La Rochette - septembre 1963

Qu'est-ce qu'une parabole ?

Ce n'est sans doute pas un hasard si les paraboles fixées sur nos murs ou nos toits ont pris le nom de parabole : elles n'ont de sens que pour capter des « choses », ici des émissions télévisées, qu'on ne pourrait voir sans elles.

Bien avant leur invention, Jésus-Christ est apparu pour nous donner de pouvoir capter des « choses » cachées dès l‘origine du monde. Il est seul à pouvoir nous faire capter le sens de « qui est Dieu » : un Dieu éternellement vivant dans une double opération, celle d'un Père éternellement engendrant, portant, et faisant naître un Fils, Ce Fils lui donnant éternellement d'être le Père, ET celle d'un Esprit jaillissant de cet engendrement éternel de l'Un par l‘Autre en même temps qu'Il est l'opérateur de cet engendrement. Un sens encore caché à la majorité des hommes.

C'est tellement déconcertant que çà peut paraître une absurdité à la plupart des hommes qui, bien sûr, n'oseront pas, la plupart du temps, le dire.

Qu'est-ce qu'une parabole ? C'est le plus souvent, pour les chrétiens, un petit texte partant d'une réalité bien connue de tous et la présentant comme en cachant une autre, et faisant découvrir ce sens caché à ceux qui peuvent comprendre. Ce pourrait être le cas sans doute de toutes les réalités atteintes et perçues par nos sens physiques : toutes sont créées par Dieu et portent donc, cachées en elles, d'autres réalités invisibles, beaucoup plus réelles parce qu'éternelles, dont elles sont le signe pour ceux qui en savent capter le sens en les pénétrant, c'est-à-dire en entrant dans ce qui leur est intérieur et donc caché.

Le mystère de la vie est déjà présent et agissant dans toutes les paraboles proposées par Jésus, mais aussi et surtout par cette parabole vivante qu'Il est pour nous. Il vient pour nous permettre de le capter.

Car la parabole n'est pas seulement offerte à nos sens intérieurs pour être captée dans les plantes ou d'autres réalités terrestres, elle est aussi, et surtout, une personne vivante, Jésus- Christ lui-même.

Il est très important de commencer à comprendre comment la Personne de Jésus-Christ est une parabole vivante nous donnant d'entrer dans le mystère du Dieu Trinité : c'est seulement en et par Lui que l'on peut commencer à capter Ce mystère, extrêmement déconcertant, de la Divinité. Avec Jésus elle n'est plus ce que les hommes pensaient jusqu'à son incarnation. Le mystère de Jésus est tout entier dans Sa parfaite offrande qui achève Sa vie terrestre. Le Tout Puissant, qui est Lui, se manifeste dans la toute-faiblesse.

On dit ici que « Dieu est Lui », même si, au début de l'Evangile de Jean on lit couramment : « Le Verbe était Dieu ». Simplement parce que dans l'Ecriture Dieu est toujours sujet, et parce que dans le texte original de cet Evangile, Dieu ici est un sujet puisqu'il est écrit : « kai theos èn o logos » traduit par la vulgate : « Et Deus erat Verbum » : « Et Dieu était le Verbe. »

Zundel nous parlera, dans le beau texte ci-dessous, de la parabole sanglante qu'est Jésus, la parabole de Dieu, nous révélant le sens caché, et nous permettant de le capter, le sens de « qui est Dieu » parce qu'Il est Trinité et révélé tel par Jésus-Christ.

"Jésus est la parabole vivante de l'éternelle divinité et Il va devenir sur la Croix la parabole sanglante de cette passion mystérieuse qui brûle au Cœur de Dieu.

Sur la Croix, comme partout, l'Humanité sainte de Notre Seigneur n'exprime pas Soi mais Dieu. Et c'est cela qui doit retenir notre attention : sur la Croix, c'est Dieu qui meurt pour nous, Dieu qui meurt d'amour pour ceux-là qui refusent obstinément de L'aimer ! C'est le paradoxe de la justice maternelle ! (1)

La passion de Dieu pour nous est assez grande pour qu'elle ne puisse s'exprimer dans le temps que dans cette parabole sanglante où l'Humanité de Jésus s'immole pour attester l'amour indéfectible de Dieu. Qui jamais ne nous abandonnera, jamais ne nous livrera au néant, jamais ne cessera de nous poursuivre avec cette tendresse silencieuse, infiniment patiente, et qui ne se lassera jamais.

Qu'est-ce que le mal de l'homme sinon d'être absent de Dieu ? Et quelle est la source de toutes nos misères sinon le refus d'une création d'amour qui peut seule nous situer au plan d'une vie intelligente et libre ? Ce mal de l'homme est aussi le mal de Dieu. »

(La Rochette, septembre 1963)

Note (1) : Zundel a dit bien souvent que Dieu est tout autant, sinon bien davantage Mère que Père.

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication. Les contributions doivent porter sur le sujet traité, respecter les lois et règlements en vigueurs, et permettre un échange constructif et courtois. A cause des robots qui inondent de commentaires publicitaires, nous devons imposer la saisie d'un code de sécurité.

Code de sécurité
Rafraîchir