête de la compassion parfaite d'une femme, d'une mère, la plus excellente des femmes, la plus excellente des mères, une fête jadis célébrée deux fois l'an, aujourd'hui et le vendredi de la Passion. On retrouvera ces deux fêtes après cette sorte d'éclipse, évidente, de sens mystique chez nos liturgistes d'après Vatican II.

La parfaite compassion de la Vierge Marie aux souffrances de Son Fils et aux souffrances de tous les hommes que porte Son Fils lorsqu'Il souffre et meurt sur la Croix pour en ressusciter immédiatement après sa mort. Toute souffrance perd alors son caractère morbide, elle est devenue comme aspirée non pas vers la gloire mais vers le bonheur auquel toute souffrance veut mener, n'étant qu'un passage, nécessaire, vers le seul vrai bonheur, celui qui ne passe pas et demeure en éternité.

La Vierge Marie est éternel effacement devant son Fils, lui-même éternel effacement devant le Père, et le Père de même... Elle est excellemment la première fille de Son Fils, parfaite engendrée éternellement par Lui, connaissant une union, une communion, parfaite et éternelle avec Lui, modèle de ce que doit devenir la nôtre. Capable donc en et par Lui d'être présente, parfaite compatissante, à toute souffrance humaine. A tel point que, lorsqu'on Le reçoit, on la reçoit immanquablement elle aussi.

La Vierge, la Mère, de tout homme, infiniment plus que la mère de chacun, du moins tant que notre mère n'est pas devenue elle-même capable de compassion infinie.

Toutes les vaines querelles autour d'elle durant l'histoire de l'Eglise, apparaissent alors complètement dénuées de sens. Il ne s'agit plus du tout de rivalité entre elle et son Fils. C'était ridicule ! Elle n'est là, la Vierge parfaitement présente à Dieu et à l'homme, que en Lui et pour Lui, et Lui pour le Père.

Alors pourquoi ces innombrables souffrances, certaines terriblement cruelles, de l'homme ? On ne peut pas comprendre, on ne peut que les porter avec elle en en vivant, en en portant déjà l'heureuse issue. Une issue à la taille, incommensurable, de la souffrance humaine.

Elle se tient debout, elle est éternellement debout, debout probablement immédiatement ressuscitée dès la mort et la résurrection de Son Fils. Ce n'est pas pour elle, elle n'a jamais rien recherché pour elle, c'est pour nous, pour tous les hommes. Elle est la Vierge infiniment compatissante de tous nos maux, de ceux de tous les hommes, et en travail éternellement de la résurrection d'eux tous.

Ce n'est pas un hasard si cette fête de la compassion parfaite de la Vierge bienheureuse est célébrée le lendemain de celle de l'exaltation de la Croix.

La Vierge a fait sienne la compassion de Dieu dont Zundel a parlé admirablement à La Rochette en septembre 1963 :

" Le mal de l'homme est aussi le mal de Dieu car ce qui déchire le Cœur de Dieu, c'est notre refus de cette communication de Lui-même qu'il ne cesse de nous offrir.

Bien sûr, quand on parle de déchirement au niveau de la Trinité, c'est une image : Dieu ne peut pas souffrir au sens où la souffrance apporte une perturbation au sein de l'être, Dieu souffre d'une souffrance de compassion en s'identifiant avec nous, comme le fait comprendre l'image de la mère qui s'identifie à son enfant et souffre en lui, pour lui et plus que lui parce qu'elle sent dans sa charité l'état de misère de son enfant (il s'agit ici d'un enfant devenu criminel) plus profondément que lui-même puisqu'il est privé de ses hautes lumières.

Jésus exprimant cette souffrance divine en son Humanité torturée compatit, si l'on peut dire, à la souffrance de Dieu, II éprouve tous les coups qui atteignent Dieu autant que tous ceux qui atteignent l'homme, dans ce sens Il est totalement offert à la Divinité comme Il est totalement offert à l'humanité.

De même qu'il s'offre à nous comme un contrepoids d'amour pour nous réintroduire dans le dialogue créateur de l'éternel amour, Il s'offre à Dieu en portant le OUI de toute créature pour fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles, Il est le OUI de tout l'Univers, Il le prononce en notre nom comme au nom de Son Humanité qui s'enracine dans la nôtre, et qui est dans la nôtre le ferment de notre libération. Il nous entraîne dans ce sillage d'amour, sans aucune contrainte bien entendu, afin de mûrir en nous ce consentement qui achèvera en nous la Création et constituera en nous le Règne de Dieu.

Jésus veut nous réintroduire dans le dialogue d'amour en descellant la pierre de nos cœurs afin que la Vie Divine rejaillisse en nous et nous soit communiquée par' l'Humanité Sainte de Jésus comme le fruit de son immolation, ainsi Jésus réaxe notre vie sur le Cœur de Dieu.

En nous révélant l'amour, en nous ouvrant ce crédit illimité, Jésus sollicite notre générosité pour nous faire entrer dans le mouvement même de son être, pour nous associer à ce merveilleux dépouillement, pour enraciner notre vie dans la divine pauvreté, pour nous guérir de nous-mêmes, enfin pour nous communiquer tout ce qu'il est. "

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