L'être et la vie, l'harmonie et la beauté, font circuler la joie... Dieu est toujours du côté des victimes...

(Maurice Zundel) :

« Toute la création se défait et se décrée quand nous opposons, à l'Amour qui nous la donne, l'absence et l'indifférence de notre égocentrisme. Alors ce n'est plus le monde que Dieu a voulu créer. Dieu n'est jamais à 1'origine du Mal. Dieu est toujours la victime du Ma1... Comment les innocents peuvent-ils souffrir ? S'il y avait un Dieu, ce serait impossible !

Ceux qui raisonnent ainsi, ceux qui ont vu dans le monde un scandale à cause le la présence du Mal... ceux-là ne connaissent pas le Dieu de l'éternelle Pauvreté, le Dieu de l'Eternel Dépouillement, le Dieu de l'Eternelle Charité, le Dieu qui n'a rien et qui ne peut qu'aimer, le Dieu qui crée le monde par un rayon de sa Tendresse, comme nous-mêmes d'ailleurs nous créons le monde qui nous entoure par un rayon de la nôtre.

...Rien n'est plus fragile qu'un sourire, mais pourtant rien n'est plus puissant; parce que c'est ce sourire qui crée la vie, qui dissipe le chagrin, qui fait renaître l'espérance. Et c'est l'absence de ce sourire qui éteint la vie et fait de la maison une prison où chacun se sent asphyxié.

Eh bien, la Création, c'est le sourire, le sourire de Dieu, et ce sourire suscite l'être et la vie qui font naître l'harmonie et la beauté, qui font circuler la joie et le bonheur, à condition que nous répondions à ce sourire par le nôtre, car le sourire s'éteint dès qu'il ne trouve pas la réponse qui le fait circuler.

...Il est donc parfaitement clair que devant Dieu, devant le Dieu Trinitaire qui est Dépouillement, Pauvreté, Charité, devant le Dieu Sourire, le Mal est une blessure faite à Son Amour et II est toujours du côté des victimes.

S'il pouvait intervenir, nul doute qu'il interviendrait, mais plutôt II intervient toujours, Il intervient toujours comme II est, comme l'Amour, par le Don de Lui-même. Il intervient toujours par sa Présence, mais Sa Présence ne peut pas forcer la nôtre.

Dieu nous vit ! II nous vit en nous, pour nous, avant nous, plus que nous. Et c'est pour cela qu'il est frappé de tous les coups qui nous atteignent, qu'Il est victime de tous les maux qui se déchaînent sur l'humanité, qu'il agonise dans toutes les agonies, qu'il meurt de toutes les morts, de même qu'il est blessé dans toutes les fautes : II est toujours du côté des victimes et jamais du côté des bourreaux.

Si Dieu n'était pas du côté des victimes, il n'y aurait pas de mal. Parce que, si le mal est si effrayant, s'il est épouvantable de scandaliser un petit enfant, s'il est monstrueux de le torturer, c'est parce que, dans cet enfant, il y a Dieu.

Ce petit enfant est capable de devenir un saint François d' Assise, de créer un monde nouveau, d'apporter au monde une révélation indispensable, ce petit enfant porte en lui quelque chose d'unique et qu'on ne reverra pas une seconde fois. Et, à travers lui, Dieu veut manifester un trait de son Visage qui ne peut se révéler qu'à travers cet enfant. Et donc, attenter à la dignité de cet enfant, c'est frapper Dieu au cœur, c'est Lui ravir cette possibilité, cette occasion de se révéler et de se communiquer à travers toute la beauté et toute la candeur de cet enfant.

Plus on dira l'horreur du mal fait aux innocents, plus on affirmera que Dieu est en eux, et avec eux, et qu'il est martyr au-dedans d'eux-mêmes ! Non seulement Dieu est toujours du côté des victimes, mais encore Dieu est toujours la première victime, comme la vraie mère est toujours la première victime dans tout ce qui atteint son enfant. »

(Maurice Zundel.)

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