La biologie n'a pas de droit

Pour devenir homme,

il est nécessaire de changer de moi,

nécessaire de naître de nouveau,

nécessaire de revêtir notre moi divin.

(Maurice Zundel) :

« On parle des droits de l'homme, mais c'est seulement dans la mesure où l'homme s'est libéré de sa biologie qu'il a des droits, l'homme n'est pas encore tant que l'homme reste rivé à sa biologie.

Car ces droits de l'homme ne sont fondés que sur les exigences et les responsabilités d'une liberté qui s'est accomplie et qui émerge tout à la fin d'une évolution où l'homme justement s'est recréé lui-même en passant par la nouvelle naissance.

Jusque là tous ces droits n'ont aucun sens puisque, finalement, ils sont attribués à une biologie qui est absolument incapable de les fonder. Alors la biologie, prolongée par toutes ces cautions que lui donnent les droits, par toutes ces garanties et revendications rationnelles, intelligentes, où il est question de dignité et de personnalité, la biologie se sent d'autant plus justifiée à se défendre, à refuser de démissionner (qu'elle a pu se justifier au nom de ces droits).

On tourne en rond finalement ! Les frontières sont étanches, infranchissables parce que chacun défend, au nom des mêmes principes et en invoquant les mêmes droits, une biologie qui n'en a aucun

La biologie n'a pas de droits puisque la biologie, c'est précisément une résultante et une servitude : la biologie n'aura une valeur humaine que lorsqu'elle aura été transformée et complètement recréée dans une expérience libératrice qui suppose, et c'est là tout le problème, de changer de moi, changer de moi !

Tant que nous n'avons pas revêtu notre moi supérieur, notre moi universel, notre moi divin, nous ne sommes qu'une chose du monde, un morceau et un instant d'Univers, nous n'existons pas d'une existence humaine réelle et authentique ! Et c'est la tout le problème humain, tout le problème religieux, tout le problème mystique, tout le problème de la vérité, tout le problème de la culture, tout le problème de la justice sociale, tout le problème de la paix entre les peuples !

Tant que l'homme n'est pas, comment voulez-vous qu'il y ait des solutions humaines ? Il s'agit donc que l'homme soit, que l'homme devienne lui-même à partir de cette biologie qui est ouverte, et qu'il doit ouvrir ».

(Maurice Zundel, Beyrouth 1965.)

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