Quelques directions de pensée possibles ( ?) au sujet de l'Assomption de Marie...

Ce ne sont ici que des balbutiements...

Le mystère de l'Assomption de la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, mère de Jésus-Christ.

Theotokos, elle a enfanté Dieu. Selon un mode unique ne reniant aucunement le mode selon lequel chaque homme est appelé à devenir mère de Dieu, mais le vivant d'une manière unique. Ce mode unique : elle est la mère du Corps de Jésus-Christ en lequel Dieu Lui-même, plus exactement le Verbe de Dieu, s'est fait chair, elle est plus précisément encore Mère de Ce Corps que la Divinité a saisi parfaitement, et jusqu'en ses dernières fibres. C'est la parfaite divinisation de Ce Corps qui nous permet de l'invoquer comme la Mère de Dieu, même si Ce Dieu de Jésus-Christ transcende toute imagination ou pensée humaines. Ce même Corps veut, dans un mystère infini, être engendré, porté et " fait naître " intérieurement en et par tout homme en Eglise : Dieu n'est-Il pas un pur dedans ?

Dieu veut s'incarner en tout homme, l'homme y apporte toujours obstacle ! En Marie cette incarnation divine n'en rencontre aucun, aussi ne sommes-nous même pas certains qu'elle soit morte, du moins de la même façon que nous - et, bien sûr, de la même façon que Son Fils -, puisque la mort n'avait rien à " prendre " sur elle.

Dans le Nouveau Testament il n'est question ni de la mort de Marie ni de l'assomption de son corps (l' " assumation ", l'attirance éternelle à Dieu), de l'Assomption de toute sa personne, dans le cœur de la Trinité divine.

Peut-on penser qu'ayant suivi son Fils jusqu'au pied de la Croix où Il meurt, elle L'a suivi aussi, sinon dans cette mort, qui ne sera jamais sous cette forme celle de Marie, du moins dans l'assomption du Corps de Jésus en la Trinité sainte, qui s'est accomplie certainement dès l'instant où Sa mort a été réelle.

De toute façon la souffrance de Marie au pied de la Croix a été plus grande qu'aucune autre souffrance humaine ! Si grande qu'elle devait normalement entraîner pour elle la mort.

L'Assomption de Marie, il est donc peut-être permis de penser qu'elle est contemporaine de celle de Jésus qu'on appelle l'Ascension, et qui a été accomplie dès la mort de Jésus. Si le bon larron a été accueilli au Paradis le jour même de la mort de Jésus, comment imaginer un instant qu'il n'en a pas été au moins de même pour Sa Mère ?

Reste l'objection de la présence de Marie, attestée dans les Actes des Apôtres, lors de leur semaine de prière, et d'autres avec eux, au Cénacle avant la Pentecôte. On peut penser que cette présence a pu être du même ordre que sa présence à Lourdes ou à Fatima.

"Eux tous, d'un même cœur persévéraient ans la prière, ainsi que des femmes, Marie, la mère de Jésus, et ses frères." (Actes 1, 14)

Il ne sera plus jamais question, dans le Nouveau Testament, d'une présence de Marie après la mort de Jésus. Sa présence est ici, et doit être toujours intimement liée à la prière. Elle n'est présente au Cénacle que priant avec eux, voire en eux.

"Elle a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel. " dit l'énoncé du dogme de l'Assomption de Marie. Rien n'est précisé quant à l'éventualité de sa mort. Mais l'Evangile de Jean nous dit qu'au moment de la mort de Jésus il l'a prise " in sua ", chez lui. " Chez lui ", cela peut signifier une présence intérieure. Peut-être la présence de Marie dans la prière du Cénacle a-t-elle été... intérieure puisqu'ils ne sont là que pour la prière ! Et il ne s'agit pas des seuls apôtres ! Peut-être la présence de Marie au Cénacle en prière ressemble-t-elle à celle " chez " Jean, qui était lui-même présent au Cénacle, peut-être est-elle présence purement intérieure - surtout quand on a commencé à comprendre combien la présence intérieure est plus forte et réelle qu'une présence extérieure, nullement nécessaire ici alors !

On découvre alors que Marie est réellement et particulièrement présente EN le cœur de tous ceux qui sont en prière au Cénacle, et ensuite en le cœur de tous ceux qui prient en l'Eglise dont le Cénacle est la réalité naissante. Cette présence de Marie est jusqu'à la fin des temps en le cœur de tous ceux qui prient en Eglise, qu'ils en soient des membres visibles ou non.

Le jour de la Pentecôte, on ne sait pas ce qu'est devenue Marie après l'ouverture des portes de cette première Eglise tout à fait primitive, qu'est le Cénacle. Ni ce que sont devenus ceux, femmes, hommes, frères de Jésus, qui étaient au Cénacle priant avec les apôtres... En réalité il s'agit de nous tous puisque nous lui sommes tous apparentés.

Ici aussi se pose donc la question de la présence réelle, déjà posée à propos de l'Eucharistie. Dans les deux cas il ne peut y avoir de présence réelle de Jésus-Christ à l'homme ou de l'homme à Jésus- Christ, ici de Marie à l'homme ou de l'homme à Marie, qu'intérieure puisque ce n'est pas parce que deux personnes sont présentes localement l'une à côté de l'autre qu'elles sont réellement présentes l'une à l'autre, elles peuvent ne se connaître aucunement !

L'Assomption de Marie, corps et âme, corps devenu corps spirituel parfaitement habité par l'Esprit jusqu'en les ultimes conséquences de cette habitation dans un corps ressuscité, l'Assomption de Marie la rend capable de présence intérieure en chaque homme. Mais cette présence, en la présence de son Fils, peut bien évidemment être contrariée par l'obstacle rencontré en le cœur de l'homme.

Lorsqu'elle apparaît, à Lourdes ou Fatima, ou Medjugorje (?), il reste possible que tout se passe en l'intériorité des voyants (ce qui explique que nous autres contemplant les voyants en extase, ne voyons pas la Vierge ! Ce qui explique aussi qu'à Fatima les phénomènes dans le ciel, perçus comme extérieurs, ne perturbent aucunement le ciel pour ceux qui sont à quelque distance du lieu des apparitions)

Il est donc possible que, lors des apparitions, tout se passe à l'intérieur des voyants, devenus au moment de l'apparition capables d'une présence intérieure réciproque de très grandes intensité et qualité. Déjà quelque chose de ce que nous serons et verrons au paradis.

Si Marie, de par son Assomption, peut maintenant être présente réellement dans le cœur de l'homme, il ne faut pas voir en cela un privilège unique... Il est pensable que, au Paradis, nous soyons tous, demain, intérieurs les uns aux autres de la même façon.

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