Homélie pour le 33ème dimanche. Esquisse.
" La peur a causé sa perte ! "

La peur a paralysé le serviteur négligent et causé sa perte. " Jetez le dehors dans les ténèbres ! Dehors : dans l'extériorité et dans les ténèbres, là où la lumière ne luit pas. Il n'a été bon à rien ! " Ton cœur est mauvais, tu n'es qu'un fainéant ! "

Les autres se sont préoccupés de faire valoir ce qu'ils avaient reçu et reçoivent en surplus ce qui avait été remis au fainéant, ce qu'il n'avait pas su faire valoir.

Le rapport entre la mauvaiseté du cœur et la fainéantise ? Entre la mauvaiseté du cœur et la peur ?

La traduction nouvelle de la Bible traduit ici serviteur par esclave parce que le comportement de ce propriétaire est bien celui d'un homme jaloux de ses biens : en cela il ne correspond plus du tout à l'image qu'on doit avoir de notre Père des cieux. D'ailleurs la parabole commence par : " c'est aussi cet homme qui part au loin. "

La leçon principale est une invitation à avoir toujours une attitude positive quelle que soit la situation concrète en laquelle nous nous trouvons. Le Seigneur n'aime pas les lamentations, les protestations que nous ne sommes rien : nous sommes toujours ce que nous avons reçu, que cela nous paraisse beaucoup ou peu, et c'est la façon dont nous aurons positivement su faire valoir ce peu ou ce beaucoup qui importe et non pas l'importance de ce que nous avons reçu. Aux yeux de Dieu celui qui a peu reçu, s'il a su le faire valoir, est aussi grand que celui qui a su " positiver " un don considérable.

Et cette mise en valeur est à opérer ici maintenant dans l'instant présent à vivre par l'offrande nous-même dans l'attention au plus proche.

Il faut aussi se rappeler ici que " Dieu est Amour ", et donc incapable de demander comptes à celui qu'Il aime. Jésus dans toutes ces paraboles où un propriétaire demande qu'on lui rende des comptes est encore prophète d'Ancien testament, et nous avons à en recevoir la leçon, mais demain il se révèlera tout autre, il révèlera le Dieu Amour

La parabole qui suit immédiatement en Matthieu celle que nous lisons aujourd'hui est celle du jugement dernier. Elle nous montre un Christ à la fois prophète de l'Ancien testament et annonciateur du nouveau : il s'y identifie à tout homme en détresse, c'est merveilleux ! Mais il annonce aussi le châtiment à tous ceux qui n'ont pas su l'y reconnaître.

La seule façon authentique de faire valoir ce que nous avons reçu est dite seulement par Jésus ressuscité incapable désormais de parler encore en prophète de l'Ancien Testament. Il aurait voulu apparaître à ses ennemis, de son côté le désir était immense, mais ceux-là n'étaient aucunement aptes à le reconnaître même s'Il leur était apparu. Ils en seraient nécessairement restés à la vision d'un pur fantôme.

Il faut " positiver " ce que nous avons reçu mais cela ne signifie pas déborder d'activité. C'est bien plutôt, fondamentalement, commencer par nous faire sans cesse une nouvelle idée, une nouvelle représentation de qui est Jésus-Christ et de son mystère. Sans ce recueillement des dons reçus, on risque toujours d'être envahi par la peur, son négativisme et sa stérilité.

Relire la page sitée hier, ou toute autre, peut être un excellent moyen d'exercer ce positivisme. Qu'est-ce qui nous fait davantage peur que la mort ? " Nous avons à vaincre la mort aujourd'hui, maintenant... "

L'esclave négligent a été incapable de se défaire de cette idée que son maître était dur, cela a causé sa perte.

Tout cœur qui ne se nourrit pas de l'Evangile risque de devenir mauvais. Il risque de ne voir en Dieu, s'il existe dira-t-il, qu'un être infiniment dur et cruel. Et il mettra à son compte même une seule larme d'un enfant. Il faut du temps, de la réflexion, du silence, du recueillement, pour entrer dans la véritable image de Dieu, et que la première, toute négative, s'efface de notre esprit. Le portrait de cette mauvaise image est donné par ce que dit le serviteur négligent à son maître. Pour lui Dieu est celui à qui tout appartient, qui n'en fait qu'à son bon plaisir, et qu'on ne peut que craindre. En rester à cette représentation est mortel et l'on ne peut alors que craindre la mort.

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