La nécessité de la mise à mort de Jésus-Christ.

L'Eucharistie pour nous donner de sortir de notre animalité.

(Reprise et suite d'hier) :

« L'homme est couramment référé à l'animal alors qu'on devrait au contraire référer l'animal à l'homme Ici on veut faire cette référenciation, en se souvenant que le mot « animal » connote l'être doué d'un mouvement, l'être animé, l'être, d'une certaine façon, doué d'une âme.

L'animal peut être référé à l'esprit, même s'il ne lui est référenciable que d'une façon infime. On pense à tous les automatismes qui le caractérisent, à cette impossibilité de dépasser son animalité, et donc en lui à l'impossibilité d'aucune liberté, on pense à sa seule capacité d'être qui est celle de son animalité, à l'impossibilité pour lui d'une réelle pensée, d'un regard sur ce qu'il est Ce qui va caractériser l'homme, c'est au contraire sa capacité de sortir de sa simple animalité, de ne plus en dépendre totalement et servilement, c'est d'être esprit.

L'homme, disait devant moi un parent, et devant ma sœur un peu effarée, n'a que deux possibilités : ou bien faire l'amour, ou bien se plonger dans les bouquins. Il oubliait la troisième beaucoup plus importante et intéressante qui est sa capacité de s'ouvrir au monde de la religion, pour nous à celui de Jésus-Christ. Et ce monde est le monde... de l'Eucharistie.

L'Eucharistie peut être pour nous l'apprentissage de la sortie de notre animalité, non pas pour la nier ou rejeter mais pour la situer comme point d'origine et de départ. Le Verbe s'est fait chair, cela veut dire que le Verbe s'est fait notre animalité, mais justement pour la vivre comme point de départ, toujours présent et à actualiser, vers notre véritable humanité dans notre véritable humanisation.

L'Eucharistie est le sacrement du passage de l'animalité à la véritable humanité. Tout « animal » est déjà ordonné à ce passage. Le Christ en Croix n'a plus aucune jouissance de son animalité. Il est, dans Son Humanité, manifestation parfaite de son orientation parfaite, de son élan parfait, vers la Divinité, et en même temps vers la parfaite humanisation de Sa Personne même, car c'est bien Sa Personne, l'Un des trois de la Trinité divine, qui se fait chair... et en elle et par elle c'est la Trinité entière qui se fait notre chair, même si, bien sûr, c'est le Fils de Dieu, seul, qui s'incarne.

Le Verbe de Dieu s'est fait chair pour que, partant (à tous les instants de sa vie terrestre) de cette chair qu'Il assume parfaitement, Il passe à l'esprit, à l'Esprit. Et cela veut dire que la chair, dans son état actuel, la notre comme la Sienne, n'est plus qu'un lieu de passage, et qu'on ne peut en jouir réellement qu'en ne s'y arrêtant pas, du moins sous son aspect premier, celui d'aujourd'hui !

Nous savons d'ailleurs, par une expérience quotidienne que tous les plaisirs qu'elle nous offre et auxquels elle nous invite parfois impérieusement, ne durent jamais, c'est de l'ordre de la constatation la plus commune. Rien ne dure de ce que veut « jouir » la chair. Cette non-durabilité est un appel à son dépassement, et non à une perpétuelle reprise de ce qu'elle demande, qui apportera toujours le même désenchantement dès qu'il n'y aura plus jouissance. La jouissance de la chair jamais ne dure. La drogue ne résout aucun problème.

On a quelque peu ridiculisé la pratique, courante jadis dans les collèges religieux, qui obligeait les élèves à l'assistance quotidienne à la Messe. Il ne s'agit pas d'y revenir mais de se dire qu'au fond ça avait tout de même un sens, celui justement de maximaliser le sens et l'importance de la célébration de l'Eucharistie comme invitation à sortir de notre animalité ! Et c'est à apprendre dès l'enfance.

L'Eucharistie est bien pour nous le sacrement de la sortie de notre animalité, nous restons un animal mais un animal de plus en plus orienté et porté vers la véritable humanisation, comme l'est déjà, de façon tout à fait infime pour les animaux inférieurs comme pour ceux plus évolués, tout animal, vers l'hominisation.

L'obex, l'obstacle, ce qui barre en l'animal que nous sommes d'abord, ce passage vers notre hominisation, est originel. Un immense mystère. Dès l'origine de la création il y a comme un butoir qui veut empêcher ou entraver cette orientation, empêcher du moins de se mettre dans son sens. Le péché de l'origine est contemporain de l'origine de l'Univers entier, il a déboussolé son orientation divine dès cette origine.

Ca paraît absurde puisque ce péché est commis par l'homme qui ne viendra à l'existence qu'après des millions de siècles. Mais il faut se souvenir ici que l'esprit, celui de Dieu et aussi celui de l'homme, ne dépend pas absolument du temps et de l'espace, qu'il peut donc influer dès le début de notre temps et espace en dehors de tout temps et espace. Et, plus que par un seul homme, le premier, le péché originel peut être commis par tout homme qui en reste à son animalité, et être alors, possiblement, commis par tous, comme l'a dit Saint Paul.

Il y a en tout homme comme un moment, en dehors de tout temps et espace, qui lui donne de pouvoir poser cet obstacle. Et d'en pâtir. Le mot Adam signifie homme, et ne serait alors plus seulement le nom d'un être précis, celui du premier, ou des premiers, qui sont apparus sur la terre, mais bien celui de nous tous.

Ce qui est certain en tout cas, c'est que, dès l'origine de la terre et de l'apparition de la vie sur elle, « advient » la possibilité d'innombrables dérives tout au long de l'histoire de son évolution, elle sera très « mouvementée ».

La principale sans doute est cette sorte de nécessité pour beaucoup d'êtres vivants de ne continuer à vivre qu'en se nourrissant de la mise à mort d'autres vivants. Et cette nécessité aboutira... à la mise à mort en Croix du Vivant par excellence, du Prince de la Vie, qui deviendra ainsi et alors la nourriture de tout vivant aspirant à la vie éternelle en Dieu. La dérive est devenue le moyen par excellence de notre divinisation.

Et l'on continuera éternellement en vie éternelle à se nourrir de ce Pain de Vie ! On continuera à vivre de cette assimilation du Corps ressuscité du Dieu incarné pour que Sa façon de sortir de Son animalité quand Il se fait notre chair devienne et demeure éternellement la nôtre. Dans le don parfait de tout Lui-même nous invitant à un don de nous-même non moins parfait. Ce pain de vie confère, seul, la joie qui dure, ce dont était incapable le simple plaisir.

...Tentez de dire mieux ou autrement ces choses-là, vous nous rendrez service parce que vous contribuerez ainsi à maximaliser l'importance de l'Eucharistie pour tout homme

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