Suite 3 de la 4ème conférence donnée au Cénacle de Paris en 1971.

Le mouvement essentiel de la foi chrétienne, c'est d'adhérer à un Christ toujours vivant et toujous présent.

« Sans l'Eglise, nous ne saurions rien de Jésus ! Jésus n'ayant pas écrit une ligne, Jésus ayant été condamné comme un criminel de droit commun, son histoire publique s'achevant au vendredi saint dans l'échec et la défaite totale, Jésus Christ ne réapparaissant qu'à ses disciples à ceux qui prendront la relève et qui justement sauveront, si l'on peut dire, sauveront Son action, Son nom et Sa présence dans l'histoire. C'est grâce à cette communauté que tout rebondit et que le Christ doit peu à peu trouver son expansion dans le monde.

Alors, quel est le point essentiel pour la communauté ? C'est qu'il est là, Il ne nous a pas quittés, Il n'a pas disparu, Il est au-dedans de nous, c'est en Son Nom que nous agissons. Notre parole n'est pas notre parole mais la Sienne. Quand nous imposons les mains, c'est Sa grâce qui se répand et nous ne sommes rien que des instru­ments, rien que des sacrements qui dispensent cette Présence en la donnant à chacun dans son intégralité. C'est cela qui me parait absolument capital.

Si la révélation, c'est Jésus dans la transparence de Son Humanité, elle n'est pas séparable de Lui. Il ne s'agit pas d'avoir des paroles de Lui qui sont adaptées à un certain auditoire, il ne s'agit pas d'avoir des paroles sur Lui qui représentent une certaine expérience toujours limitée de Lui ! Il s'agit de Lui en personne.

Va-t-Il demeurer avec nous et jusqu'à la fin de l'histoire ? Chacun de nous aura-t-il la chance d'entrer en contact personnel avec le Christ Lui-même, non pas à travers le truchement de commentaires ou de paroles mais vraiment en étant en face de Lui comme en face d'une présence réelle ? Si cela ne pouvait se réaliser, nous serions dans le règne des commentaires dont on sait que, de commentaire en commentaire, la parole originelle s'affaiblit, se dissout et finit par disparaître.

Le mouvement essentiel de la foi chrétienne, c'est précisément d'adhérer à un Christ toujours vivant et toujours présent. Mais où ? Et c'est là que nous ne pouvons pas ne pas songer à cette élection des douze que Jésus a entrepris de former, autant qu'ils étaient formables avant le grand événement de la Passion, de la Mort et de la Résurrection. Il les a manifestement formés en vue de cette relève, et Il les a quittés en leur demandant d'attendre l'illumination de l'Esprit qui les introduirait en toute Vérité ! et, quand ils prennent le départ, c'est, je viens de le dire, avec la certitude que ce n'est plus eux mais Lui.

C'est là que nous apparaît en action l'influence de ce corps apostolique qui organise la communauté en la nourrissant de la Présence de Jésus Christ.

Il y a, et c'est ce que l'on conteste aujourd'hui en voulant faire tout partir de la base et en transformant la communauté chré­tienne en une sorte de démocratie où chacun aura son mot à dire et où on acceptera finalement à la majorité des voix ce que l'on consent encore à croire ou à faire ... Cela ne me parait pas du tout dans la direction de la communauté apostolique parce que, justement, il ne s'agit pas du tout d'un consentement d'une majorité qui ferait la loi. Il s'agit de tout autre chose ! Il s'agit de savoir si le Christ demeure et si nous pouvons entrer en contact avec Lui dans l'intégralité de Sa Présence et de Sa Personne. » (à suivre)

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