Le bonheur de Dieu et le bonheur de l'homme sont étroitement soudés.

Quand on parle du salut de Dieu, de Son bonheur, comme devant être uniquement, ou du moins prioritairement, cherché par l'homme, il ne faut jamais oublier que dans cette recherche, on ne fait que tendre à ressembler au Dieu Trinité, à l'image et selon la ressemblance duquel l'homme est créé et " racheté ". Parce qu'en le Dieu Trinité chaque Personne, si l'on peut dire, éternellement ne cherche que le salut, le bonheur de l'Autre en identifiant son Moi à celui de Cet Autre divin. Cette recherche est éternelle en Dieu et ne fait qu'un avec Son être-Dieu.

Mais aussi chercher le bonheur de Dieu, c'est identiquement chercher celui de l'homme : il faut absolument commencer au moins à comprendre cela, à en vivre, et ce ne peut être vécu que dans la pratique, ou plutôt la vie, continuelle, de la vertu essentielle de Dieu qui est la désappropriation de soi, à comprendre non pas comme une fin, mais comme le moyen par excellence de la découverte et expérience de l'Autre.

Bonheur de Dieu, salut de Dieu, c'est la même chose ! Bonheur de Dieu, bonheur de l'homme, salut de l'Un et de l'autre, les deux sont intimement liés, soudés en quelque sorte. L'un ne va pas sans l'autre !

Mais, direz-vous, " Dieu est éternellement infiniment heureux ! Alors que signifie cette façon de parler de son salut et de son bonheur ? " Cela veut simplement dire que Dieu étant réellement présent en l'homme, et c'est infiniment plus qu'une simple présence, ne peut pas y être heureux si l'homme n'est pas heureux lui-même dans son cœur, dans son cœur où Dieu habite et qu'Il veut faire battre.

Cela suppose une tout autre connaissance de Dieu, qui n'est plus le Dieu des philosophes et des savants, mais le Dieu " pur dedans " intérieur à chaque homme, le Dieu dont le ciel est le cœur de l'homme ! Le Dieu Trinité dont l'éternelle double opération, qui Le constitue éternellement, ne peut être bien opérée dans un cœur qui s'y refuse ! Et Dieu souffre de cette contrariété.

Ce bonheur de Dieu, on en dit quelque chose quand on parle de l'émerveillement parce que l'émerveillement est pour l'homme la plus parfaite expérience de la sortie de soi, de l'abandon de son moi pour ne plus vivre que le moi de Dieu. Il faudra revenir encore là-dessus, c'est tellement important ! J'ai envie d'aller jusqu'à dire : aucun homme ne peut être en état, en situation, en élan d'émerveillement en même temps qu'en situation de péché.

Il est possible que le bon larron ait justement connu sur la Croix à côté de Jésus lui-même en Croix, un instant d'émerveillement devant la noblesse d'âme de celui qui agonise à côté de lui, un émerveillement exprimé par : " Lui, Il n'a rien fait de mal ! ". Il est alors aujourd'hui même en Paradis. De quoi s'émerveille-t-il sinon de la qualité de Son offrande parfaite au Père ?

C'est là, ce devrait être du moins, le plus grand " lieu " d'émerveillement pour l'homme en même temps que le sacrement de cette parfaite offrande qu'est l'Eucharistie. On n'a encore très peu développé le sens, toujours à découvrir nouvellement, de cet immense mystère ... jusqu'à nous en émerveiller : c'est là que le salut de Dieu et celui de l'homme s'accomplit ! Là que le bonheur de Dieu, et celui possible de l'homme, peut se vivre parfaitement...

Que naissent un jour, le plus prochain possible, des communautés dont les membres auront pour première vocation d'assurer ce bonheur de Dieu et, dans ce souci permanent, connaîtront un bonheur, sous cette forme et dans sa perfection d'un autre ordre que tout autre bonheur humain. Le cœur peut être comblé en éternité.

Mais parler ainsi du bonheur de Dieu, n'est-ce pas entamer la transcendance de Dieu ? Pas davantage que Jésus-Christ ne l'entame quand II se fait homme. Et il ne faut pas oublier qu'Il s'incarne en l'homme justement pour sauver ce bonheur, ce salut de Dieu, d'où la référence, continuelle en l'Evangile de Jean, au Père qui aime tant notre monde qu'il nous donne le Fils Unique, l'unique Aimé.

Aimer le monde, aimer les hommes, fait partie essentielle du bonheur éternel de Dieu, et ce bonheur peut donc éternellement être contrarié si ce monde, si ces hommes, ne sont pas heureux dans un amour réciproque semblable. Comment voulez-vous que Dieu, qui est davantage mère que père, soit heureux si sa créature la plus chère ne l'est pas ? L'Incarnation est nécessaire pour le bonheur même de Dieu. On peut même aller jusqu'à dire qu'il n'y a pas de bonheur possible pour Dieu si l'homme ne l'est pas.

La Vierge Marie est bienheureuse ! Elisabeth, visitée par elle pour que l'Esprit puisse, de Marie, du Père et du Fils, jaillir immédiatement après l'Annonciation sur elle et le petit Jean Baptiste, Elisabeth la déclare immédiatement bienheureuse, et bienheureuse à cause de sa foi. L'Eglise, dans ses chants mariaux aimera souvent chanter ce qualificatif, il reviendra dans les prières eucharistiques, et à Medjugorje, si c'est elle, elle se présente justement aussi comme la bienheureuse Vierge Marie.

Marie est la première créature humaine, et Dieu, qui peut voir en elle déjà tous les hommes rendus heureux par son OUI " incarnateur " du Fils de Dieu, Dieu Lui-même peut déjà se réjouir infiniment en elle qui les porte tous.

(À reprendre)

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