« Prenez et mangez-en tous ..." Reprise et développement.

L'importance des dispositions.

 

L'Eucharistie n'est pas instituée par le Seigneur d'abord pour qu'Il y soit adoré mais bien pour qu'Il soit mangé ! Il ne s'agit pourtant pas ici de voir dans le culte du Saint Sacrement une dérive de sens de l'Eucharistie, mais de tenter de bien faire saisir comment ce culte doit toujours être relationné à sa manducation, elle est nécessaire pour tous : on adore le Saint Sacrement pour en accroître la faim, le désir, et le goût, pour faire grandir en nous une vie d'offrande.

 

On doit apprécier à leur juste importance les dispositions nécessaires pour que l'homme reçoive ce sacrement avec fruit. On peut dire que si l'homme n'a aucune vie intérieure véritable, il ne devrait pas recevoir Ce Pain de Vie... Saint Paul est très clair, il demande que chacun s'éprouve soi-même avant de Le recevoir... On n'a peut-être pas assez mis en lumière ce discernement, nécessaire, et faute duquel « on mange sa condamnation », ces termes paraissent très durs, ils veulent simplement dire que le manque de ce discernement peut mettre l'homme dans l'impossibilité d'être sauvé, et qu'on ne peut l'être que par l'Eucharistie, ce sacrement qui donne la vie éternelle. Sans sa réception, sans sa manducation, le baptême en implique toujours le désir, il n'y a pas d'espérance de salut. Mais tout homme en est capable, même s'il ne connaît pas Jésus-Christ.

 

On peut se demander quelles étaient les dispositions des Apôtres lorsqu'ils ont reçu de la main même du Seigneur leur première communion. Elles n'étaient certainement pas parfaites ! Cela nous rassure ! Puisque, juste après, Pierre va le renier, Judas le trahir, et les autres apôtres s'enfuir. Ils étaient alors apparemment incapables de ce discernement demandé par Paul, mais ils se sont laissés « communier » par le Seigneur. Leur première communion était d'un genre tout à fait unique puisque le sacrifice dont elle est le sacrement n'avait pas encore été offert.

 

Les Apôtres, du moins semble-t-il, n'ont pas renouvelé la consécration du pain et du vin lorsqu'ils se sont réunis au Cénacle avant la descente de l'Esprit, mais Marie était là, avec d'autres femmes et amis du Seigneur, ils se préparaient à la Pentecôte « officielle », ils avaient besoin d'elle... C'est ensuite qu'ils auront besoin de l'Eucharistie que saint Irénée définit comme « le pain qui donne l'Esprit »

 

La Vierge Marie n'a vraisemblablement jamais reçu la communion ! Cet Esprit lui a été donné dès son Immaculée Conception et n'a jamais cessé d' « opérer » en elle. Elle n'est pas incluse dans le « mangez-en tous » parce qu'elle a toujours été en communion permanente avec le Seigneur dont elle a porté le Corps, et parce que sa maternité universelle lui donne de transmettre à tous tout ce qui est donné dans la manducation du Seigneur. Elle est la première médiatrice de toute grâce comme de toute prière, comme nous sommes tous appelés à le devenir. On le développera plus tard.

 

Aucune autre nourriture ne peut être prise par l'homme avec autant de précautions. Il s'agit de nourrir l'intériorité de l'homme, c'en est la nourriture propre et, s'il n'y a pas d'intériorité en l'homme qui la reçoit, la communion ne peut avoir de sens ni d'effet.

 

La manducation du Corps du Christ est nécessaire à l‘homme, il ne peut pas devenir véritablement et authentiquement homme sans cette manducation reçue dans les meilleures conditions. Il s'y agit du suprême essentiel ! Jésus l'a dit : « Celui qui mange de ce pain, vivra éternellement. » Aucune résurrection n'est pensable et possible sans la manducation de ce pain, (dont nous continuerons de nous nourrir éternellement au paradis,) sans du moins son désir dont tout homme est capable même s'il n'a pas pu connaître Jésus-Christ C'est une question de vie .. ou de mort parce que, sans cette assimilation du Corps du Seigneur en état d'offrande parfaite, il n'y a pas d'espoir de vie au-delà de la mort. Zundel n'a jamais parlé de cet au-delà autrement que comme un au-dedans.

 

Il n'y a pas d'au-delà de la mort, ni d'au-dedans, tant qu'il n'y a pas de vie EN lui, et il ne peut y avoir de vie EN lui que si l'homme a reçu ce pain de vie. Toute autre vie est éphémère et ne devrait même pas porter le nom de vie Mais on peut recevoir la communion avec fruit sans avoir pleinement ces meilleures dispositions, comme l'ont fait les Apôtres, puisque ce n'est qu'après la Pentecôte qu'ils ont commencé à comprendre ! Pour nous aussi.

 

La communion eucharistique a ceci de particulier qu'il faut avoir reçu l'Esprit pour la bien recevoir ET c'est elle qui donne cet Esprit. Ce n'est que dans cet accueil, et selon la qualité de cet accueil de l'Esprit, qu'on en comprendra mieux le sens et l'importance Encore est-il nécessaire d'être au moins disposé à ces meilleures dispositions.

 

Il est certain que, depuis plusieurs décennies, on a banalisé la communion.. On a quelque peu négligé d'enseigner son importance, tout en acceptant de la donner facilement à tout le monde.

 

Il ne s'agira pas, avant de recevoir ce Corps du Christ, d'avoir la certitude qu'on est dans les meilleures dispositions, mais de désirer l'être, et l'adoration du Saint Sacrement devra affermir ce désir des meilleures dispositions. Elle peut alors prendre une importance capitale.

(À reprendre ?)

 

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