Suite possible à propos de l'Eucharistie. (Sous toutes réserves)

L'Eucharistie est le sacrement du sacrifice de Jésus-Christ. Nous avons là la doctrine la plus traditionnelle de l'Eglise. Le Christ offre ce sacrifice durant toute sa vie, mais plus particulièrement, plus spécifiquement, au moment de Sa Passion, de Sa mort et de Sa résurrection.

On a pu être attentif, dans l'Evangile que l'Eglise nous propose en ce 5ème dimanche de Carême (Jean 12, 20-33), à ce que le moment du sacrifice de Jésus est le moment de sa glorification : « L'heure est venue pour le Fils de l'Homme d'être glorifié. » (ch. 12, verset 23) C'est Jésus lui-même qui le dit, et c'est en même temps l'heure de la glorification du Père : « Père, glorifie-toi ! » (verset 28). Cela veut dire que c'est l'heure de la révélation de la vérité sur le Dieu Trinité. Puisque c'est l'heure où Jésus s'offre de la façon la plus parfaite au Père, cela signifie que la vérité même de Dieu consiste en une éternelle et parfaite offrande de soi en la Trinité. Chaque personne divine fait éternellement une offrande de soi à l'Autre en la Trinité.

C'est aussi dans ce même chapitre 12ème que Jésus dit : « Celui qui aime sa vie la perd, mais celui qui hait sa vie en ce monde la conservera pour la vie éternelle. » Et cela à l'image du grain de blé qui doit mourir dans la terre pour produire du fruit. Il se peut que cette perte de la vie pour la conserver en vie éternelle corresponde aussi à quelque « chose » d'infiniment mystérieux en la Trinité divine. Il s'agirait de cet anéantissement de chaque personne divine dans son identification à l'Autre pour éternellement vivre de la vie éternelle.

C'est pour tout cela qu'on a pu dire que l'Eucharistie, sacrement de la parfaite offrande de Jésus-Christ, est aussi le sacrement, et la révélation, de la parfaite et éternelle offrande de soi de chaque Personne divine en la Trinité, et ce jusqu'à l'anéantissement de soi. L'offrande parfaite du Fils, au moment « crucial » de Son passage au Père, en donne la révélation.

On peut aussi introduire dans ce sacrement le comportement, si l'on peut dire, du Père dans l'histoire de l'Univers, de la terre et de l'homme. Il nous est dit dans l'Evangile, c'est Jésus lui-même qui le dit : « Mon Père ne s'arrête pas de travailler, et moi aussi ! » (Jean 5,17) ... Et c'est juste après que Jésus a dit ces paroles que « les juifs cherchaient encore plus à Le faire mourir, puisque, non seulement il violait le repos sabbatique mais qu'Il appelait aussi Dieu son propre Père, se faisant ainsi l'égal de Dieu. » (Jean 5, 18) Et il y a, signifiée elle aussi, la similitude d'opération entre le Père et le Fils (Jean 5,19).

Peut-on alors penser que ce travail du Père ne se fait pas comme ça, tout seul, et qu'il apporterait au Père une grande « souffrance ». Jésus lui-même est bouleversé de ce que « les choses » ne vont pas aussi bien qu'il aurait pu l'attendre, et de ce que maintenant Il est déjà condamné à la Passion et à la mort, mais ce mot de souffrance ne peut convenir parce que, s'il y a souffrance en Dieu, il est bien évident qu'elle ne le diminue aucunement ni ne L'abîme, comme cela peut être le cas pour l'homme, mais bien au contraire qu'elle est ce sur quoi se fonde, en une façon infiniment mystérieuse, l'éternelle et parfaite béatitude de chaque personne en la Trinité divine.

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