Quand cessera-t-on de dire, doctoralement, d'immenses bêtises ?

Toujours quelque inquiétude quand j'entends professer au sujet du Christ : " Il est Dieu, né de Dieu ", non pas que cela n'ait un sens, mais parce que ce sens est sujet à être très mal compris. De Dieu en et par Jésus-Christ nous ne connaissons que Son Humanité, une simple coquille de noix sur l'immensité infinie de l'océan de l'Amour de Dieu, nous dira Zundel.

Cette Humanité infiniment sainte ne peut pas être identifiée à Dieu ! Certes c'est le Fils de Dieu qui l'a prise, qui l'a saisie de façon parfaite, mais sans lui enlever d'être une créature : comme créature elle est et restera éternellement infiniment petite par rapport à l'immensité divine infinie de Celui qui l'assume. Mais cette Humanité du Christ est " divinisante " de tous ceux qui misent leur vie sur Elle, à tel point que, passés au Père et ressuscités, en et par LE Christ passé au Père, en et par Le Ressuscité, nous verrons Dieu face à face, si nous avons suivi Celui qui nous L'a fait connaître.

Cela malheureusement n'apparaît pas dans notre Credo. Et lorsque cela y apparaîtra, ce sera un grand pas dans un éventuel rapprochement avec nos frères juifs ou musulmans, ou se déclarant athées. Einstein, qui n'a retenu de Lui qu'un Jésus enjolivé dans l'Evangile, ne l'a pas perçu en lisant la Bible ! Jésus a eu pour lui quelque chose du " doux rêveur " de Renan.

C'est la relation unique de l'Humanité de Jésus-Christ à la Divinité qui permet de professer au sujet de Sa Personne : Il est Dieu. Ce n'est pas une identification de cette Humanité avec Dieu, avec le Dieu trois fois saint que Jésus-Christ est venu nous faire connaître. Même saint Jean ! Même saint Jean ne dira jamais du Christ : " Il est Dieu ! ". Dieu est toujours sujet dans l'Evangile, jamais attribut.

Dieu est Jésus-Christ en ce sens que Son Humanité a été, de façon absolument parfaite, saisie par le Fils de Dieu. L'humanité de chacun de nous voudrait aussi l'être, mais elle ne le peut jamais que d'une façon imparfaite, du moins tant que nous ne sommes pas passés au Père ! Et c'est dans la mesure où Jésus vit en nous que nous serons divinisés. C'est cette Humanité qui nous divinise, et non pas nous-même, par notre propre volonté ou notre être, qui le devenons. Tout est par Elle et en Elle. Lui seul est vivant, et, si nous le sommes, c'est parce que Lui est vivant en nous.

Quelque inquiétude aussi quand j'entends une docte personne, invitée par KTO, nous dire que Dieu a abandonné le Christ au moment de sa mort : c'est une énormité ! Une énormité quand l'on sait qu'à ce moment-là le Père a été révélé, plus que jamais si c'est possible ! Uni au Fils.

Il faut le redire parce que ce n'est jamais dit : c'est le Dieu de l'Ancien Testament qui, à ce moment-là, abandonne le Christ, heureusement et enfin, a-t-on envie de dire ! C'est ce Dieu vengeur et justicier qui L'abandonne ! C'est ce dieu, qui aurait pu Le sauver à ce moment-là des souffrances et de la mort, qui L'abandonne, Ce dieu dont Il aurait eu tellement besoin en ce moment-là ! Jésus est en proie à un tel paroxysme de souffrance qu'Il en vient à L'appeler, (un instant semblable à celui, à Gethsémani, où il demande au Père d'éloigner le calice, si c'est possible, mais il sait que c'est impossible), tout en sachant qu'Il n'existe pas et ne peut donc pas Le sauver.

Quand cessera-t-on de dire des stupidités à ce sujet ? Pourquoi l'Eglise ne s'en inquiète-t-elle pas ? Il y va pourtant de l'intelligence correcte du christianisme dans l'esprit et le cœur de ceux qui ne sont pas chrétiens, et bien sûr de ceux qui le sont ! C'est donc tout à fait grave !

Naîtra-t-il un jour, dans les décennies qui viennent, une communauté dont la vocation essentielle sera d'étudier, et vivre plus manifestement, l'authentique mystique chrétienne, telle qu'elle a été enseignée et vécue par de nombreux mystiques dans l'histoire de l'Eglise, et telle qu'elle peut être développée aujourd'hui, nouvellement peut-être grâce à Zundel ? Comment se fait-il que, dans l'Eglise on parle si peu encore, et parfois de façon si légère, de la mystique chrétienne et des mystères de Jésus-Christ ?

Une grave question. A reprendre.

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