19/06/2005 juin 2005

- Retrouver la joie de Dieu. Par Maurice Zundel, extrait d'une conférence de "la retraite au Vatican" en 1972.
- Dans la joie on cesse de se regarder. Par le père abbé Paul Houix, Extrait de : "la brisure du cœur", page 161. Paul Houix a rencontré Maurice Zundel après une conférence de la retraite donnée à l'abbaye de Timadeuc en 1973.

l'Evangile donne à la vie grandeur beauté et joie

«...Si la Chrétienté ne retrouvait pas l'authenticité de la vie chrétienne, la passion de Dieu, la joie de Dieu, le cœur à cœur avec Dieu, la libération en Dieu, la plénitude de la vie à travers Dieu, l'Evangile ne serait plus l'Evangile. Si l'Evangile est la "Bonne nouvelle", c'est précisément parce que l'Evangile donne à la vie toute sa grandeur et toute sa beauté.

Il y a un ennemi du christianisme, d'une férocité extraordinaire, qui s'est acharné à le démolir, qui a passé sa vie à témoigner contre lui, c'est Nietzsche, fils de pasteur. Il a aiguisé son intelligence avec un sens du verbe, un sens de la parole, avec une érudition qui, pour son époque, était prodigieuse !

Avec un acharnement, dans une solitude tragique d'ailleurs, il a poursuivi le christianisme de ses invectives, de sa haine, sous cette accusation constamment reprise que le christianisme est ennemi de la vie, qu'il dévalorise la vie, qu'il la méprise, qu'il donne sa préférence à tout ce qui est faiblesse, à tout ce qui est scrofuleux, à tout ce qui est rabougri, parce que le christianisme a peur du soleil, il a peur de la lumière, il a peur de Dionysos, il a peur de la vie dans son ivresse, dans son jaillissement !

Comment répondre à cela sinon par l'équilibre heureux d'une vie qui trouve sa plénitude dans le mariage d'amour avec Dieu, dans ce cœur à cœur avec Lui, dans cette respiration du silence.

Nietzsche dans sa solitude tragique a rencontré la folie. Nietzsche s'est désintégré lui-même dans cette recherche bouleversante du surhomme. Il reste que nous lui opposions non pas des réfutations mais la réalisation tranquille et joyeuse d'une vie qui se nourrit de la Présence de Dieu.

Et il est certain qu'il ne peut y avoir de joie authentique ailleurs que dans cette libération de soi qui fait de toute la vie un élan vers ce Dieu caché en nous qui se remet entre nos mains et dont la fragilité se confie à notre amour, ce Dieu qui est l'attente de tout l'univers et que nous avons à lui révéler par l'authenticité de notre vie. »

M. Zundel, retraite au au Vatican en 1972

Dans la joie, dans celle de Dieu comme en la nôtre, on cesse de se regarder

« L'entretien s'achevait quand, au moment de le quitter, je lui mendiais quelque prière afin que « je reste dans l'humilité ». Alors il se dressa devant moi, le regard illuminé, le visage ruisselant de bonté, et il me lança d'une voix puissante : « Dans la joie, on cesse de se regarder ! »

Il venait de me livrer le secret de la joie, de sa joie à lui, l'homme pétri d'humilité : à l'homme dépossédé de tout, Dieu offre sa vie, la joie du pauvre rendu transparent au soleil intérieur qui le consume, la joie du Ressuscité au matin de Pâques. »

Paul Houix, la brisure du cœur.

Date de publication sur le site : 19/06/2005, par le père Paul Debains