06/06/2005 juin 2005

Maurice Zundel, retraite à Timadeuc, avril 1973, extraits.

La plénitude de l'Etre, c'est la plénitude de l'Amour. En la Trinité divine l'être s'identifie à l'Amour.

L'homme qui peut disposer de tous ses mouvements dans la société, jusqu'à un certain point du moins, va, s'il n'est pas libre de lui-même reporter tous ses esclavages jusque dans toute son activité, dans toutes ses opinions, dans toutes ses affirmations, dans tous ses livres, dans toutes ses œuvres, et il ne pourra pas ne pas contaminer le milieu ambiant avec l‘esclavage intérieur qu'il subit.

La liberté ne signifie donc rien si elle n'est pas un chemin vers notre libération ! Et notre libération est radicalement impossible si nous ne savons pas ce qu'elle signifie, si nous n'avons pas le modèle divin, si nous ne comprenons pas que la plénitude de l'être, c'est la plénitude de l'Amour, si nous n'avons pas identifié l'être avec l'Amour, comme c'est le cas au cœur de la vie divine.

Il y a donc une morale issue de la Trinité, et qui est la seule morale possible, la seule actuelle, la seule qui recoupe toutes les exigences d'autonomie, de grandeur, d'intériorité, de création, de dignité et d'inviolabilité : tout cela jaillit de cette rencontre avec le cœur de la Divinité. La morale devient alors une mystique puisqu'elle est une relation personnelle avec la divine pauvreté. Elle n'apparaît plus comme une obligation mais comme un mariage d'amour.

« Je vous ai fiancés à un époux unique pour vous présenter au Christ comme une vierge pure. » C'est un autre monde ! La morale d'obligation est défunte et il ne faut pas la ressusciter : il y une morale de libération infiniment plus exigeante puisqu'elle demande tout toujours, à chaque instant et partout, dans un engagement qui va jusqu'à la racine de l'être, puisqu'il y va toujours de la totalité de l'être dans nos décisions pleinement libres. Rien n'est plus exigent mais rien n'est plus créateur, rien n'est plus libérateur.

...Le malheur de notre monde, c'est de n'avoir pas trouvé le Dieu Vivant, de n'être pas entré dans ce Buisson ardent qui brûle au cœur de Dieu, de n'avoir pas rencontré le Visage de fête du Christ Jésus.

...Etre, tout est là ! Ou aimer, tout est là ! Puisque finalement c'est la même chose.

Date de publication sur le site : 06/06/2005