Cénacle de Genève - 1974

Paroles dites par M. Zundel au Cénacle de Genève en 1974 à propos de l'homme et de Dieu.

« Il n'y a pas d'homme sans le pressentiment de l'Infini ! (cela veut dire qu'on ne peut pas devenir vraiment homme sans pressentir l'Infini.) Car où situer l'homme s'il ne porte pas en lui une valeur incommensurable qui est le bien de tous les hommes et de tout l'Univers ? Il est impossible de situer l'homme à part dans la classification animale s'il est un animal comme les autres, un faisceau de besoins, d'instincts et de déterminismes, prisonnier à l'intérieur de lui-même...

... Comment dégager cet Infini pressenti ? Comment le vivre et le communiquer?

Comment faire de notre présence un don qui clarifie toute l'humanité et tout l'Univers ? C'est seulement à partir de là que le problème de Dieu va s'amorcer... Pour sortir de nous-mêmes... il n'y a pas d'autre chemin que la rencontre avec Celui à qui nous pouvons tout donner. »

L'homme et Dieu grandissent ensemble, je veux dire qu'à mesure que l'homme grandit, Dieu se révèle d'une manière plus lumineuse et profonde et, quand l'homme a atteint son suprême sommet comme dans 1'Humanité de Notre Seigneur, le Visage de Dieu resplendit dans toute sa Beauté et Vérité. »

On ne peut pas dissocier le problème de 1'homme et le problème de Dieu : Dieu ne vient pas là comme une Vérité qui s'impose du dehors, elle s'impose du dedans de nous et, si Notre Seigneur a pu justement s'introduire au cœur de la Divinité, c'est parce qu'il est totalement délogé de toutes les limites par cette désappropriation divine qui Le revêt et L'embrasse tout entier pour nous atteindre tous et faire de nous tous ensemble un seul Corps et une seule Personne.

L'homme n'est protégé contre lui-même et contre les autres que dans la mesure où il est le porteur d'une valeur infinie qui le dépasse infiniment et qui est le bien commun de tous les hommes et de tout l'Univers ! Aussi bien les opprimés, quels qu'ils soient, portent une blessure divine ou, plus exactement, c'est Dieu qui est blessé en eux dans l'oppression qu'ils subissent.

Le mal est toujours le mal d'une blessure faite à Dieu avant même qu'elle n'atteigne 1'homme car, justement, plus le mal est sadique et monstrueux, plus il fait éclater la dignité de l'homme en tant qu'il est porteur de Dieu.

L'homme est consacré, il est sacré par cette présence de Dieu, et piétiner l'homme, c'est d'abord piétiner Dieu ! Il s'agit donc de respecter cet homme, de le respecter dans sa vie, dans son environnement, dans son gagne-pain et son travail, parce qu'il est le porteur de Dieu. Et cela implique une transformation radicale du travail.

Ce qui est affligeant, c'est qu'il n'y ait pas cette conscience que, se soumettre à l'espèce et en faire les gestes, c'est simplement se rendre esclave et renoncer à être homme.

(Maurice Zundel au Cénacle de Genève en 1974)

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