Religiosité et religieux.

(Lire aussi les extraits des pensées intimes de Albert Einstein, sur ce site ce même jour.)

On devrait sans doute s'intéresser à la pensée de A. Einstein, non seulement à cause d'une certaine harmonie avec celle de M. Zundel, mais encore parce qu'elle peut apparaître comme un témoin, sinon un des principaux inspirateurs, de la pensée, plus ou moins consciente, de beaucoup aujourd'hui s'il leur arrive de penser à Dieu et au christianisme.

Je me réfère ici uniquement au livre : " Albert Einstein, Pensées intimes, éditions du Rocher ".

Einstein nous dit qu'enfant, il avait vécu une profonde religiosité " laquelle cependant, a pris abruptement fin à l'âge de 12 ans. " La plupart des jeunes aujourd'hui, peut-il sembler, perdent aussi, bien plus nombreux que leurs aînés, leur religiosité enfantine, si tant est qu'ils en aient eu une. Et cela même avant l'âge de 12 ans. Sans pour autant laisser grandir en eux un authentique sentiment religieux : à la place de cette religiosité, il n'y a le plus souvent plus rien !

Un enfant a écrit à Einstein pour lui demander si... les savants priaient ! Il n'a pas répondu directement à la question parce que le sentiment religieux, différent de la religiosité, ne semble sans doute pas inclure la nécessité de la prière. Il lui répond :" Tout homme sérieusement impliqué dans la recherche scientifique devient convaincu qu'un esprit se manifeste à travers les lois de l'Univers, un esprit largement supérieur à celui de l'homme... De cette manière, la recherche scientifique conduit à un sentiment religieux d'un genre spécial, qui est en vérité tout à fait différent de la religiosité de quelqu'un de plus naïf. " La prière, veut-il sans doute dire, va avec la religiosité, pas avec ce sentiment religieux supérieur.

Einstein fait état " de conflits actuels entre les sphères de la religion et de la science dont la principale source réside dans le concept d'un Dieu personnel. " Et " les docteurs de la religion devraient avoir assez d'audace pour renoncer à la doctrine d'un Dieu personnel ou si l'on préfère, ce serait donc la même chose pour lui ! à cette source de crainte et d'espoir qui, dans le passé, a placé un pouvoir aussi considérable entre les mains des prêtres. "

Et " je doute que la philosophie et la raison doivent guider l'homme dans un avenir prévisible, cependant elles resteront pour une minorité le plus beau sanctuaire (de la divinité) qu'elles ont toujours été. "

On lit en introduction, au début du chapitre " Sur la religion, Dieu et la philosophie " les lignes suivantes : " La " religion " d'Einstein, comme il l'a souvent expliqué, était une attitude de crainte et d'émerveillement devant le cosmos, et une humilité pieuse devant l'harmonie de la nature, plutôt qu'une croyance en un Dieu personnel capable d'influer sur les vies des individus. "

Einstein était d'une modestie surprenante pour un si grand " cerveau ", il lui arrivait de trouver sa réputation surfaite ! Et on a dit de lui : " Il émet ses opinions comme quelqu'un qui tâtonne perpétuellement, et non comme quelqu'un qui croirait posséder la vérité définitive. "

Pourquoi refuse-t-il donc, avec force et insistance, un Dieu personnel ? (L'aurait-il fait avec autant de vigueur s'il avait connu le Dieu tri-personnel tel que l'a présenté M. Zundel ?) Je crois qu'on peut dire qu'il le refuse parce que, admettre un Dieu personnel, serait pour lui porter atteinte, par un anthropomorphisme outrancier, au mystère infini de Dieu, et à l'émerveillement inouï que le savant peut éprouver devant la grandeur de la Création ! Il sait qu'il ne découvre et expérimente qu'une infime partie des innombrables mystères qu'elle recèle.

On peut dire sans doute que, pour Einstein, Dieu n'est pensable que dans le mystère de la sublime beauté de la Création, mais puisqu'il s'agit d'un mystère, on peut entretenir le doute quant à son existence, un mystère dépassant, par définition, toute intelligence humaine.

Mais la raison est-elle la seule voie possible pour appréhender le mystère de Dieu ?

Einstein nous dit avoir lu la Bible. A-t-il lu saint Jean ? Comment serait-ce possible puisqu'il ne parle jamais du Dieu Amour ? Et par conséquent de l'autre voie pour L'atteindre, qui n'est plus jamais totalement " raisonnable ", mais l'est peut-être à un suprême degré ?

C'est peut-être aussi Ce Dieu Amour qui est méconnu des générations montantes, méconnu parce que perçu seulement sous un aspect sentimental qu'ils rejettent, et aucunement dans l'engagement nécessaire pour Le connaître sous cet aspect.

Einstein a connu l'amour fou de la jeunesse, mais bien vite il s'est mué en souffrance permanente et a abouti au divorce.

La jeunesse actuelle n'aime pas l'engagement, d'où la difficulté de connaître Dieu, et donc un rejet facile.

Einstein a connu le fol amour, pas longtemps ! C'était un cérébral, on l'a vu comme tel puisque, mort, immédiatement on a prélevé son cerveau pensant y trouver des traces, sinon des marques, de son génie ! On a pris aussi ses yeux ! On était, déjà en 1955, pétri de cette idée de l'inscription physique en son cerveau de toute la vie intellectuelle de l'homme ! " Sublime " matérialisme !

(À suivre, à reprendre ?)

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