De quel Dieu parlons-nous et à quel homme ?

Hier soir, à une heure tardive et jusqu'à une heure du matin, la 3ème chaîne nous a transmis en direct un échange, parfois assez vif, entre d'éminentes personnalités, à propos de livres récemment sortis. Il y avait monseigneur Vingt-trois, le nouvel archevêque de Paris, et puis Jacques Attali, et d'autres grands noms que je n'ai pas retenus, représentants du judaïsme, de l'Islam ou d'autres « religions », avec la « religion » très intéressante d'un biologiste de renom. Et aussi la participation de Trinh Xuan Thuan, éminent astrophysicien bien connu par son excellent livre : « La mélodie secrète ».

Il y avait là, et c'est surprenant, un représentant d'un Islam étonnamment ouvert, faisait penser que peut-être dans quelques décennies ou siècles, ou millénaires, L'islam se retrouvera devenu tout simplement... chrétien, simplement, et sans graves heurts. Après tout n'est-ce pas du christianisme que l'Islam est parti ? Pourquoi n'y reviendrait-il pas un jour, encore très lointain, une fois que le christianisme aura été plus authentiquement présenté qu'il ne l'était dans l'esprit de Mahomet et l'est peut-être encore dans le nôtre ?

Mais là n'est pas le plus important dans l'échange d'hier soir. On a pu y ressentir un véritable malaise parce que l'essentiel sur la place et l'importance de la religion, sur la place de Dieu, en ce 21ème siècle n'a pas été dit ni même apparemment, seulement pensé. On aurait aimé que Zundel ait été là. Immédiatement il aurait posé la question primordiale : de quel Dieu parlons-nous et à quel homme ?

Le contresens est flagrant, si on pense à un abandon du Fils par le Père, il persiste encore aujourd'hui dans l'esprit de beaucoup. On ne s'est pas rendu compte qu'il est inimaginable que le Père ait pu abandonner le Fils, ne fût-ce qu'un instant !

Bien loin d'avoir abandonné le Fils, le Père est plus que jamais, si l'on peut dire, uni à Jésus-Christ au moment de sa mort. Avec Lui Il endure l'inimaginable, en l'Esprit-Saint, infiniment éprouvé lui-même, plus précisément infiniment éteint au moment de la mise à mort de Jésus. Et c'est en ce moment-là que le Dieu Père, Fils et Esprit révèle et manifeste qui Il est de la façon la plus vraie ! Dans ce don, révélé maintenant comme infiniment parfait, du Fils par le Père, et du Père par le Fils, en l'Esprit-Saint lui-même donné, rendu, parfaitement, au moment de l'offrande suprême faite aux hommes de la Vie même de Dieu.

On est là au cœur du christianisme, et c'est de Ce Dieu-là, du Dieu Trinité, il n'y en a pas d'autre ! Qu'on n'a pas parlé hier soir, pas plus qu'on n'en parlera lundi prochain à Neuilly. Parce qu'Il est méconnu même des chrétiens. C'est de Ce Dieu-là qu'il s'agit en christianisme et Il n'est recevable qu'en l'homme libéré de soi et dans la mesure de sa libération.

... On pourra multiplier les rencontres de ce genre, à Paris ou Neuilly ou ailleurs, elles ne changeront rien dans la vie des gens, chacun restant sur ses positions, souvent passionnées, bien que, possiblement, elles aient éclairé tel ou tel en le confirmant le plus souvent dans sa « « foi » religieuse.

Le souvenir me revient de mes entretiens jadis avec Monseigneur de Souza, évêque de Cotonou au Bénin à l'époque, décédé maintenant. Il avait été choisi comme président de la conférence nationale (près d'un millier de participants) qui a « sauvé « ce pays, un pays qui n'a jamais connu de révolution sanglante. Et il racontait que, lors d'une des séances de cette conférence nationale, alors qu'on ne s'entendait plus, il avait eu le culot de demander à chaque membre de l'assemblée de prier, un instant, .... Son Dieu. Et on a remarqué qu'ensuite tout s'est arrangé ensuite facilement.

Evidemment on ne peut pas imaginer Monseigneur Vingt-Trois à Paris, ou Monseigneur Daucourt lundi prochain à Neuilly (voir plus loin), demandant, aux éminentes personnalités de la rencontre, pas seulement de penser à leur Dieu dans sa relation à la République, mais d'échanger avec lui, un instant de prière, silencieusement. La réunion prendrait alors un tout autre sens. Et cela me ramène immédiatement à M. Zundel qui n'a jamais vu dans la foi chrétienne un ensemble de très belles idées, excellentes pour des débats religieux, mais bien l'invitation constante à faire une expérience de Ce Dieu-là que nous a révélé Jésus-Christ. Toutes les pages de ce site n'ont pas d'autre but.

On a énormément besoin de Zundel aujourd'hui, et il est lui-même extrêmement méconnu, tant qu'on ne s'intéressera à lui, est- ce le fait de la majorité des zundéliens ?, que comme un « terrain » propice à de nouveaux échanges d'idées, toutes meilleures les unes que les autres, et infiniment plus aptes à intéresser nos contemporains que le simple catéchisme.

L'intérêt pour Zundel ne doit pas se situer au niveau des idées, il est, aujourd'hui peut-être mieux que tout autre, celui qui invite à une toujours nouvelle expérience de Dieu connu et expérimenté dans une rencontre intérieure avec la personne de Jésus-Christ. Elle y est authentiquement présentée, c'est-à-dire comme l'Un des Trois de la Trinité divine, et nous révélant qui est le seul vrai Dieu, le seul finalement pensable, au moment crucial de sa mort et résurrection. Moment tellement central dans toute l'histoire de l'humanité qu'il peut être, et est effectivement, actualisé chaque jour en toute région de la terre, quand le sacrement de l'Eucharistie est célébré.

En fait l'intérêt croissant pour Zundel vient, à son écoute ou lecture, d'une sorte de résonance intérieure nouvelle en l'esprit et le cœur de ceux qui s'attardent quelque peu à la pénétration en sa pensée. Le Pape Paul VI qui l'avait invité à donner la retraite au Vatican l'a certainement « senti » de cette façon-là.

Autre sujet d'étonnement dans l'échange télévisé d'hier soir : la façon dont on a parlé de l'au-delà, tout le monde étant tacitement d'accord sur un au-delà de la mort alors qu'il n'y en a pas... On y a appris, du moins pour moi, que le judaïsme croit qu'il n'y a rien qui attende l'homme après la mort, idée rejointe à sa façon par le bouddhisme, et partagée dans la pensée de beaucoup de nos contemporains même chrétiens.

La religion alors n'est plus nécessaire. En un sens c'est l'évidence même qu'avec la dissolution complète de notre physiologie il ne peut plus rien rester de chacun de nous. Où sont donc les cent milliards d'hommes, nés tous sur notre terre et tous morts, les plus anciens depuis des temps immémoriaux, qui nous ont précédé sur la terre ? Que restera-t-il donc de nous au 22ème siècle ?

Là encore Zundel a posé la question de façon particulièrement lumineuse en refusant absolument ce terme, et cette idée, d'un au-delà : il n'y rien au-delà de la mort ! Et en le remplaçant par un au-dedans, dont on n'a aucunement parlé dans l'échange d'hier. Simplement parce qu'il n'est pas encore habituel même dans l'Eglise d'insister, comme le fait Zundel, sur l'intériorité de l'homme, particulièrement « conséquente » puisque jusqu'en éternité.

Il n'y a pas d'au-delà, il y a un au-dedans, et, à la question, brûlante, à lui posée par un vieux curé vigneron : « Mais enfin, père, croyez-vous vraiment qu'il y a une autre vie après la mort ? » Zundel a répondu : « Une autre vie après la mort, ça ne m'intéresse pas, ce qui m'intéresse, c'est d'être vivant aujourd'hui, avant la mort ! » Et bien évidemment être vivant aujourd'hui, cela doit se passer d'abord en notre intériorité : la vie n'est-elle pas d'ailleurs un « principe » purement intérieur ? Un « principe » dont le mystère du vent peut nous donner quelqu'idée (voir Evangile de Jean au ch.3ème) ? Infiniment plus que le souffle du vent, infiniment plus que le vent lui-même qu'on ne peut expérimenter que dans ce qu'il anime ou rafraîchit, mais qu'on ne peut pas voir lui-même, la vie n'est « saisissable » qu'en ce qu'elle « vivifie ».

J'ai sous les yeux un petit tract invitant nous invitant tous à une soirée au théâtre de Neuilly, avec la participation de l'ancien maire de la ville, Nicolas Sarkozy, et puis Ghaleb Bencheikh, présentateur de l'émission « Connaître l'Islam », et aussi le pasteur Jean de Clermont, et enfin l'évêque de Nanterre, Monseigneur Gérard Daucourt, avec un ancien grand rabbin de France. Le thème de la rencontre au théâtre de Neuilly au soir du lundi 20 janvier 2005 est : « Dieu peut-il se passer de la République ? »

A quoi cela peut-il aboutir si la question primordiale n'est pas posée, ce qu'elle ne sera certainement pas. On est très friand aujourd'hui de ces questions où l'on mêle un Dieu imaginaire à des soucis contemporains, politiques ou autres, en se méprenant complètement sur le seul vrai Dieu. Il s'y agit toujours d'un être extérieur à nous et, au mieux, s'intéressant peut-être tout de même à nos problèmes, mais d'un Dieu dont on ignore qu'il n'a jamais existé, d'un Dieu qui donc ne peut donc pas mordre sur la vie, et après l'évocation duquel chacun repartira nullement changé, ému et remué au fond de lui-même. Immanquablement l'annonce du Dieu de Jésus-Christ quand Il est authentiquement présenté, touche l'homme au fond de lui-même.

Veuillez lire, archivées ici ce même jour à la suite, 16/06/2005, des paroles lumineuses de Zundel.

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