Suite 5 de la 5ème conférence au Cénacle de Paris en février 1971.

Ce qui est important, c'est la survie de ce pouvoir de présence qui nous qualifie dans notre humanité, il est évident que c'est cela qui est concerné lorsque nous parlons de résurrection.

Reprise du texte : « La vie se poursuit dans la mesure où elle a été une réalité dans la vie de tous les jours, elle se poursuit dans les profondeurs, elle peut s'accroître encore dans une influence réciproque de ceux qui nous ont quittés sur le plan visible et sont entrés dans ce ciel intérieur à nous-mêmes où ils demeurent, comme Dieu lui-même, cachés, mais non moins réellement présents. »

Suite du texte : « Mais, à ce stade, nous pouvons nous poser la question de la résurrection et nous interroger sur cette reviviscence de nous-même. Bien sûr, ce mystère de la résurrection, il est impossible de l'envisager si l'on ne se fait pas une idée adéquate de la présence humaine.

Il est évident que, si l'on prend le corps dans son animalité, on ne voit pas pourquoi l'homme ressusciterait plus qu'une punaise ou un chacal ! Il s'agit de voir le corps précisément dans son humanité, il s'agit de le voir dans son pouvoir de présence qui est l'essentiel, car des êtres cohabitant, liés par leurs besoins matériels dans un espace restreint, peuvent se détester et être mutuellement un enfer l'un pour l'autre si, à travers leur contiguïté matérielle, ne souffle pas cet espace d'une Présence infinie.

Alors, il est évident que ce qui est important, c'est la survie de ce pouvoir de présence, en faisant la soustraction de tout ce qui est ordonné à notre habitat terrestre et à nos besoins physico-chimiques, comme il faudrait faire abstraction de notre structure actuelle si nous habitions sur une autre planète, à supposer que nous y puissions subsister. Comme il ne resterait de nous que ce pouvoir de présence qui nous qualifie dans notre humanité, il est évident que c'est cela qui est concerné lorsque nous parlons de résurrection. C'est ce corps, envisagé dans son pouvoir de présence - ou d'absence, s'il est un refus - et non pas ce corps rivé à la terre, à cet habitat actuel et ordonné fonctionnellement à épuiser son ravitaillement.

Nous avons d'ailleurs une certaine lumière dans les apparitions de Notre Seigneur où nous voyons que Jésus ressuscité prend des formes diverses : il est identifié tantôt avec le jardinier, tantôt avec un étranger inconnu, et les disciples hésitent à identifier sa présence, ils se réjouissent, ils craignent, l vient, Il disparaît, ils sont déconcertés, ils sont comblés ...

Cette Présence s'adapte, et ce qui est capital, c'est justement le pouvoir qu'elle a de se manifester, mais sous des formes adaptées précisément à cette reconnaissance selon ce qu'ils sont et selon le discernement dont ils sont capables.

Il ne s'agit donc pas de matérialiser cette présence après la mort, pas plus qu'il ne faut la matérialiser pendant cette vie, puisque dans cette vie déjà elle est une émergence, dans cette vie déjà elle nous soustrait au déterminisme charnel, dans cette vie déjà elle unifie tout l'être en ce secret intérieur où il communique avec la Source divine. » (à suivre)

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