Les développements qui suivent ne prétendent aucunement s'imposer ! Mais il peut sembler urgent aujourd'hui d'en tenter de ce genre, si l'on prend conscience de ce que la majorité des grands esprits scientifiques ou littéraires d'aujourd'hui sont devenus en fait complètement indifférents au christianisme : dans le meilleur des cas ils en font une religion comme les autres, qui n'apporte donc rien de plus que toutes les autres.

La divinité est cachée en l'Humanité de Jésus-Christ, encore davantage en l'Eucharistie. Cachée ne veut pas dire seulement qu'on ne peut pas l'y voir, mais encore et même qu'elle ne peut pas être contenue en cette Humanité bien qu'elle veuille se communiquer parfaitement à elle. Les limites de la créature empêchent cette communication totale, et c'est seulement lorsque cette Humanité sera passée au Père que la divinité pourra Lui être parfaitement et totalement communiquée, c'est le miracle des miracles que, dans Son Humanité même, Jésus puisse devenir l'égal de Dieu, le " assis " à la droite du Père.

Que ce passage au Père lui soit infiniment difficile n'étonne plus lorsque l'on considère que cette Humanité est appelée à être tout à fait semblable à Dieu ! Ça ne peut aucunement se faire comme çà, tout seul ! Dieu Lui-même, le Dieu Trinité ne se fait pas comme ça éternellement ! Son éternelle parfaite divinité est due elle-même à un infiniment et éternel mystérieux " passage " du néant à l'être en et par le vécu éternel de Sa relation d'identité à l'Autre divin.

Il faut ici se souvenir de ce que " Dieu est Esprit " et que c'est par l'opération de l'Esprit que Dieu s'incarne en Jésus-Christ : c'est une incarnation divine parfaite, c'est vers cette opération qu'est orientée l'opération de l'Esprit dès l'origine de toute la Création toujours orientée vers l'apparition de l'homme, plus précisément vers la parfaite spiritualisation de l'Humanité de Jésus-Christ qui s'accomplira lorsqu'Il sera passé, en et par cette Humanité, jusqu'au Père. Car, lorsqu'ainsi Dieu se fait chair, il devra respecter la façon du vécu selon le temps et l'espace de tout homme : ce n'est donc pas immédiatement, dès la conception de Jésus en Marie, que s'accomplira cette parfaite " spiritualisation " de Son Humanité. Le Passage au Père est nécessaire : il faut qu'il souffre, meurt et ressuscite.

Et c'est la réception de l'Eucharistie qui va permettre à l'homme de " connaître " aussi une parfaite Spiritualisation, même de son corps, en et par celui de Jésus- Christ " eucharistié ". C'est pour cette fin que Jésus institue l'Eucharistie.

Il est à la fois extrêmement important et extrêmement difficile aujourd'hui dans l'Eglise de parler du mystère de l'Eucharistie. Lorsque j'ai publié un livre recensant les paroles qui m'ont paru les plus importantes dîtes par Zundel sur ce mystère, une thèse a été rédigée, plus de 50 pages ! Pour montrer comment Zundel est hérétique. Ils n'ont pas encore compris, et l'Eglise a peur de ces développements zundéliens parce que ils dérangent les développements habituels autour de ce mystère : on préfère sinon les rejeter du moins les occulter.

Ce qu'il faut retenir, je pense :

Jésus s'est incarné pour instituer l'Eucharistie. Ce sera, si l'on peut dire, la dernière " chose ", la " chose " essentielle, qu'il fera avant d'entrer dans Sa passion, c'est véritablement Son testament, et cette institution sera suivie du long discours après le Cène donné dans l'Evangile de Jean pour en développer le sens.

Jésus-Christ s'est incarné pour l'offrande parfaite, même de Sa vie. Lorsque, par toute sa vie mais principalement par Sa passion, Sa mort et Sa résurrection, Son Humanité passe au Père, Il est parfaitement offert au Père et se révèle comme le parfaitement offert. Il n'a pas d'autre désir, pas d'autre volonté, lorsque Son Humanité est, dès son origine en Marie, et par l'opération de l'Esprit, parfaitement saisie par Sa Personne. Et cette volonté est celle du Père, du Fils et de l'Esprit. Et toute la vie terrestre de Jésus-Christ est orientée, et plus qu'orientée puisque cette orientation ne fait qu'un avec Sa Personne, vers la manifestation de la perfection de Son offrande : c'est manifeste lorsqu'Il souffre et meurt sur la Croix.

Il est appelé le Sauveur. Toute sa vie est orientée vers ce sacrifice qui sauve. II en parle comme d'un baptême qui l'angoisse en permanence et qu'il désire infiniment être déjà accompli : comment souligner mieux son importance infinie ?

Et l'Eucharistie est le sacrement de ce baptême, le sacrement de cette offrande parfaite, ET ce sacrement est pour les hommes, pour qu'ils puissent parfaitement ressembler à Dieu dans une même offrande : nous verrons Dieu ! Ressuscités, nous Lui serons semblables par la " vertu " de ce sacrement, en et par sa réception qui est communion aux souffrances du Christ, à Sa mort et à Sa résurrection, et, en Lui, qui est communion aux souffrances de tous les hommes.

C'est ce pain du sacrifice de Jésus qui est la seule nourriture capable de donner la vie éternelle à qui s'en nourrit ! Qui s'en nourrit peut-être jusqu'à aller en certains à ne plus désirer, et ne plus consommer aucune autre nourriture, comme ce fut le cas pour Marthe Robin, mais aussi pour d'autres même étrangers au christianisme officiel.

Mais l'on sait que le seul désir de cette nourriture, qui peut prendre d'innombrables formes, suffit pour en recevoir l'effet infiniment bénéfique. Evidemment cela implique un effort, et le sacrement nous en donne en même temps la force, un effort pour conformer notre façon de vivre à celle de l'offrande parfaite de Jésus.

ET il faut retenir aussi que ce don parfait de Jésus est en parfaite " harmonie " avec ce qui est vécu éternellement en le Dieu Père, Fils et Esprit, et qui fait que Dieu est Dieu puisqu'il n'y a pas d'autre façon de l'être.

C'est même dans cette offrande, dans ce vide parfait de soi opéré par chaque Personne divine pour être l'Autre, c'est la façon de l'éternelle offrande en Dieu, c'est dans cette façon d'offrande parfaite, en et par un vide absolu, que surgit et jaillit toute la Création, que se développe toute l'opération apparemment infiniment longue et persévérante de l'Esprit depuis le moment originel où II "couvre la terre" jusqu'à son opération d'engendrement de Jésus-Christ en Marie pour pouvoir être semblablement engendré en et par chaque homme :

Jésus-Christ consomme son offrande parfaite pour le salut et le bonheur de Dieu et des hommes, et le parfait achèvement de toute Sa Création.

Sentez-vous combien il est important aujourd'hui de présenter la foi chrétienne et ses mystères de sorte qu'elle puisse être reçue et assimilée par les plus grands esprits ? Sans paraître absurde, bien au contraire. Ce sont ces grands esprits qui entraîneront les autres, tous ces autres, innombrables aujourd'hui, qui semblent être devenus complètement indifférents à ce que confesse et professe l'Eglise. Supplions le Seigneur qu'Il lui donne de le faire en termes qu'ils puissent entendre, et en être illuminés !

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