Deux mystères s'éclairant l'un l'autre.

Oh ! que cette tentation est grave !

Le site " élan-en-trinité " (aujourd'hui « mauricezundel.net ») offrira désormais un nouveau texte tous les deux jours, cela pour inviter à la reprise fréquente des nombreux textes, plus de deux cents déjà, ici " sités ".

Fréquentant Zundel presque quotidiennement depuis plus de 25 ans, je me suis aperçu depuis longtemps que la relecture d'un texte, peut-être déjà maintes fois lu, apporte toujours quelque chose de nouveau, c'est même souvent comme si on le lisait pour la première fois. Je donnerai donc ici, régulièrement si possible, un texte déjà " sité " pouvant être relu les jours où rien de nouveau n'apparaîtra sur le site.

Je continue aujourd'hui des développements inédits, ou du moins très peu connus, sur les mystères de l'Eglise et de l'Eucharistie. Ils me semblent dire des " choses " très importantes, urgentes aujourd'hui, ils peuvent conférer comme une nouvelle façon de croire en ces deux si grands mystères et de les vivre, ils sont, je pense, dans la droite ligne de la pensée zundélienne.

L'Eucharistie est trop souvent perçue seulement comme une réalité conférant, plus ou moins magiquement, la vie éternelle à celui qui communie dans les meilleures conditions. En fait Son mystère est infiniment plus.

Et il en est de même pour celui de l'Eglise, qui ne s'éclaire authentiquement qu'inséparablement de celui de l'Eucharistie. Il est réduit, trop souvent aussi, au mystère d'une institution.

Il sera bon de se référer au livre paru en 2001 aux éditions du Jubilé : " Un autre regard sur l'Eucharistie ". On rappelle plus loin le texte, saisissant, de la page 9 du livre.

L'Eglise est fondée par Jésus-Christ essentiellement pour " faire " l'Eucharistie, pour célébrer l'Eucharistie, pour vivre de l'Eucharistie. C'est sa fonction par excellence, en un sens son unique fonction. C'est le repas de noces du Fils de Dieu avec l'humanité entière comme avec chacun de ses membres.

L'Eucharistie est instituée par Jésus-Christ pour faire l'Eglise, pour la constitution de l'Eglise appelée à rassembler l'humanité entière. Cette union de Jésus-Christ à l'Eglise est nuptiale, elle porte, si l'on peut dire, le sens le plus plein de toute nuptialité.

Et il n'y a que cette nuptialité qui puisse assurer le rassemblement de tous les hommes dans une unité semblable à l'éternelle et parfaite unité du Père, du Fils et de l'Esprit en la Trinité divine. Et cela parce qu'on apprend à vivre dans l'Eucharistie les " mœurs " éternelles de notre Dieu Père, Fils et Esprit.

Et l'Eucharistie est instituée d'abord et essentiellement pour être vécue dans l'offrande particulière et unique de chacun au Père, au Fils et à l'Esprit, c'est elle qui la permet et en donne la force, jamais de la même façon d'un jour à l'autre.

Et toute adoration eucharistique, pratique admirable, est toujours pour entretenir, pour accroître sans cesse, le vécu de cette offrande de la meilleure façon. Et toute participation à l'offrande eucharistique, à la Messe, est elle-même orientée en ce sens.

Ce n'est pas tant moi, à la Messe, qui m'offre au Seigneur, que le Seigneur Lui-même qui s'offre au Père, au Fils et à l'Esprit en et par moi qui suis appelé à " compléter ", à achever, ce qui manque aux souffrances du Christ : elles n'auraient absolument aucun sens s'ils n'avaient pas ce complément.

Il est impossible, et malheureusement quelques expressions de la liturgie vont dans ce sens, de penser l'offrande du Christ comme extérieure à la nôtre, dehors ou à côté de toutes les souffrances humaines. Elles seules peuvent valoriser cette offrande parfaite du Christ.

L'Eglise, comme l'Eucharistie, est d'abord et essentiellement une réalité ordonnée à l'intériorité de l'homme. Elle n'a pas de sens en dehors de cette orientation : la nuptialité trinitaire veut devenir nuptialité humaine. La Trinité veut vivre son éternel vécu en chaque homme.

Il n'y a pas d'autre façon d'être intérieur à Dieu, intérieur à la Trinité que cette façon nuptiale du parfait don de soi éternellement vécu par les Personnes divines en la Trinité. Elle ne peut être vécue qu'en et par l'Eucharistie. Et tout don authentique de soi, même en dehors de la connaissance de Jésus-Christ, fait partie de ce vécu.

Il ne peut y avoir d'espérance de l'unification de l'humanité que dans la mesure où chacun aura appris ce don de soi.

(À suivre) (À reprendre ?)

Maurice Zundel a dit :

" L'Eucharistie, c'est là peut-être que les chrétiens se sont le plus profondément mépris, là qu'ils ont cédé à la tentation si naturelle de mettre le sacré en dehors d'eux-mêmes, de rebâtir un temple de pierres, de reconstruire un tabernacle précieux et d'y enfermer Dieu comme un objet en s'inclinant devant cet objet devenu extérieur à eux-mêmes, en fermant la porte avec des grilles d'or et en retournant à leurs affaires en laissant la sainteté enfermée dans le temple. Oh ! Que cette tentation est grave ! Et comme nous y avons tous succombé ! Nous n'avons pas vu que nous tournions le dos à l'Evangile et que ce n'est pas du tout cela que Jésus a voulu. "

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