Le trésor n'a pas encore été re-découvert ?

Si l'on prête attention à la parabole du trésor caché, on remarque qu'il y a nécessité d'une redécouverte puisque celui qui l'a découvert commence par le re-cacher, et doit ensuite vendre tout ce qu'il a pour acheter le champ et re-découvrir le trésor en lui enfoui, en lui recaché par le « découvrant » afin d'être sûr, une fois le champ acheté, de l'y re-découvrir.

Est-on bien sûr qu'après deux mille ans de christianisme l'on ait bien redécouvert le trésor que Jésus-Christ est venu nous faire découvrir ? Est-on sûr, dans l'Eglise, d'avoir acheté le champ en lequel le trésor a été re-enfoui et de l'y avoir de nouveau découvert ?

Si l'on veut bien considérer et admettre que ce trésor, c'est la « trinitarité » divine, l'on peut sérieusement se demander si cette découverte, comme en un second temps, a vraiment été faite et il peut sembler que non.

Que ce trésor soit la « tinitarité » divine est pourtant presqu'une évidence, puisque c'est pour avoir fait cette révélation que Jésus a été crucifié : l'Evangile nous dit qu'il a été condamné parce que "Il appelait Dieu son Père, se faisant ainsi l'égal de Dieu".

Peut-être une certaine faiblesse d'esprit dans l'Eglise fait-elle qu'on n'a encore très peu développé ce mystère. ? Cette faiblesse d'esprit n'a pas seulement été manifeste lorsqu'on a condamné Bruno au bûcher et que Galilée l'a évité de justesse, elle peut être toujours présente et agissante. Ce n'est pas par simple orgueil que Einstein a parlé de la sottise humaine active en bien des esprits. Une des pires manifestations de cette bêtise se montre dans l'Eglise lorsqu'elle se croit possesseur de l'entière vérité de Dieu et de toutes choses, et peut-être ne s'est-elle pas encore complètement désappropriée de cette stupidité.

On a déjà multiplié sur ce site les textes zundéliens tentant de révéler le mystère de l'homme, ce qu'il est, ce qu'il doit devenir. On continuera encore de le faire, mais c'est dans le but d'arriver à une meilleure connaissance de « qui est Dieu », impossible sans cette première prise de conscience de « qui est l'homme ». C'est presqu'une évidence si l'homme est créé à l'image et selon la ressemblance de Dieu. Déjà l'on commence à entrevoir ce « qui est Dieu » aussitôt qu'on a commencé à parler authentiquement de l'homme comme l'a si admirablement fait Zundel.

Peut-on dire, en courant le risque de sursauts d'indignation, que l'Eglise encore aujourd'hui n'a que très peu développé ce mystère de la Trinité ? Les prêtres américains, récemment condamnés, disaient sans doute, à peu près tous, leur bréviaire chaque jour ! Cela ne les a pas empêché de sombrer dans le pire. Est-ce tout à fait de leur faute ? Pourquoi la prière de l'Eglise est-elle encore essentiellement une prière de l'Ancien Testament... où, à côté d'autres choses beaucoup plus belles, se multiplient tout de même de nombreux appels à la vengeance et les génocides ?

La Trinité divine n'apparaît pas dans les psaumes. Beaucoup n'en sont pas moins admirables mais ils s'adressent à un Dieu non découvert comme Trinité, et il s‘y agit surtout d'une prière de l'homme individu à un Dieu solitaire, même si les accents sont magnifiques et entraînent immédiatement notre adhésion. Il n'en reste pas moins que Jésus-Christ n'y est pas encore bien présent, Jésus-Christ avec lequel et en lequel l'homme n'est plus jamais seul et s'adressant à un Dieu tout seul ! L'homme, même s'il est membre du peuple dit élu, n'y est encore qu'un individu parmi des milliards d'autres !

On objectera que, depuis bien des siècles, toute prière chrétienne commence au nom du Père, du Fils et de l'Esprit, mais il ne s'agit pas ici de nommer le Dieu Trinitaire, il ne s'agit même pas de le dire, peut-être mieux et plus souvent, et de Le prêcher en de nombreuses homélies, encycliques, documents, pontificaux ou autres, il s'agit de le vivre, ce qui entraîne une toute autre façon de concevoir la vie elle-même et toutes les réalités terrestres.

Il est urgent que la prière chrétienne nous porte clairement dans ce sens. Un seul mot résume cette nouvelle attitude, seule permettant de commencer à découvrir le mystère de Dieu, et de toute réalité, c'est le mot, employé si souvent par Zundel, celui de désappropriation, qui ne figure même pas dans le dictionnaire français, et que l'ordinateur souligne toujours en rouge parce qu'il ne le reconnaît pas. C'est pourtant de désappropriation qu'il s'agit essentiellement dans les deux paraboles du trésor caché et de la perle précieuse puisque celui qui les a découverts commence par se désapproprier de tout ce qu'il a pour pouvoir enfin trouver ce qui est infiniment plus précieux que tous les avoirs terrestres.

Le mot de désappropriation désigne, si l'on peut oser dire ainsi, ce qui construit éternellement la trinitarité divine : le Père ne s'est jamais regardé lui-même, s'il pouvait le faire il cesserait immédiatement d'être Dieu ! Le Fils Lui-même ne regarde jamais que le Père, et aucunement lui-même, Il ne se voit que dans sa relation au Père. Et l'Esprit, cette Personne divine indéfinissable encore plus que les deux autres et dont on a encore à peine commencé à développer ce qu'Il est, l'Esprit-Saint est Sa relation au Père et au Fils dont Il opère éternellement l'engendrement réciproque en même temps qu'Il est Celui qui jaillit éternellement de cet engendrement. Dans la parabole, c'est bien de désappropriation qu'il s'agit puisque le découvreur doit d'abord se désapproprier de tout ce qu'il possède pour pouvoir acquérir un bien infiniment plus précieux.

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