Dans le journal « La Croix » du 15 août dernier on peut lire quelques colonnes sur « Marie selon Benoît XVI, une pensée stimulante ». Un peu difficile à comprendre pour le lecteur moyen que je suis, un peu succinct aussi si l'auteur voulait prétendre, ce qu'il ne fait pas, quelque peu recenser deux livres récemment réédités du Cardinal Ratzinger.

On s'arrêtera ici seulement sur « Marie co-rédemptrice » : le Pape n'a pas l'intention de définir un nouveau dogme marial à ce sujet, heureusement ! Une définition nouvelle n'est pas nécessaire puisque cette co-rédemption, finalement, est clairement dite dans le Nouveau Testament.

On voudrait simplement ici le faire remarquer.

Ce n'est nullement un hasard, ou un simple détail, si l'Evangile nous dit que Jésus n'a pas porté Sa Croix tout seul, et qu'Il n'a pas été crucifié tout seul, et que trois femmes portant toutes trois le nom de Marie se trouvaient, effondrées mais debout, au pied de la Croix de Jésus avec l'apôtre Jean. Elles sont toutes trois, avec Jean, co-rédemptrices, et aussi avec le bon larron, et encore Simon de Cyrène, et peut-être même à sa façon avec celui qui est crucifié de l'autre côté de Jésus, dont l'Evangile ne nous donne pas à penser qu'il soit damné.

Saint Paul nous a dit qu'il achevait ce qui manquait aux souffrances du Christ : n'a-t-on pas là la meilleure définition de ce qu'on peut appeler co-rédemption ? Et l'on voit alors que Marie n'est pas la seule co-rédemptrice !

On peut sans doute dire que toute souffrance humaine est appelée à devenir co-rédemptrice. C'est une des merveilles de l'Amour de notre Dieu qu'Il ait voulu associer l'homme, dans tout ce qu'il souffre, à la rédemption accomplie par le Fils de Dieu mourant sur la Croix. Toute souffrance humaine doit certes être combattue par tous les moyens possibles, il n'en reste pas moins que les souffrances demeurent, innombrables et sous d'innombrables façons, et atteignent chaque homme : comment alors ne pas voir en cette co-rédemption offerte à chaque homme une des manifestations les plus sublimes de l'Amour de Dieu ?

Marie peut être vue comme la première co-rédemptrice, du fait de sa station au pied de la Croix, effondrée mais debout. Marthe Robin qui a vécu chaque semaine durant près de 50 ans la Passion de Jésus, jusqu'à en porter les stigmates, et l'ensanglantement sur son visage, a dit, dans une belle naïveté, qu'elle était celle qui avait le plus souffert sur la terre, mais après la Vierge Marie. Justement à cause de cette passion de Jésus innombrablement vécue et re-vécue.

Est-il permis de penser (cf. le texte d'hier) que c'est à ce moment-là que Marie est morte, et, dès que la mort de Jésus est réellement accomplie, «assomptée» avec Lui au paradis en même temps que le bon larron ! Et ce jour même, « aujourd'hui », où elle a vécu de façon parfaite la co-rédemption ?

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