L'aventure de la Vie est-elle seulement biologique ?

Seul, un discours très simpliste peut le faire penser.

Un essai de conversion de la pensée ambiante par un renversement radical des perspectives premières habituelles.

Dans « Science et Avenir » (Juin 2005), en page de couverture, on peut lire : « Dans le secret de nos pensées » : « Science et avenir a été séduit par les images du film « du baiser au bébé » malgré quelques réserves scientifiques ».

On lit à la fin des pages 11 et 13 : « Le réalisateur avoue que ce documentaire a joué pour lui comme un révélateur : » L'aventure de la vie est beaucoup plus biologique qu'on ne le croit. On est très proche de l'animal. Depuis le film, je suis convaincu par la biologie de la passion. »

Mais dans l'article aussi : « Par souci d'un discours « télévisuel » simple, les hypothèses deviennent des faits irrécusables, les résultats, des preuves.... Certains des scientifiques qui ont participé à l'élaboration du film et fourni leurs images se disent déçus en trouvant le discours trop simpliste. »

Et plus loin le dossier « Voir la pensée » (pp. 62 ss.) : Maintenant « le couvercle de notre boite noire cérébrale pourrait se soulever, et nos pensées, notre conscience ou notre mémoire s'envoler ...»

« Voir le cerveau penser, on sait maintenant comment faire. Voir comment il pense est un des enjeux de Neurospin (Nouvelle technique d'IRM, = Imagerie par Résonance Magnétique)... »

Et encore, dans le même dossier : « L'imagerie s'attaque aussi à des domaines plus complexes et plus incertains : « humour, tristesse, foi, désir, confiance... et même conscient et inconscient. »....

On n'est pas loin de nous amener à penser que c'est notre cerveau qui commande notre conscience et notre foi religieuse, que c'est donc parce que nous sommes construits et constitués cérébralement de telle façon et pas d'une autre que nous devenons conscients et nous « attardons » à une foi religieuse. Ce n'est pas nouveau mais, ce qui l'est, c'est que maintenant on va arriver, du moins l'espère-t-on, à le prouver scientifiquement... Exit toute liberté de croire ou de ne pas croire, et de nous croire responsable, voire coupable, des pensées et agissements que nous dicte notre conscience, ou plus précisément notre cerveau. Ce n'est pas dit, mais on y arrive. L'homme n'est plus qu'un animal, certes beaucoup plus perfectionné que les autres, et à tous les autres infiniment supérieur. Mais seulement un animal.

La question est très grave. Certes nous sommes notre corps, mais nous ne sommes pas que notre corps. On peut dire que l'animal est son corps, mais, quand il s'agit de l'homme, on doit le dire d'une façon transcendante. Et c'est toute la question de l'esprit et de l'Esprit qui est posée. De l'esprit qui est essentiellement dépassement de ce qu'est notre corps, et notre cerveau, et les transcendant.

La tentation matérialiste est plus forte que jamais aujourd'hui.

On lit encore dans un encadré à la page 67 : « Les multiples formes de la conscience » : « L'IRM viendra-t-elle au secours des philosophes qui s'interrogent sur la conscience ? Ne s'agit-il que d'un phénomène naturel de plus dont il s'agit de trouver le mécanisme... Ou bien, échappera-t-elle à l'approche ? L'image n'a pas encore arbitré entre ces deux visions, matérialiste et dualiste, mais elle a déjà démontré que, comme pour toute tâche cognitive, il n'y a pas un siège unique de la conscience. »

Jésus-Christ s'est identifié à La Vie. La vie, comme le vent, comme l'esprit, ne se connaît que par ce qu'elle opère en le saisissant, en le mettant en mouvement, en le « vivant », la vie elle-même, personne ne peut la voir ! Or l'esprit, l'esprit de Jésus, le Saint- Esprit, couvre la terre dès son origine (Genèse 1, 2 : « Le vent de Dieu couvrait la surface des eaux. ») Une façon de dire son intériorité en tout ce qui existe et dont il veut s'emparer pour y insuffler la vie.

Peut-on se livrer ici à des considérations inhabituelles, en commençant par identifier Jésus-Christ à la vie, même dans les plus infimes êtres vivants ? Peut-on voir toute l'histoire de l'Univers, et de notre terre, comme celle de l'évolution de La Vie, programmée dès son origine vers le moment où elle va, enfin, s'emparer d'un être vivant supérieur pour en faire l'homme ? Et ensuite être identifiée au Fils de l'Homme.

Et la Vie est en évolution finalement vers la saisie d'un immense corps, le corps mystique de ce Fils de l'Homme, de Ce Christ, rassemblant toute l'humanité, dans une unité à la ressemblance de la parfaite Unité divine en la Trinité, et apte alors en chacun de ses membres à devenir et être devenu Ce Corps tout entier, de même qu'en Dieu chaque Personne divine est la Trinité entière tout en restant parfaitement distincte des deux Autres ?

« Divaguons » davantage ! Ne peut-on pas voir en tout être vivant déjà une conscience, extrêmement infime quand il s'agit des premiers vivants, et l'étant encore en chaque animal, en chaque être vivant, jusqu'à l'apparition de l'homme ? Regardez le coq de la basse-cour : ne donne-t-il pas l'impression qu'il a conscience de sa domination, avec ses airs supérieurs qu'il sait prendre lorsqu'il déambule lentement dans le poulailler ?

Vous voyez déjà ici, mais nous n'en sommes qu'au commencement, comment on va inverser la tendance ambiante à voir en l'homme un simple animal, très supérieur aux autres bien entendu, mais tout de même un animal. Ici on veut voir déjà dans tout être vivant, en tout animal, depuis le plus simple dans l'océan primitif, quelque chose, infime, de l'homme, quelque chose de la conscience de l'homme ?

On a parlé, on parle encore en théologie, d'une intervention divine particulière au moment où apparaît le premier homme. Plus que d'une intervention ne devrait-on pas parler d'une opération permanente, dès le début de la création, d'une opération de l'Esprit toujours actif vers l'évolution, celle-ci devant finalement aboutir à l'homme, à l'homme, et en Lui, à l'unité de tous les hommes ?

Et dès le début, dès l'origine, on appelle ça le péché de l'origine, il y a un « obex », quelque chose contre quoi l'Esprit se heurte dans toute la Création et tout au long de sa très longue histoire, devenue à cause de cet « obstacle » histoire d'une rédemption. Mais dès le début aussi il y a la victoire sur cette opposition qui va s' « historiciser » tout au long de notre évolution, comme infiniment longue et lente, puisque nous savons que l'incarnation divine a commencé à produire et répandre ses effets dès avant, bien avant sa manifestation historique il y a deux mille ans se continuant jusqu'à nous et bien après.

La présence du Dieu Trinité tout au long de l'histoire de la Création et de la Rédemption, est infiniment plus réelle que nous ne l'imaginons. Il ne s'agit pas de la penser comme une sorte de chosification de Dieu, mais bien comme un saisissement, une animation, un ferment, une prise sur Lui, une prise en charge... de toute notre histoire d'hommes, et de toute histoire de tout homme. L'Eucharistie, vue de Dieu, est pour accomplir cette prise en charge, ce saisissement qui veut accomplir parfaitement en l‘humanité entière ce que Dieu « effuse ».

Il n'y a pas d'intervention divine à tel ou tel moment de notre histoire, il y a intervention permanente de tout Dieu à tout moment de toute notre histoire, depuis notre origine et celle de l'Univers en lequel nous avons, apparemment, commencé d'exister, et jusqu'à son plein épanouissement et accomplissement.

Dieu est toujours infiniment présent à l'homme, mais il a des soucis avec lui parce qu'Il veut lui conférer Sa liberté, ce qui doit devenir en l'homme liberté et ne peut le devenir sans que l'homme l'assume dans son vrai sens, dans le sens même en lequel Dieu vit la parfaite liberté. Et ça ne peut pas se faire tout seul, pas plus qu'en Dieu éternellement ça ne se fait tout seul.

En réalité Dieu ne peut pas être « interventionniste » dans Sa Création parce que l'intervention suppose toujours extériorité de l'intervenant par rapport à sa « victime ». Et Dieu n'est qu'intériorité. Dieu est esprit, Dieu est un pur dedans, sa relation à sa création ne peut être qu'à l'intérieur, au dedans de celle-ci. Et du côté de Dieu, elle est parfaite intériorité à cette création, mais ne pouvant donc l'influencer que de son intérieur, alors que l'homme est sans cesse « agressé » par ce qui lui est extérieur, et que d'abord il appréhende par ses sens.

Alors l'aventure de la vie n'est pas « beaucoup plus biologique qu'on ne le croit », elle est beaucoup plus essentiellement et évolutivement « spiritualiste » de l'Esprit de Dieu. La matière n'est que matière, mais, matière vivante, elle appelle sa Spiritualisation, Sa « dedantisation », pour avoir un sens et donc être elle-même. Quand, enfin, elle aboutit à l'homme pour devenir le corps d'un esprit, un corps engendré par l'Esprit et pour l'esprit, elle peut enfin devenir elle-même. Elle appelle, tout au long de l'évolution, sa spiritualisation et en même temps la conscience, du moins ce qui maintenant, chez l'homme, est digne de cette appellation.

Il est possible que l'animal, le primate, soit devenu homme d'abord sans s'en apercevoir, du moins ne s'en apercevant que progressivement, il est possible qu'il y ait eu pour cela nécessité déjà d'un dépassement conscient de son animalité pour l'accession à son statut d'homme !

Il est possible aussi que cet avènement de l'homme en l'animal qu'il a commencé d'être se soit produit en différents « coins » de notre planète, voire à des époques différentes.

L'avènement de l'homme sur la terre n'est pas encore achevé. Il ne peut pas l'être tant que l'homme, du moins c'est le cas apparemment de beaucoup encore aujourd'hui : ils se croient devenus homme mais ne le sont pas réellement tant qu'ils continuent de vivre, apparemment du moins, selon leur seule animalité.

On peut dire que la véritable liberté n'est conquise que dans la libération de notre animalité et que c'est seulement selon la mesure de cette libération que naît en nous l'homme véritable « créé, et racheté, à l'image et selon la ressemblance du Dieu Trinité ». Dans la même mesure l'homme véritable aspire toujours à l'unité de tous les hommes.

Les biologistes risquent de s'enfermer dans leur « système ». Sans une connaissance approfondie de la mystique chrétienne, il est difficile qu'il en soit autrement. Ils ne la connaissent pas et nous croient alors, nous qui nous efforçons de la connaître, d'être nous-mêmes enfermés dans « notre système »

Il n'y a finalement qu'une façon de dire les « choses » en orientation vers la vérité du Dieu Esprit : tout être vivant, tout animal, a déjà quelque chose de l'homme, et est déjà programmé vers son avènement et son unité en le Christ. C'est exactement le contraire de ce que semblent penser l'ensemble des biologistes qui réduisent l'homme à son animalité. C'est une conversion à faire et refaire, c'est-à-dire un changement de perspectives, un renversement radical de ce que nous sommes tentés d'abord de penser et croire.

Et cette unité de toute l'humanité, à l'image de celle de la Trinité, la véritable unité en laquelle chaque homme est toute l'humanité, cette unité est elle-même programmée dès l'origine : c'est vers elle que tend toute la création et sa rédemption, vers elle que tend toute l'évolution de la vie, toute l'évolution du cerveau de l'être vivant, même s'il ne peut pas encore en avoir un !

« Dieu nous a fait connaître le dessein secret de Sa volonté, tel qu'Il l'avait librement conçu, pour le réaliser une fois les temps révolus : rassembler tout dans le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre en Lui.... » (Saint Paul dans l'épître aux Ephésiens ch.1er verset 9 et 10)

(A reprendre ...)

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