L'Eucharistie n'a pas été instituée par Jésus pour nous offrir un autre mode de sa présence réelle, Il est toujours réellement présent, en et par son humanité, en tout homme, mais bien pour être le moyen de l'unification du genre humain, à l'image et selon la ressemblance de l'unité en la Trinité divine. Ce pourra être très long à s'accomplir mais la vraie histoire de l'humanité est orientée vers cette unification.

Une autre conférence (« sitée » à partir de demain) sur l'Eucharistie va être intercalée ici, elle est de 10 ans antérieure à celle donnée sur le site ces jours derniers. Elle fait partie d'une retraite prêchée par M. Zundel à des religieuses de l'oeuvre de Saint Augustin à Saint Maurice dans le Valais en Suisse.

La supérieure de l'époque était une suissesse allemande, sœur Elisa, c'est elle qui en a envoyé le texte, pris en sténo, au père de Boissière mais en en soustrayant cette conférence sur l'Eucharistie parce qu'elle doutait de son orthodoxie.

C'est celle qui lui a succédé, une suissesse, sœur Marie Dominique, qui en a envoyé à Bernard la transcription. Et Bernard a appris par la suite que Marc Donzé, le spécialiste suisse de Zundel, n'était pas non plus d'accord avec Zundel sur l'enseignement qu'il va nous donner ici. Après un échange avec Bernard, il est revenu sur ce désaccord.

On voit donc l'importance de cette conférence, justement parce qu'elle contient un enseignement si inhabituel dans l'Eglise que même des théologiens patentés ou des supérieures religieuses, ont douté de son orthodoxie, jusqu'à vouloir que personne ne le connaisse ! C'était trop nouveau à l'époque. Sa vérité apparaît comme de plus en plus urgente à présenter dans l'Eglise contemporaine parce qu'une intelligence trop primaire du mystère de l'Eucharistie peut être une des raisons de l'éloignement de l'Eglise de la jeunesse actuelle.

De quoi s'agit-il exactement ? Certainement de la dénonciation par Zundel d'un culte possiblement idolâtrique de l'Eucharistie.

C'est très grave et ça le demeure encore aujourd'hui, même si l'adoration de l'hostie dans le salut du Saint Sacrement n'a plus la même importance qu'à l'époque. On ne le célèbre plus guère aujourd'hui. Souvenons-nous par exemple qu'à une récente époque, dans le collège parisien des jésuites, tous les élèves (dans les années 1930-1940) devaient se rendre au collège le dimanche matin pour y assister à la Messe, y avoir une heure d'enseignement religieux, et puis, avant de partir, pour assister à ce fameux salut du saint sacrement.

Un culte idolâtrique du Saint Sacrement, qu'est-ce à dire ? C'est un culte où l'on adore le Saint Sacrement comme un objet (finalement, aux yeux au moins des enfants, un objet empreint de quelque chose de magique), comme un objet extérieur à l'homme et censé « contenir » Dieu lui-même.

La question se pose alors : y a-t-il eu dans l'Eglise, y a-t-il encore, une façon d'adorer le Saint Sacrement qui soit quelque peu idolâtrique ? Il est certain que la présence réelle, pas seulement de Jésus-Christ mais de Dieu lui-même dans le Saint Sacrement, a pris une importance capitale dans l'Eglise, et ce jusqu'à notre époque encore. Or Zundel a toujours enseigné que Jésus-Christ, dans Son Humanité même, est toujours réellement présent en tout homme : alors que peut ajouter pour nous la présence réelle eucharistique et quelle est sa spécificité par rapport à cette présence universelle ? Ce sera développé dans la conférence à venir à partir de demain.

On pourrait se demander comment il a pu se faire qu'une telle importance soit donnée jadis à la présence réelle et souvent encore maintenant ? Il ne s'agit aucunement de la nier, mais de la situer, et il faut bien se dire et redire que l'Eglise ne possède pas la vérité sur Dieu et Jésus-Christ, mais simplement parce que personne ne la possède, pas même Dieu lui-même, incapable en Trinité de la moindre possession. Il ne s'agit pas aujourd'hui de rejeter cette croyance séculaire mais de bien voir qu'il y a des « choses » dans le domaine religieux (et en bien d'autres aussi) qui sont vraies à une époque et peuvent, à une époque ultérieure, paraître moins vraies, tout en le restant ! L'important, et c'est le cas de tous les dogmes chrétiens, c'est l'orientation vers la vérité entière de notre Dieu qui est Trinité, une vérité qu'on ne possèdera jamais, qu'on n'atteindra jamais dans sa plénitude, mais qui nous comblera dans la mesure où nous serons bien orientés vers elle. Cette orientation peut prendre différents chemins. Déjà avant la guerre le Père Pinard de la Boullaye disait, en la chaire de Notre Dame, que le dogme est une direction de pensée.

L'esprit, l'intelligence humaine de l'humanité, évolue, se développe tout au long des âges, les centres d'intérêt ne sont plus les mêmes d'une époque à l'autre ! il y a, à toute époque, un développement (on aurait plus aujourd'hui l'idée de se disputer sur la prédestination !), il y a un développement continu du dogme chrétien et de la foi chrétiennes. Et l'on peut penser que dans quelques décennies l'adoration du Saint Sacrement pourra avoir perdu quelque peu de son importance au profit, si l'on peut dire, de ce que j'appellerai « la messe longue », qu'on appelle "la Messe qui prend son temps" (pratiquée aujourd'hui à la Messse dominicale du soir en l'Eglise des jésuites, rue de Sèvres), déjà et depuis bien des siècles pratiquée dans les rites orientaux, Zundel aimait lui même célébrer la Messe, une longue Messe, en rite byzantin, il en avait reçu la permission, et il consacrait aussi à la Messe latine, souvent bien plus qu'une demi-heure.

Un chrétien fervent, au lieu de consacrer une heure et demi à l'assistance à la Messe et à l'adoration, pourra sans doute un jour prendre part à une eucharistie longue pouvant durer l'équivalent et même jusqu'à 2 heures ou davantage. Une Eucharistie durant laquelle justement on habituera le chrétien, ou plutôt où le chrétien s'habituera à un enseignement toujours plus approfondi parce que toujours plus développé, sur l'Eucharistie, celui, entre d'autres, contenu dans l'enseignement de M. Zundel qui pourtant n'a rien inventé. Cet enseignement, nouveau et ancien, verra dans l'Eucharistie, et dans le désir de Jésus quand Il l'institue, le moyen par excellence d'accomplir l'unification du genre humain, à l'image et selon la ressemblance de la parfaite unité divine en la sainte Trinité.

(sous toutes réserves)

Le monde a été surpris par les déclarations de Benoît XVI sur l'inévitable question à propos du préservatif. On n'a pas compris que le Pape ne pouvait pas dire autre chose que ce qu'avait déjà dit son prédécesseur, parce que c'est la seule façon d'orienter l'humanité contemporaine comme celle de toujours vers la pleine vérité de Dieu. On aurait aimé qu'il ajoute deux précisions.

La première, c'est que la chasteté parfaite (hormis le cas de Gandhi et sans doute d'autres non-chrétiens de l'Inde) n'est viable que lorsqu'on a rencontré et suivi Jésus-Christ. Il faut sans doute une véritable passion pour Jésus pour être tout à fait fidèle à la chasteté chrétienne. J'en ai donné pour exemple le splendide vitrail représentant Pierre et André en élan vers le Seigneur lorsque celui-ci les a invités à Le suivre : immédiatement ils abandonnent tout (1).

La 2ème chose, c'est qu'il y a actuellement un milliard d'hommes sur la terre qui vivent sous le seuil de la pauvreté et que dans cette situation il est pratiquement impossible de rencontrer Jésus-Christ sous son vrai visage, et donc d'être authentiquement chrétien. Pour eux, qu'on peut voir comme n'étant pas chrétiens, le plaisir de la chair peut être le seul qu'ils peuvent se procurer à moindres frais, et l'on ne peut ni les juger ni les condamner s'ils s'y livrent, et la préservation du sida par tous les moyens peut leur être bénéfique, sans que pour autant on approuve inconsidérément l'usage du préservatif.

(1) cf. « La Bible en vitraux », édition Brunnen Verlag Bâle, 1991, à la page 86. Vitrail créé par Gabriel Loire (XXème siècle), Lèves, Eure et Loire, France. Avec ce bref commentaire : « une scène pleine d'urgence et d'action. L'abandon de la pêche, la voile détachée au fond du bateau et le regard étonné des autres pêcheurs sont les indices de la réponse spontanée des deux frères à l'appel de Jésus. »

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