Aujourd'hui à Rome s'ouvre le premier synode de Benoît XVI.

Il y sera surtout question de l'Eucharistie et, plus particulièrement, de l'absentéisme généralisé des chrétiens à la Messe du dimanche, avec, espérons-le, une nouvelle prise de conscience de la distance de plus en grande que prend la jeunesse actuelle vis-à-vis du christianisme et de la foi chrétienne : elle ne présente plus, pour presque tous, aucun véritable intérêt.

Il peut sembler que la première " chose " à échanger serait de se demander comment faire, aujourd'hui, particulièrement aux jeunes, une proposition de la foi chrétienne de sorte que cela ait du sens pour eux, que cela ait du sens pour les sportifs aussi bien que pour les internautes, les chanteurs .. , les artistes en tous domaines, que cela ait du sens pour les jeunes d'aujourd'hui dans le monde d'aujourd'hui. Beaucoup sont des passionnés de toute autres choses que du sens de la vie et de sa brièveté.

Comment proposer la foi chrétienne, ce serait le premier point, mais aussi comment reconsidérer la façon dans l'Eglise de célébrer les sacrements avec, au centre, la célébration, festive de la résurrection du Seigneur et de la nôtre, la célébration de l'Eucharistie le dimanche, ce serait le second point.

Il faudrait dans cette recherche commencer en priorité à s'ouvrir à la connaissance profonde de la mystique chrétienne avec ses principaux authentiques représentants. Il ne s'agira pas d'abord de se mettre en accord avec les autres confessions chrétiennes, mais de se situer, avec les mystiques les plus authentiques, en amont de toutes les dissensions, divisions, " disputes ", qui ont défrayé la chronique religieuse, si l'on peut dire, tout au long de l'histoire de l'Eglise.

Ce qui fait que Maurice Zundel nous intéresse beaucoup aujourd'hui, c'est que personne, protestants, orthodoxes, ou autres chrétiens ayant pris leur distance vis-à-vis de l'Eglise catholique, personne ne met en question à cause de cette distance ce que Zundel nous dit. De très beaux livres " zundéliens " ont même été écrits par des protestants, je cite ici par exemple le très beau livre du pasteur Cornuz : " Le ciel est en toi. "

Il semble que même le président Mitterrand ait été impressionné les dernières mois de sa vie par la profondeur de cette pensée. Présenter, diffuser la pensée zundélienne de sorte qu'elle morde sur l'esprit et le coeur de jeunes gens ou adultes d'aujourd'hui, et puisse faire naître en eux un intérêt, voire une passion. Pour moi se faire une obligation de reprendre et retranscrire chaque jour de nouvelles paroles, déjà peut-être maintes fois lues, me fait les redécouvrir, et comprendre mieux alors la réflexion courante de ceux qui ont commencé à y entrer : " Pourquoi ne nous a-t-on pas dit cela plus tôt ? " Zundel raconte lui-même cette sorte d'éblouissement d'un vieil évêque qui disait et répétait après l'écoute de paroles merveilleuses : " Comme c'est vrai ! Comme c'est vrai ! "

Les jeunes ont besoin de découvrir la foi chrétienne comme un éblouissement, hors d'une présentation purement catéchistique, dans une " vision " proprement mystique ! Ils comprendront alors que toutes les " choses " de Jésus-Christ peuvent séduire et même fasciner, plus et mieux que toute autre connaissance, même celle des astres et de l'infinité de l'Univers.

Tous les jeunes sont confrontés au problème du sens de la vie, jusqu'à se donner la mort quand ils la voient totalement dépourvue de sens. Tous les jeunes sont confrontés un jour ou l'autre au problème de la souffrance et de la mort, ou simplement du deuil qui suit la mort d'un ami ou d'un proche. Cela risque de rester un mur infranchissable.

Il ne s'agira pas d'abord, comme le fait très bien l'abrégé du catéchisme, de leur poser en première question celle du dessein de Dieu sur l'homme, très simplement parce qu'il est possible que d'abord ce mot de Dieu n'ait encore pour eux aucun sens, sinon celui d'une pure chimère. Il faudrait commencer par ce qui les intéresse, par ce qui les passionne et qui constitue hic et nunc pour eux le sens de la vie et ce pourquoi elle mérite d'être vécue pleinement. Il s'agit d'abord de leur montrer la grandeur de ce qui les intéresse, eux, avec la légitimité de leur intérêt ! Et ensuite, avec délicatesse et pédagogie, de leur faire deviner et ressentir les limites de cet intérêt, les questions à lui inhérentes, et l'appel qu'il peut constituer vers ce qui est plus haut, plus beau, et tellement libérateur.

Peut-être ensuite leur faire prendre conscience qu'ils ne sont pas les seuls à se poser de pareilles questions, et que celle de Dieu se pose à un moment ou à un autre à tout homme. On ne peut pas l'éviter. Si on leur présente la foi chrétienne comme une proposition et non une obligation, même pour être sauvé, on peut espérer que cela prenne sens sur leur existence, morde sur elle avec les plus graves questions.

La première question : " Que fais-tu ici maintenant, en un point infinitésimal de la terre, elle-même point infinitésimal dans l'Univers, et en un temps tellement bref par rapport à la sorte d'éternité du surgissement et jaillissement de la terre et de l'Univers dans l'être? Qu'ils commencent à ne plus se soucier prioritairement de leur corps, de son épanouissement et de ses désirs jamais parfaitement assouvis : le plaisir jamais ne dure ! Le temps ne peut pas suspendre son vol, comme le désirait le poète, et tous les poètes que nous sommes chacun, même si nous le lui demandons avec insistance parfois bruyante... poésie et musique.

Y a-t-il quelque " chose " devant quoi en vérité le temps semble vraiment suspendre son vol ? La recherche vaut la peine parce qu'alors si l'on découvre cette " chose " et s'y adonne, aucun désespoir ne semble plus devoir être possible, surtout quand on a commencé à comprendre et vivre cette suspension de son vol avec la pratique de cette " chose ".

Peu de personnes connaissent vraiment Zundel ! Le désir de ce site, la raison de sa création, est de permettre une fréquentation, nécessairement quotidienne si l'on veut en attendre le meilleur fruit, d'une pensée à la fois ancienne et nouvelle fondée dans la tradition en même temps que le plus possible ouverte aux modes de " penser " d'aujourd'hui.

Relisez le premier paragraphe du texte " sité " ce même jour. Vous y avez la représentation plus ou moins consciente de presque tous les chrétiens : " L'expression la plus courante du christianisme désigne un Dieu extérieur à l'homme. " On n'a pas suffisamment prêté attention à ce que cela suffit pour qu'on s'en détourne : s'il est extérieur à nous, comment pouvoir vraiment s'intéresser à lui ? Prenez les meilleurs catéchismes, vous y trouverez dès la premier question confirmation de cette idée, et le reste du catéchisme risquera de nous confirmer sans cesse dans cette représentation. Dieu est perçu par les jeunes, si tant est qu'ils se posent la question, comme tout à fait extérieur à eux et de surcroît le Dieu traditionnel est présenté comme pouvant punir. Ca suffit pour qu'on le rejette. Ils ne peuvent que le refuser. L'idée qu'Il puisse les libérer d'eux-mêmes, et leur apporter paix et joie intérieure est complètement absente de leur conscient et inconscient.

On lit dès le début de l'abrégé du catéchisme : " Infiniment parfait et bienheureux en lui-même, Dieu... " C'est par lui qu'on commence et d'emblée il est donc très, très loin de nous de par cette perfection de bonheur, - Pourquoi nous, sommes-nous si malheureux ? - même si ensuite " dans un dessein de pure bonté il a créé l'homme... "

Dieu n'aurait-il pas été bon infiniment davantage si nous aussi dès notre création étions parfaitement heureux : où est cette bonté pure ? " Enfin, pourquoi donc d'emblée ne nous fait-il pas partager tout de suite cette perfection et ce bonheur ? " Et cette question devient inévitablement un reproche puisque, étant tout-puissant, il pouvait faire toutes choses autrement !

Comment ne pas devoir dire dès le début, du moins dès qu'on commence à parler de Dieu, que Dieu, le seul vrai Dieu, dans sa toute-puissance, pas celle d'un suprême magicien, mais celle du pur amour, comment ne pas dire tout de suite que Dieu ne pouvait pas faire autrement le monde, justement parce que cette toute-puissance est la seule vraie toute-puissance, celle de l'Amour ? Comment ne pas tenter de faire comprendre, dès le début, que, si chacun de nous ne peut agir que selon ce qu'il est et a reçu, Dieu le premier ne peut créer, et il le fait éternellement, que selon l'Amour qu'Il est, et que chaque Personne divine éternellement reçoit l'Amour en même temps qu'elle le donne, qu'il n'y a pas d'autre façon de le recevoir que de le donner, et que cela implique en le Dieu Trinité un don parfait de soi, à imiter par l'homme pour devenir pleinement heureux en ressemblant dans notre don à Dieu Lui-même. ET Jésus-Christ prend alors toute sa place : Il se fait homme pour nous donner de pouvoir ressembler à Dieu jusqu'à être identifié à Lui., et connaître ainsi le parfait bonheur.

C'est alors qu'il faut lire toute la page " sitée " ce même jour ici, ou toute autre dans le même sens... elles devraient figurer dans les débuts d'un catéchisme essentiellement et authentiquement mystique, sans doute seul capable d'arrêter valablement l'attention des jeunes.

(À suivre, à reprendre ?)

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