Deuxième homélie pour le 17ème dimanche. Matthieu 13, 44-52.

Les deux paraboles de la recherche et de la découverte.

Le royaume des cieux est toujours à découvrir.

Un Univers in-sensé si toute son histoire était engloutie un jour par le néant.

Les hommes aiment énormément chercher et découvrir.

Les enfants raffolent des jeux où ils ont à chercher... des trésors cachés, ou à trouver le sens des devinettes comme des jeux de piste... Tous aiment regarder les « cartes au trésor » télévisées chaque été.

Dans les deux paraboles de ce jour Jésus met en scène un homme qui a découvert un trésor caché dans un champ, et vend tout ce qu'il a pour l'acheter. Et un autre homme qui cherche des perles fines : une seule, de grande valeur, lui fait vendre tout ce qu'il a pour l'acheter. Il n'a pas besoin d'en chercher d'autres. C'est tout simple, aucune explication n'est nécessaire.

Alors demeure un étonnement : comment se fait-il que les hommes qui aiment tant les secrets et les recherches, et sont tout contents quand ils ont trouvé la solution, ne pensent pas avec plus d'intelligence à chercher et découvrir les secrets du Royaume ? Comment se fait-il que les hommes qui aiment tant les jeux d'esprit ne soient pas plus occupés à chercher, découvrir et trouver, les secrets du royaume de l'Esprit ?

On aime les mystères, on aime encore davantage les découvrir. On aime le suspens. L'auteur de Da vinci code doit sa réussite à ce qu'il a su exploiter au mieux cette passion, et, quitte à déformer complètement le message évangélique, il s'est servi du suspens qu'il présente pour inventer beaucoup de faux mystères. C'est presque blasphématoire mais ça réussit.

Jésus s'y est pris d'une autre manière, et, si l'on trouve dans l'Evangile des secrets, c'est pour une toute autre raison et dans un tout autre but. Il s'agit de sauver les hommes.

Ce n'est pas un hasard si le Nouveau Testament s'ouvre sur le récit d'un secret, celui raconté en l'Evangile de Saint Matthieu qu'on pourrait appeler le secret de Marie. Et la solution n'est pas donné dans l'Evangile. Jésus lui-même nous a dit dans l‘Evangile que les paraboles sont proposées pour découvrir le secret de choses cachées depuis l'origine du monde : Il faudrait que nos églises soient toutes des palais de la découverte, des palais de la recherche et de la découverte, des palais de l'expérience de Dieu où l'on ressent au cœur la brûlure intérieure des disciples d'Emmaüs quand Jésus leur expliquait l'Ecriture, et son centrage sur Sa passion, Sa mort et Sa résurrection, sans lequel plus rien ne peut être compris, plus aucun secret ne peut être découvert, plus aucune recherche ne peut aboutir.

La découverte ne peut se faire qu'au prix d'expériences de ce mystère central de la foi chrétienne. Il faudrait que nous éprouvions au moins une fois cette joie intérieure de celui qui enfin a trouvé. Puisse ce royaume des cieux nous apparaître, peut-être subitement, comme la chose essentielle.

J'écoutais à la radio, avec une certaine morosité, ces savants qui nous rappellent que la terre disparaîtra un jour, et donc l'homme avec elle, s'il n'a pas su émigrer en d'autres planètes, elles-mêmes vouées au même tragique destin un peu plus tard. Mais alors, pensez-y, il ne resterait strictement rien de toute l'histoire de l'humanité : elle aurait été vécue pour rien !

C'est proprement in-sensé : tout ce cortège innombrable durant d'innombrables siècles, tout ce cortège de malheurs, de morts et de néant... pour rien ! Si rien n'avait jamais existé, si rien n'avait été, ce serait exactement la même chose ! Le néant aura englouti, d'une seule bouchée, tout ce qui a existé et existe, sans qu'il ne puisse y avoir rien après.

Avons-nous réfléchi seulement un instant que la souffrance humaine, innombrable, de toutes sortes, jamais la même d'un homme à un autre, pourrait donc n'avoir eu aucun sens, et n'avoir servi strictement à rien : elle deviendrait alors une énormité sans mesure dans ce non-sens absolu ?

Combien est-il plus réconfortant et rassérénant de penser que la souffrance du Christ change le sens, ou plus précisément donne du sens à toute souffrance humaine et la rend supportable, et que Son passage parmi nous lorsqu'Il se fait homme, éclaire toutes choses !

Ce qui ne doit aucunement empêcher de combattre la souffrance sans cesse et d'innombrables façons. Mais la façon dont Jésus la combat en la prenant sur Lui, lui donne son sens ; et, seule, la rend acceptable.

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